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Un traitement probant contre la maladie de Parkinson

Le reportage de Michel Rochon

Un traitement simple et efficace est maintenant disponible au Canada pour les patients qui sont à un stade avancé de la maladie de Parkinson.

Un texte de Michel RochonTwitterCourriel

Il s'agit du Duodopa, un appareil composé d'une sonde et d'une pompe qui injecte un médicament, la Lévadopa, directement dans l'intestin grêle du patient.

Ce système permet une injection continue, dans le système digestif, du médicament, qui se transforme en dopamine une fois à l'intérieur du cerveau. Duodopa constitue une option de traitement pour les patients souffrant de la maladie de Parkinson et qui sont à un stade avancé de la maladie qui résiste au traitement par voie orale.

Déjà utilisé un peu partout dans le monde, dont l'Europe, ce dispositif a été testé dans quatre centres d'excellence au Canada, comme l'Unité des troubles du mouvement André-Barbeau du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). Quatre patients ont participé à la cohorte montréalaise. Depuis, trois autres patients ont utilisé le Duodopa avec des résultats impressionnants.

Le neurologue Sylvain ChouinardLe neurologue Sylvain Chouinard

« Avec ce nouveau traitement, les patients sont beaucoup plus autonomes, leurs réponses au traitement sont beaucoup plus continues tout au long de la journée. Tout cela améliore grandement leur qualité de vie, mais également celle de la famille », affirme le neurologue Sylvain Chouinard, codirecteur de l'unité des troubles du mouvement.

Cette approche thérapeutique est plus simple et moins risquée que la stimulation cérébrale profonde, un traitement chirurgical qui consiste à implanter deux électrodes dans une région cérébrale précise qui interrompt le signal émis par le cerveau et responsable des symptômes moteurs de la maladie.

« C'est un miracle! »

« C'est un miracle! », lance Nancy Martinez, dont la mère Fanny Albuja, âgée de 84 ans, souffre de la maladie de Parkinson depuis plus de 15 ans.

Ma mère ne pouvait plus marcher, elle était confinée à sa chaise roulante. Maintenant, elle monte les escaliers sans aide.

Nancy Martinez
Fanny Albuja, atteinte du ParkinsonFanny Albuja, atteinte du Parkinson

La Montréalaise Fanny Albuja est la première patiente en Amérique du Nord à vivre avec le Duodopa.

Elle porte dans sa poche la pompe, simple d'utilisation, et peut, si elle le désire, avoir un certain contrôle sur la quantité de médicaments qu'elle s'injecte.

Une maladie encore incomprise

La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique dégénérative. Elle s'attaque à un groupe de neurones dans le cerveau regroupés dans une région que l'on appelle la « substance noire ». Elle affecte principalement la production d'une substance importante dans le mouvement des membres, la dopamine.

Les principaux symptômes sont la rigidité des membres, le tremblement des membres et une lenteur des mouvements. C'est la deuxième des maladies neurodégénératives les plus fréquentes, après la maladie d'Alzheimer, et débute habituellement entre 45 et 70 ans.

La recherche scientifique n'a pas encore résolu le mystère de son origine, mais plusieurs facteurs de risque ont été identifiés. La maladie de Parkinson n'est pas une maladie génétique comme telle, mais 15 % des personnes ayant cette maladie ont un proche atteint. Des mutations dans certains gènes sont associées à la maladie, mais ne peuvent pas en expliquer la cause.

D'autres facteurs environnementaux sont également pointés du doigt. De récentes études ont démontré que l'exposition à des pesticides - comme la roténone et le paraquat- et des herbicides - comme l'agent orange - augmentent le risque de développer la maladie de Parkinson. D'ailleurs, cette maladie est plus fréquente en milieu rural qu'en milieu urbain.

Le parkinson en chiffres :

  • 100 millions de personnes atteintes dans le monde;
  • 100 000 au Canada;
  • 25 000 au Québec.

Sources : Société Parkinson et Parkinson's Disease Foundation

Santé