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L'antibiorésistance, une menace qui guette le monde, selon l'OMS

Le Dr Keiji Fukuda, sous-directeur général de l’OMS pour la sécurité sanitaire (archives)

Le Dr Keiji Fukuda, sous-directeur général de l’OMS pour la sécurité sanitaire (archives)

Photo : Denis Balibouse / Reuters

Radio-Canada

Des infections mineures soignées sans problème depuis des décennies pourraient redevenir mortelles si le monde n'agit pas urgemment et de manière coordonnée pour lutter contre la résistance aux antibiotiques, prévient l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans un premier rapport consacré à ce phénomène, l'OMS explique que les bactéries résistantes aux antibiotiques se sont propagées à toute la planète, de sorte que « cette grave menace n'est plus une prévision, mais bien une réalité dans chaque région du monde ».

Selon l'organisation, de nombreux antibiotiques ont été rendus quasiment inefficaces en quelques décennies en raison de leur usage inapproprié. C'est notamment le cas pour des antibiotiques utilisés contre :

  • les infections hématologiques (septicémie);
  • les diarrhées;
  • les pneumonies;
  • les infections de voies urinaires;
  • la gonorrhée.

À défaut d'une opération coordonnée d'urgence, « le monde s'achemine vers une ère post-antibiotiques, où des infections courantes et blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer », soutient le Dr Keiji Fukuda, sous-directeur général de l'OMS pour la sécurité sanitaire.

« Si nous ne prenons pas des mesures significatives pour mieux prévenir les infections, mais aussi pour modifier la façon dont nous prescrivons et utilisons les antibiotiques, nous allons perdre petit à petit ces bénéfices pour la santé publique mondiale et les conséquences dévastatrices ».

Or, « nous avons besoin de ces médicaments pour protéger les personnes les plus vulnérables », ajoute le Dr Fukuda, en citant les nouveau-nés prématurés et les personnes atteintes d'un cancer.

Les données de l'OMS, qui proviennent de 114 pays, mettent notamment en lumière que les infections au staphylocoque doré résistantes à la méthicilline atteignent 90 % des cas dans certains endroits de la région des Amériques, et 60 % dans certaines régions de l'Europe.

Autre exemple : l'utilisation de fluoroquilines contre la bactérie E.Coli est désormais inefficace pour plus de la moitié des patients dans plusieurs régionaux du monde, alors que la résistance à cet antibiotique était quasiment nulle lorsqu'ils ont été lancés dans les années 80.

L'OMS constate aussi l'échec des céphalosporines de troisième génération utilisé comme traitement de derniers recours contre la gonorrhée, une infection sexuellement transmissible qui touche plus d'un million de personnes par jour.

Pour combattre le phénomène, l'OMS recommande notamment la mise en place de systèmes de surveillance, de nouvelles stratégies de prévention des inspections et la mise au point de nouveaux antibiotiques.

L'organisation rappelle au passage que chacun peut contribuer à cette lutte, en n'utilisant des antibiotiques que lorsqu'ils sont prescrits par un médecin, en terminant un traitement même lorsqu'on se sent mieux et en ne partageant jamais des antibiotiques avec une autre personne.

Santé