•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les souris de laboratoire influencées par le sexe du chercheur

Souris de laboratoire
Photo: iStock
Radio-Canada

Les souris de laboratoire réagissent différemment aux scientifiques masculins, et cela pourrait fausser plusieurs résultats de recherche, selon une étude réalisée par l’équipe de Jeffrey Mogil, professeur de neurochirurgie à l’Université McGill.

Le groupe de chercheurs, qui se spécialise sur le sujet de la douleur chez l’être humain, a découvert que les souris semblaient plus stressées lorsqu’elles étaient confrontées à un chercheur masculin.

Leur étude, publiée lundi dans le journal Nature Methods, avance que ces animaux détecteraient un stimulus olfactif émanant des chercheurs, qui serait en concentration plus importante chez les hommes.

Selon M. Mogil, sa recherche confirme « à moitié » l’idée que les souris réagissent différemment selon le sexe de l’expérimentateur puisqu’elles ont réagi exclusivement aux hommes et non aux femmes.  

Les résultats de l’équipe de l’Université McGill sont importants, croit-il, puisque les scientifiques doivent être conscients de cette variable, qui pourrait influencer les résultats et, possiblement, invalider certaines de leurs conclusions.

Environnement différent, résultats différents

La recherche médicale, dans ses essais sur les médicaments, tente de reproduire en laboratoire les mêmes résultats afin de valider leur efficacité. Or, selon M. Mogul, chaque laboratoire a son environnement différent, ce qui peut faire varier les résultats d’une étude à une autre.

« Cela explique en grande partie pourquoi il est si difficile de reproduire les résultats. Vous changez des petits détails dans votre environnement de recherche et vos résultats seront différents », a-t-il expliqué.

Plus de recherches nécessaires

Douglas Wahlsten, professeur émérite à l’Université d’Alberta, reconnaît que les résultats de l’équipe de M. Mogul ont fourni des preuves convaincantes sur l’influence du sexe du chercheur sur le comportement des souris. Ces résultats devraient être considérés « sérieusement » par leurs pairs.

Toutefois, selon lui, il serait nécessaire de faire d’autres recherches notamment sur le reste de l’environnement du laboratoire, comme les matériaux de construction et l’aération de l’endroit, qui revêtent une importance particulière lorsque les scientifiques étudient les odeurs.

Évidemment, cette recherche ne suggère pas que les scientifiques masculins ne devraient plus effectuer d’expériences. Or, cette nouvelle variable devrait être prise en compte.

« Il s’agit d’une découverte qui améliorera la recherche scientifique, qui la rendra plus fiable », a conclu M. Wahlsten. 

Avec les informations de CBC, et The Canadian Press

Science