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Mères porteuses : Joël Legendre se défend d'avoir obtenu un traitement de faveur

Joël Legendre à Tout le monde en parle

Joël Legendre à Tout le monde en parle

Radio-Canada

Joël Legendre a accordé dimanche sa première entrevue depuis qu'il a annoncé qu'il serait père de jumelles grâce à une mère porteuse. L'animateur s'est défendu d'avoir reçu un traitement de faveur. Lui et son conjoint font partie des premiers couples gais à bénéficier du programme de fécondation in vitro payé par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

« Au départ, moi ça ne me dérangeait pas de payer. On aurait bien voulu ne pas passer par la RAMQ pour ne pas faire de vagues, mais c'était impossible. La RAMQ existe pour tout le monde et c'est égal pour tous », a-t-il affirmé à Tout le monde en parle

Après plusieurs refus de la RAMQ, le couple a sollicité une intervention politique de son député, Jean-François Lisée. Une semaine plus tard, la porte s'est ouverte pour les couples d'hommes. 

« On ne sera pas les premiers. Nous, on n'a pas encore nos jumelles et il y a deux couples gais qui ont déjà des enfants. Mais tant mieux si ça aide les autres et qu'on soit ici pour en parler et qu'on en ait parlé dans les journaux. Tant mieux, ça va faire avancer les choses. Et les gens qui sont fermés vont peut-être s'ouvrir à d'autres choses », dit-il.  

Joël Legendre ne croit pas que le Québec assistera à une explosion de demandes de la part de couples homosexuels. 

C'est une amie du couple qui, à 35 ans, a accepté d'être mère porteuse. « Ça existe encore des gens qui ont une grandeur d'âme et qui veulent juste faire ça pour aider leur prochain », répond-il à ceux qui soulèvent des questions éthiques sur le recours aux mères porteuses. 

L'amie voulait bien être porteuse, mais pas donneuse. La clinique OVO de Montréal lui a transmis des ovules achetés par le couple aux États-Unis.

« Quand tu es gai, c'est une condition. Tu ne choisis pas d'être gai et de ne pas avoir d'enfant. Quand j'ai su que j'étais gai, ç'a été mon premier deuil de ne pas pouvoir être père », a raconté Joël Legendre.

Coûts :

  • Procédure in vitro : 4000 $ (pris en charge par la RAMQ)
  • Médicaments liés au traitement : 2000 $ (couvert à 80 % par l'assurance médicaments)

Les enfants, un droit ou un privilège?

Les opposants au financement public de la fécondation in vitro font valoir qu'être parent n'est pas un droit, mais un privilège. Le comédien et animateur voit les choses autrement. « J'ai l'impression que tout le monde y a droit. Et que c'est un privilège d'être parent. » 

Joël Legendre a annoncé cette semaine que lui et son conjoint seront pères de jumelles cet été. Il a accompagné sa publication de cette photo.

Joël Legendre a annoncé cette semaine que lui et son conjoint seront pères de jumelles cet été. Il a accompagné sa publication de cette photo.

Photo : Facebook/Tania Lemieux

Interrogé par Guy A. Lepage sur son parcours, Joël Legendre a expliqué que la fécondation in vitro n'était pas le premier choix du couple. « On a d'abord voulu adopter, comme j'avais fait avec mon premier enfant. Mais malheureusement, partout à travers le monde, c'est maintenant impossible pour les gais ou les pères célibataires. »

Il a ensuite écarté l'adoption au Québec, qui donne deux ans aux parents biologiques pour reprendre leur enfant. « Ce sont des brise-coeurs. Comme adulte, on aurait peut-être été capable de passer à travers ça, mais avec un enfant de 11 ans qui a déjà vécu l'abandon, je n'avais pas envie de lui faire vivre ça. »

Joël Legendre a raconté avoir rencontré son conjoint, Junior Bombardier, dans les coulisses de Tout le monde en parle, il y a quatre ans.

Lorsque les deux hommes passeront en cour pour devenir les deux pères des jumelles, son conjoint adoptera du même coup son fils Lambert, a confié Joël Legendre, ému.

Ce que dit la loi

Toutes les femmes du Québec qui sont en âge de procréer peuvent accéder aux traitements de procréation assistée. Donc, si un couple homme-homme désire recourir aux services d'une mère porteuse et que celle-ci est détentrice d'une carte valide d'assurance maladie du Québec, le service est couvert par le programme.

Toutefois, l'article 541 du Code civil du Québec mentionne que toute convention par laquelle une femme s'engage à procréer ou à porter un enfant pour le compte d'autrui est « nulle de nullité absolue ». De plus, l'adoption pourrait s'avérer difficile du point de vue juridique à la suite de la naissance de cet enfant.

Cela veut donc dire que les contrats avec des mères porteuses ne sont pas reconnus par les tribunaux. Légalement, selon le Code civil du Québec, rien n'obligerait une mère porteuse à remettre l'enfant au couple adoptif si celle-ci décidait de garder l'enfant. De même, si le couple adoptif décidait de ne plus vouloir adopter l'enfant, la mère porteuse n'aurait aucun recours juridique.

Source : Marie-Claude Lacasse, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux

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