•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fermeture de la clinique d'avortement Morgentaler à Fredericton : une situation déplorée par de nombreux organismes au pays

Salle d'avortement
Salle d'avortement (Archives)

La fermeture de la clinique d'avortement privée Morgentaler à Fredericton suscite beaucoup de réactions un peu partout au Canada. 

De nombreux organismes déplorent que l'accès à l'avortement, dans les provinces de l'Atlantique, sera plus compliqué pour les femmes. 

Avec la fermeture de la clinique privée Morgentaler, les femmes qui voudront subir un avortement auront deux choix : 

  1. subir un avortement, payé par l'assurance-maladie, dans un hôpital à condition d'avoir deux références de médecins, qui jugeront que l'avortement est médicalement nécessaire
  2. subir un avortement dans une autre province, à leurs frais

Les coûts varient d'un endroit à l'autre pour les Néo-Brunswickoises voulant se faire avorter. À Halifax, en Nouvelle-Écosse, l'hôpital demande 1 700 $ aux patientes provenant de l'extérieur de la province. À Montréal, au Québec, le prix demandé varie entre 600 $ et 1000 $. Les femmes peuvent également se rendre à Bangor, au Maine, où le coût d'un avortement est de 500 $ américains. Ce montant n'inclut pas les frais associés au déplacement et au logement.

Certaines provinces, comme l'Ontario, couvrent les frais d'avortements pratiqués en cliniques privées pour ses résidentes.  

La clinique Morgentaler demande au gouvernement du Nouveau-Brunswick de payer pour les avortements réalisés en clinique. Henry Morgentaler avait d'ailleurs intenté une poursuite en 2002 pour obliger le gouvernement à défrayer les coûts. Depuis sa mort, il y a un an, la cause est en suspens.

L'une des pires situations au Canada

Toutes les provinces canadiennes, à l'exception de l'Île-du-Prince-Édouard, offrent des services d'avortement dans des cliniques privées et/ou des hôpitaux. Le Nouveau-Brunswick est la seule province qui exige le consentement de médecins, selon la Coalition ontarienne pour les cliniques d'avortement. 

Leur porte-parole, Michelle Robidoux, croit que la situation au Nouveau-Brunswick, comme à l'Île-du-Prince-Édouard, est la plus déplorable au pays. 

« Non seulement il y aurait moins d'accès, mais l'accès est tellement limité à cause des politiques du gouvernement du Nouveau-Brunswick [...] sous la loi canadienne de la Santé, les femmes doivent avoir accès à des services médicaux n'importe où au pays, y compris au Nouveau-Brunswick, et ce n'est pas le cas » déplore-t-elle. 

Les services d'avortement au CanadaLes services d'avortement au Canada Photo : Coalition pour le droit à l'avortement au Canada

La Coalition pour le droit à l'avortement au Canada a produit un communiqué aujourd'hui, jugeant que la province contrevient à la loi, et elle rappelle que la Cour suprême a reconnu le droit aux femmes de choisir de se faire avorter. 

La mobilisation s'organise

Une manifestation est prévue à 12 h 30, le 17 avril, devant l'Assemblée législative à Fredericton. Une pétition demandant au gouvernement du Nouveau-Brunswick de payer pour les avortements est également en cours, et a déjà récolté des milliers de signatures.