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Nouveau gouvernement : Ciment McInnis toujours optimiste

Découverte, 30 octobre 1994

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ciment McInnis demeure persuadé d'obtenir le financement promis par le gouvernement de Pauline Marois pour son projet de cimenterie à Port-Daniel-Gascons. Les promoteurs admettent que le financement n'est pas finalisé, mais soutiennent que les travaux seront lancés le mois prochain, comme prévu.

Malgré tout, une certaine incertitude plane sur le projet. En début de semaine, le nouveau premier ministre, Philippe Couillard, a dit vouloir réviser tous les engagements de Pauline Marois, y compris l'annonce de 450 millions pour la future cimenterie.

Les banques doivent encore confirmer des prêts de plusieurs centaines de millions de dollars. La Banque Nationale, principal bailleur de fonds du projet, est prête à signer, mais regarde du côté du nouveau gouvernement libéral pour savoir s'il ira de l'avant. « On est dans le dernier droit à l'heure actuelle, dans la phase des documents légaux et des choses comme ça, qui sont nécessaires pour avaliser ce que tout le monde a signé », précise Christian Gagnon, le PDG de Ciment McInnis.

Pour M. Gagnon, cela ne change rien: « On n'a pas d'inquiétudes. » L'entreprise va de l'avant et respectera son échéancier. « Il faut bien commencer quelque part », ajoute-t-il.

Début du chantier

Dès le mois prochain, une centaine de travailleurs seront sur le chantier. Ce chiffre grimpera à 250 d'ici la mi-juillet. « Après les vacances de la construction, on va rapidement monter à 400, 500 travailleurs sur le chantier et peut-être même un peu plus », ajoute le PDG de Ciment McInnis.

Ces propos rassurent le maire de Port-Daniel-Gascons, Henri Grenier. Dans la petite localité, le projet est très attendu. « En Gaspésie, c'est pauvreté bien raide; je travaille dans le Nord. Ça n'aide pas personne quand tu es pris pour laisser ta famille et tout ce qu'il y a derrière », déclare un résidant du village. D'aucuns croient que le projet pourrait aussi inciter les jeunes à revenir s'établir dans la région.

Opposition

Par ailleurs, le projet se heurte toujours à une très forte opposition de la part des cimentiers du Québec, qui continuent à dénoncer ce qu'ils qualifient d'aide financière inéquitable.

Le vice-président de l'Association canadienne du ciment et porte-parole du Regroupement pour l'équité dans l'industrie cimentière québécoise, Michel Binette, souhaite que le nouveau gouvernement annule la décision du précédent. « Nous allons, dit-il, poursuivre notre croisade avec le regroupement pour sensibiliser, éduquer le gouvernement et lui faire reconnaître qu'il y a peut-être eu une mauvaise décision qui a été prise. »

Les questions environnementales pourraient aussi revenir hanter Ciment McInnis, dont le projet a échappé à l'examen du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement.

Cette semaine, le député néodémocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin, a interpellé le gouvernement Harper dans le dossier. Il soutient que le gouvernement devrait commander des études indépendantes sur les impacts environnementaux de la future cimenterie.

Pour sa part, le député du NPD de Gaspésie-Les Îles, Philip Toone, veut s'assurer que l'industrie de la pêche peut cohabiter avec le projet. Selon lui, des pêcheurs sont actuellement en négociations avec les dirigeants de Ciment McInnis pour veiller à ce que leur industrie soit protégée.

Philip Toone évite de dire s'il est d'accord avec son collègue de l'Acadie, mais déplore que le gouvernement fédéral ait modifié la Loi sur les pêches, qui assurait une protection de l'habitat du poisson.

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