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Élections : l'éducation, un enjeu oublié?

Le reportage de Monica Lalancette
Radio-Canada

Plusieurs voix s'élèvent pour décrier l'absence des enjeux d'éducation au sein de la campagne électorale provinciale.

Une cinquantaine d'acteurs du milieu de l'enseignement de partout dans la province étaient réunis dans le cadre du colloque Construire ensemble l'avenir de l'éducation au cours de la fin de semaine à Rimouski. La grande majorité d'entre eux se disent déçus de la campagne électorale. Ils auraient voulu entendre parler de valorisation de la profession enseignante, de motivation, de réforme ainsi que de financement.

C'est un enjeu qui est source d'inquiétude, qui n'est pas toujours objet de consensus. Et pour autant que les politiciens cherchent à rassembler, peut-être ne veulent-ils pas parler d'éducation, sinon d'une manière tellement générale que ça ne fera pas de vagues, que ça ne générera pas de discussions. 

Claude Lessard, président du Conseil supérieur de l'éducation du Québec

« On a su peu de choses en fait. On a parlé de structures beaucoup, on a parlé de coupures de certaines structures », a déclaré le politologue et professeur en administration et politique scolaire de l'UQAR, Jean Bernatchez, en faisant référence au débat sur le l'abolition ou le maintien des commissions scolaires.

La semaine dernière, une dizaine de regroupements du milieu de l'éducation ont emboîté le pas aux recteurs des universités, qui ont décrié le sous-financement de l'éducation. Les associations étudiantes, dont la manifestation de jeudi a été déclarée illégale, ont pour leur part dit regretter le peu de changement survenu depuis le printemps érable.

Les compressions proposées par les partis en campagne ne passent pas le test de l'analyse budgétaire, selon l'enseignante en économie, Véronique Jhysbrecht, qui milite pour que l'enseignement demeure accessible.

Ce qu'on remarque c'est que l'argent, il y en a. On ne va juste pas la chercher; on ne va pas piger dans les poches qui en détiennent. Entre autres, par exemple, les minières. 

Véronique Jhysbrecht, enseignante en économie au Cégep de Rimouski

Le professeur en Évaluation institutionnelle de l'enseignement de l'Université Laval, Denis Savard, estime qu'il faudrait par exemple investir pour ajuster la réforme de l'éducation aux réalités actuelles. « Peut-être qu'il faudrait davantage utiliser des moyens d'éducation, ce qui veut dire, former les gens. Et faire en sorte que ces gens-là, mieux formés, forment mieux encore nos étudiants », fait-il valoir.

L'évaluation de la réforme mise en place depuis plus d'une décennie est d'ailleurs au cœur des préoccupations du Conseil supérieur de l'éducation, qui promet un avis sur le sujet d'ici l'automne.

D'après le reportage de Monica Lalancette

Est du Québec

Politique