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Du méthane responsable de l'extinction de l'ère permienne?

Ère permienne
Ère permienne Photo: CenterBlog
Radio-Canada

Des microbes producteurs de méthane pourraient avoir provoqué la disparition brutale de 90 % des espèces il y a 252 millions d'années, selon une nouvelle hypothèse soulevée par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Ce scénario s'appuie sur l'analyse d'une abondance de fossiles, qui indique que des microorganismes appelés méthanosarcina se sont soudainement multipliés de façon explosive dans les océans à cette époque de la fin de l'ère permienne, produisant de gigantesques quantités de méthane.

Les experts affirment que ce gaz à effet de serre s'est alors retrouvé dans l'atmosphère, modifiant le climat et la chimie des océans et causant l'extinction de la plupart des espèces terrestres.

Pour expliquer la prolifération de méthanosarcina, les scientifiques pointent le nickel provenant des importantes éruptions volcaniques survenues lors de cette période. Ils affirment que le métal, un nutriment nécessaire aux méthanosarcina qu'on pouvait alors retrouver en abondance, aurait créé les conditions gagnantes pour que les microorganismes se développent. Ceux-ci auraient alors tiré parti de leur environnement et développé leur aptitude à utiliser le dioxyde de carbone (CO2), qui était en augmentation à ce moment. Cela aurait permis au microbe de se multiplier. 

Les chercheurs basent leur scénario sur trois séries d'indices séparées. Tout d'abord, des preuves géochimiques témoignent d'un accroissement exponentiel du dioxyde de carbone (CO2) dans les océans à cette période. Ils se réfèrent également à des indices génétiques montrant un changement biologique des méthanosarcina à cette époque, qui leur auraient permis de devenir des producteurs majeurs de méthane à partir de l'accumulation de CO2 dans les océans.

Enfin, une analyse des couches sédimentaires montre un accroissement soudain du nickel exactement à la même période.

Dépôts de carbone à l'appui

Les dépôts de carbone terrestres montrent que quelque chose a produit une augmentation importante et soudaine de gaz contenant du carbone (CO2 et méthane) au moment de la grande extinction.

Certains chercheurs pensent que ces gaz proviennent d'éruptions volcaniques.

Les chercheurs du MIT croient de leur côté que ces éruptions n'étaient pas suffisantes pour produire tout le carbone mesuré dans les sédiments. Ils affirment qu'une injection rapide de CO2 provenant de volcans aurait été suivie d'une diminution graduelle, mais qu'au contraire, on observe un accroissement rapide et continu du gaz, qui laisse penser à une explosion de microbes producteurs de méthane.

Avec les informations de Agence France-Presse

Science