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Des consignes aux médecins sur la marijuana médicale

Le 1er avril 2014, le Collège des médecins diffusera des directives pour encadrer la prescription de marijuana à des fins thérapeutiques.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le Collège des médecins réitère ses réticences à prescrire de la marijuana médicale, alors qu'il émettait des directives pour encadrer l'application au Québec de nouvelles règles nationales, qui entrent en vigueur aujourd'hui.

Le nouveau règlement implique davantage le médecin dans le processus d'accès du malade au cannabis médical. Au lieu de passer par Santé Canada, les utilisateurs auront dorénavant besoin d'une ordonnance d'un médecin.

« Le Collège des médecins du Québec réaffirme que l'usage du cannabis à des fins médicales n'est pas un traitement reconnu par la profession médicale », déclarait mardi dans un communiqué le Dr Charles Bernard, président-directeur général du Collège des médecins.

« Toutefois, à la suite de l'obtention d'un avis légal sur le sujet, le Collège a jugé de son devoir de prévoir un mécanisme permettant de se conformer au nouveau règlement fédéral et de rendre accessible le cannabis séché à certains patients », ajoutait-il.

Le protocole de recherche n'est pas encore défini, mais cela devrait être fait d'ici l'été. Il permettra donc de prescrire du cannabis séché à des fins médicales, mais en respectant certaines règles, comme la rédaction d'un formulaire de consentement, d'un formulaire d'évaluation, la vérification des interactions avec d'autres médicaments et la vérification de contre-indications.

L'ordre professionnel demande en outre aux médecins de ne prescrire de la marijuana qu'en dernier recours. Les patients atteints d'une maladie neurologique ou en phase terminale, de même que les personnes atteintes de cancer ou du VIH/sida, pourront obtenir une prescription. « Et au fur et à mesure, on pourra élargir les indications », a précisé mardi le Dr Yves Robert à ICI Radio-Canada.

Dans ses directives, le Collège met l'accent sur la constitution d'une banque de données à des fins de recherche, une directive qu'approuve le ministre sortant de la Santé, Réjean Hébert.

« Le Collège des médecins a très bien exposé la situation. Il recommande aux médecins de prescrire le cannabis dans le cadre des indications qui sont statuées par Santé Canada et dans le cadre d'un programme de recherche qui vise à examiner l'aspect de la pharmacovigilance liée à l'utilisation du cannabis. Alors les médecins devront inscrire ces patients dans un registre de façon à pouvoir noter les effets secondaires et les effets bénéfiques pour qu'on puisse documenter les effets du cannabis », a expliqué M. Hébert lors d'un point de presse électoral à Laval.

Utilisateurs mécontents

La nouvelle loi mécontente les utilisateurs, puisqu'elle réserve le commerce de la marijuana médicale au Canada aux entreprises privées accréditées par Ottawa.

Selon cette nouvelle législation, les producteurs devront en outre détruire leurs plants de marijuana au plus tard le 30 avril pour passer au nouveau système d'exploitation et acheter la drogue auprès de fournisseurs accrédités.

Certains consommateurs craignent une flambée des prix avec le nouveau système, ce qui les empêcherait de se procurer la drogue.

Une manifestation contre la nouvelle législation a eu lieu à Ottawa aujourd'hui. Les manifestants déplorent que le fédéral tente de leur retirer le droit de cultiver leur propre cannabis. Les opposants affirment que les nouvelles mesures feront en sorte, essentiellement, de compliquer pour eux l'accès à des produits dont ils disent avoir absolument besoin.

Dans un jugement rendu à Vancouver le 21 mars, la Cour fédérale a toutefois permis aux personnes anciennement autorisées à produire leur marijuana thérapeutique à la maison de continuer à le faire. Lundi, Ottawa a annoncé son intention de faire appel de cette ordonnance.

Le Programme d'accès à la marijuana à des fins médicales (PAMFM) de Santé Canada a été lancé en 2001 pour 500 usagers, mais leur nombre a explosé et atteint aujourd'hui plus de 30 000 bénéficiaires.

Avec les informations de La Presse canadienne

Société