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La charte du PQ, une stratégie « machiavélique », dit Couillard

Le chef libéral, Philippe Couillard, à Québec, le 31 mars

Radio-Canada

Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, qualifie le projet péquiste de charte des valeurs d'« une des manoeuvres les plus cyniques que le Québec ait connues ». Il se base sur un article de La Presse, lundi, qui avance que le Parti québécois a délibérément présenté ce projet pour qu'il soit jugé inconstitutionnel par les tribunaux fédéraux, fournissant ainsi un prétexte pour faire la souveraineté.

Selon lui, il est inacceptable que le PQ veuille créer ainsi la division dans un but électoraliste. Il s'agit, d'après Philippe Couillard, d'une « stratégie sans scrupule et machiavélique », d'un « plan malsain », indigne du parti de René Lévesque.

« Clairement, le but, ce n'était pas d'avoir une entente. C'était d'avoir une grosse chicane pour dresser les Québécois les uns contre les autres et s'en servir de combustible pour un référendum », a-t-il dit lors d'un point de presse, lundi, à Québec. « C'est déplorable, alors qu'il aurait été possible de s'entendre sur des éléments qui faisaient consensus », ajoute-t-il.

C'est regrettable, contestable et indéfendable de voir à quel point, pour Mme Marois et le PQ, la fin justifie les moyens.

Le chef du PLQ, Philippe Couillard

Le chef libéral ne veut pas faire de procès d'intention au PQ, mais il dit avoir observé des répercussions négatives depuis la divulgation des éléments du projet de loi de charte péquiste. « Volontairement ou non, les éléments xénophobes de notre société se sentent maintenant autorisés à s'exprimer ou à intervenir directement auprès des personnes », dit-il.

Selon Philippe Couillard, l'interdiction du port de signes religieux dans la fonction publique - que prévoit la charte - va mener à des congédiements massifs, et créera de l'exclusion.

Le PQ demande des excuses

En conférence de presse lundi, la chef péquiste a jugé que M. Couillard a « dépassé les bornes, en sombrant dans les théories du complot, disant que [son] gouvernement a élaboré une vaste machination ».

Mme Marois a demandé des excuses au chef libéral, pour avoir utilisé le mot « xénophobe », en parlant, selon elle, de la charte ainsi que de la sortie dimanche de Janette Bertrand au sujet de l'intégrisme. « C'est indigne de quelqu'un qui veut devenir premier ministre du Québec. Il doit s'excuser auprès de Mme Bertrand et de tous ceux qui appuient la charte. »

Plus tôt, elle a réfuté les accusations de M. Couillard. Selon elle, son parti a toujours agi de bonne foi et ne cherche pas à créer des affrontements entre Québécois ou avec le reste du Canada avec la charte.

« On n'a jamais fait de scénario dans ce sens-là. Ce sont les médias du reste du Canada qui se sont invités dans notre campagne. [Depuis mon arrivée à la tête du PQ en 2007], on a été d'une cohérence absolue avec les gestes que nous avons posés. Notre objectif n'a jamais été de provoquer les autres citoyens du Canada ou leurs représentants. Est-ce qu'on peut nous-mêmes avoir un idéal, croire à certaines valeurs, les mettre de l'avant? C'est en ce sens que j'ai toujours agi en toute bonne foi », a-t-elle dit.

Marois prête à utiliser la « clause dérogatoire »

La chef péquiste a également confirmé qu'elle invoquerait l'article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés, surnommé « clause dérogatoire », pour que sa charte des valeurs ne soit pas contestée devant les tribunaux, si celle-ci était adoptée par l'Assemblée nationale.

Le chef libéral a plus tard réagi à cette promesse de Mme Marois. Le fait que le PQ dise désormais vouloir recourir à la cause dérogatoire renforce, selon Philippe Couillard, son argument.

« On sait d'emblée qu'on a un projet illégal qui ne passe pas le test des tribunaux, [alors qu'il y a] quelques semaines, [le ministre de la Justice Bertrand] St-Arnaud disait qu'il n'y avait pas de problème ».

Selon M. Couillard, il doit y avoir une proportion entre l'enjeu soulevé et le « remède » que constitue la clause dérogatoire. « Il n'y a pas de crise actuellement. C'est une crise totalement artificielle. On crée la division sociale de toutes pièces pour avancer sur le terrain politique ».

Le changement de cap de la chef péquiste sur la question est selon lui une réaction pour « colmater les brèches » à la suite de la publication de l'article de La Presse.

La chef péquiste a plus tard balayé cette accusation du revers de la main. Elle se dit convaincue que le projet passera le test des tribunaux, mais soutient que le PQ recourra à la clause dérogatoire « si nécessaire », une approche parfaitement légitime, selon elle.

Couillard aurait dû dénoncer la situation en Arabie saoudite, selon Marois

Dimanche, Pauline Marois a reproché à son adversaire libéral de n'avoir jamais condamné le bilan de l'Arabie saoudite en matière de droits de l'homme, alors qu'il y a travaillé pendant quelques années. Des reproches que le chef du PLQ qualifie de « ridicules ».

Lors d'un rassemblement autour du thème de la laïcité, Pauline Marois a demandé si Philippe Couillard cautionnait le bilan du régime saoudien matière de droits de la personne, puisqu'il y a travaillé en neurochirurgie dans le milieu des années 1990 et a récemment été membre du conseil consultatif international du ministre saoudien de la Santé.

« J'espère que jamais ils ne cautionneront de tels systèmes, mais peuvent-ils au moins le dénoncer, ce qui ne fut pas le cas de M. Couillard. Lorsqu'il a été interrogé à son retour d'Arabie saoudite ou sur l'expérience qu'il y avait vécue, si je ne m'abuse, ce qu'il a dit à ce moment, c'est qu'il y a des façons de faire différentes, des cultures différentes. Moi je crois qu'il faut dénoncer [ces propos]. »

Philippe Couillard n'a pas tardé à réagir à cette déclaration de Pauline Marois.

« Quelle niaiserie de dire une affaire de même. Comme s'il y avait un Québécois qui trouve acceptable les coutumes sociales de ce pays-là ou d'autres pays. C'est un peu comme si quelqu'un vous disait : "Je vais travailler au Texas", "Ah! Tu es pour la peine de mort d'abord". C'est tellement ridicule, ça se passe même de commentaires ».

Par ailleurs, pendant toute la fin de semaine, le chef libéral a répété que le fédéralisme n'était pas incompatible avec l'affirmation de l'identité québécoise et que la promotion du bilinguisme n'est pas non plus incompatible avec la défense du français. Un peu exaspéré par les attaques de ses adversaires sur ces questions identitaires, il a déclaré qu'il n'avait pas de leçon de patriotisme à recevoir du PQ.

Les libéraux ont lancé lundi une nouvelle publicité télévisée, qui accuse le PQ de vouloir tenir un référendum au même moment où la province perd de nombreux emplois. La semaine dernière, le Parti québécois a lancé des publicités radio qui attaquent les libéraux et Philippe Couillard et matière d'intégrité.

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