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Une femme dit avoir été congédiée par l'Archidiocèse d'Ottawa à cause de sa ménopause

Ginette Chaumont était l'assistante de l'archevêque d'Ottawa, Terrence Prendergast.

Ginette Chaumont était l'assistante de l'archevêque d'Ottawa, Terrence Prendergast.

Photo : Ashley Burke

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une ex-employée allègue qu'elle a été congédiée par l'Archidiocèse catholique d'Ottawa parce qu'elle était en ménopause et souffrait d'une dépression.

Ginette Chaumont, qui a travaillé pour l'Archidiocèse pendant 22 ans, porte maintenant sa cause devant le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario. Elle doit être entendue mercredi.

Ça a ébranlé ma foi, mes convictions. [...] Pour moi l'Église, c'était ma famille.

Une citation de :Ginette Chaumont

Mme Chaumont était l'assistante de l'archevêque d'Ottawa, Terrence Prendergast. En 2011, son employeur l'a informée que ce dernier avait perdu confiance en son travail, parce qu'elle était désorganisée et moins efficace que par le passé.

Ginette Chaumont.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ginette Chaumont.

Photo : Ashley Burke

« J'ai été vraiment prise par surprise. [...] Je ne pouvais pas en croire mes oreilles. Ça a été fait tellement de façon soudaine, puis abrupte, que j'en ai perdu mes points de repère », dit-elle.

Une situation délicate

Mme Chaumont a retenu les services d'un avocat, qui a informé le bureau de l'Archidiocèse qu'elle était en ménopause et en dépression.

Elle affirme ne pas avoir prévenu son employeur plus tôt parce qu'elle était gênée de parler de ses problèmes personnels avec ses patrons.

Ça reste un sujet un peu tabou, la ménopause. Même entre les femmes, on hésite beaucoup à s'en parler. Alors quand on travaille pour des hommes, presque uniquement des hommes, et en plus, des prêtres, moi je ne pouvais pas m'imaginer aller dire à l'archevêque que j'étais en pleine ménopause.

Une citation de :Ginette Chaumont

Selon Mme Chaumont, le courriel de son avocat n'a rien changé, ni le fait que l'Archidiocèse d'Ottawa savait qu'elle avait souffert de dépression clinique quelques années auparavant. Elle n'a jamais regagné son emploi.

Elle dit avoir été incapable de se trouver un nouvel emploi et que son médecin l'a informée qu'elle ne peut plus travailler en raison de son état de santé. De plus, l'Archidiocèse ayant terminé le versement de ses prestations d'assurance invalidité, Mme Chaumont n'a pas de revenu; elle a dû vendre sa maison et sa voiture pour survivre financièrement.

Un cas de droits de la personne

L'avocat Alan Riddell, qui représente Mme Chaumont, est d'avis que le congédiement de sa cliente constitue une violation des droits de la personne.

Cette situation porte atteinte au droit de Mme Chaumont dans le sens qu'il y avait une obligation, en vertu du Code des droits de la personne de l'Ontario, pour l'Archidiocèse de faire enquête concernant les liens possibles entre la dépression de Mme Chaumont et les problèmes que l'Archidiocèse voyait dans son travail.

Une citation de :Alan Riddell, avocat de Ginette Chaumont

M. Riddell ajoute que la cause de Mme Chaumont pourrait créer un précédent, car elle est la première personne à faire valoir un lien entre ses problèmes de performance au travail et la ménopause.

L'Archidiocèse n'accorde pas d'entrevue

L'Archidiocèse d'Ottawa a décliné la demande d'entrevue de CBC.

Dans un courriel, la porte-parole de l'Archidiocèse, Sarah Du Broy, affirme que Mme Chaumont n'a pas été victime de discrimination et que son organisation est prête à se défendre devant le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario.

D'après le reportage d'Ashley Burke pour CBC. (Nouvelle fenêtre)

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