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Accès à l'information : la FPJQ veut une loi qui a des dents

Radio-Canada

Au moment où la campagne électorale s'engage sur le front de l'intégrité, la Fédération des journalistes du Québec (FPJQ) appelle les aspirants premiers ministres à donner plus de mordant à la loi québécoise d'accès à l'information. Une loi, selon elle, qui sert davantage les intérêts des élus que ceux de la population.

Au moment où la campagne électorale s'engage sur le front de l'intégrité, la Fédération des journalistes du Québec (FPJQ) appelle les aspirants premiers ministres à donner plus de mordant à la loi québécoise d'accès à l'information. Une loi, selon elle, qui sert davantage les intérêts des élus que ceux de la population.

Un texte de Marie-Ève MaheuTwitterCourriel

« Au Québec, l'accès à l'information est en péril », juge le président de la FPJQ, Pierre Craig, dans une vidéo mise en ligne lundi. « Avez-vous le courage politique de gouverner des citoyens bien informés? »

Une lettre ouverte a également été publiée dans les grands quotidiens québécois. Le constat qui y est dressé est peu reluisant. Selon l'association professionnelle, la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels compte une cinquantaine d'exceptions qui servent à refuser des demandes légitimes des journalistes.

La loi d'accès à l'information n'est qu'une boîte à outils dans laquelle les ministres, organismes publics et municipalités puisent toutes les exceptions voulues pour refuser l'accès à des informations pourtant publiques. Des informations payées par les citoyens.

Pierre Craig, président de la FPJQ

« Sinon, comment expliquer que le ministère des Transports ait refusé de fournir à un journaliste la liste des membres des comités qui sélectionnent les firmes d'ingénieurs, alors que la même liste était remise aux firmes d'ingénieurs qui la demandaient? » cite en exemple la FPJQ.

D'ailleurs, les journalistes qui ont révélé des informations à l'origine de la commission Charbonneau n'ont pas pu s'appuyer sur la loi d'accès à l'information, ajoute Pierre Craig. Ils ont dû trouver d'autres sources. 

Pauline Marois, qui n'a pas répondu aux questions durant la première journée de la campagne, est également montrée du doigt par la FPJQ. Mais le gouvernement libéral de Jean Charest, qui a centralisé l'information à l'extrême, n'a pas fait mieux, précise son président. « Dans les ministères et les organismes publics, le mot d'ordre est devenu de protéger l'image du ministère et du ministre », dit-il.

Les élus municipaux ne sont pas épargnés. « Dans les municipalités, on ne compte plus les maires qui agissent en secret comme s'ils étaient les PDG d'une entreprise privée », dénonce-t-il.

Le PQ s'engage, le PLQ prêt à discuter

Le chef du Parti libéral s'est dit prêt à discuter de certains éléments de la loi d'accès à l'information, lorsqu'il présentera sa politique pour un gouvernement ouvert.

Mais déjà, il écarte la possibilité de revoir la disposition qui permet aux ministères de rejeter toutes les demandes d'accès à des documents qui doivent servir à prendre une décision.

Pierre Craig comprend que certains documents échappent aux journalistes, mais plaide pour qu'on tienne compte de l'intérêt public dans chaque décision.

De son côté, le Parti québécois s'est déjà engagé dans sa plateforme électorale à « moderniser » la loi d'accès à l'information. Reste à voir ce que cela signifie concrètement. 

Politique