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Les salons de massage érotique se multiplient à Regina

Les salons de massage érotique se sont multipliés à Regina. De 2 à 3 il y a 10 ans, on en compte maintenant entre 15 et 20, confirme la police.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le nombre de salons de massage à Regina s'est presque décuplé en dix ans. À l'intérieur, des employées n'hésitent pas à discuter de services sexuels. Et la police, elle, dit ne pas pouvoir y faire grand-chose.

De 2 à 3 salons il y a dix ans, on en compte maintenant entre 15 et 20, confirme l'enquêteur Tim Fliazek, du Service de police de Regina. Le policier indique que son service a fait enquête sur certains de ces endroits et y a découvert la vente de services sexuels.

À l'aide d'une caméra cachée, un journaliste de l'équipe d'enquête de CBC s'est rendu dans huit salons de la rue Albert, de la rue Broad, de l'avenue Victoria, de la rue Rose et de la 11e Avenue. Il entrait, demandait quels étaient les services offerts et repartait. Dans six des huit salons, des services sexuels en échange d'argent ont été offerts ou sous-entendus.

Dans la plupart des salons visités, les femmes, souvent d'origine asiatique et à l'anglais limité, ne voulaient pas donner de détails sur les services. Une employée au comptoir a toutefois indiqué qu'elle avait 10 femmes différentes, « de toutes les tailles, toutes les grosseurs et toutes les couleurs », « d'une blonde mince avec forte poitrine » à « une brunette à la poitrine extrêmement généreuse ».

Ça commence à 100$. Ça, c'est le prix de base, vous n'aurez pas grand-chose. Elles ne déshabillent même pas à ce prix-là [...] Mais si vous voulez la totale, les prix commencent à 200 $ pour une demi-heure.

Employée d'un salon de massage de Regina

Peu d'accusations déposées

Peu importe les enquêtes, avec la récente décriminalisation de certains aspects de la prostitution par la Cour suprême du Canada, la police a peu de marge de manoeuvre. « Certains procureurs de la Couronne seniors ont donné la consigne de ne pas déposer d'accusations en vertu des lois sur la prostitution parce qu'elles ne survivraient pas longtemps devant les tribunaux », dit Tim Fliazek.

Ce phénomène a d'ailleurs été observé dans d'autres provinces. Certaines, comme l'Alberta, ont pris l'initiative de rappeler à leurs policiers qu'il fallait déposer des accusations, malgré la décision de la Cour suprême. Celle-ci a donné à Ottawa jusqu'à décembre prochain pour réécrire les dispositions du Code criminel entourant la prostitution, s'il le luge nécessaire.

Une employée d'un salon de massage érotique de Regina s'adresse à un journaliste de l'équipe d'enquête de CBC muni d'une caméra cachée.

Des services sexuels en échange d'argent ont été offerts ou sous-entendus dans six des huit salons visités par un journaliste de l'équipe d'enquête de CBC.

Photo : Radio-Canada

Tim Fliazek insiste pour rappeler que la brigade des moeurs surveille toujours les salons en effectuant des visites régulières pour s'assurer que les employées n'y sont pas mineures ou forcées à travailler. Il fait aussi valoir que le nombre croissant de salons de massage semble avoir diminué le nombre de travailleuses du sexe à l'oeuvre dans la rue.

Des clients surpris

Beaucoup de salons de massage sont essentiellement des bordels déguisés, souligne un professeur spécialisé en recherche sur le commerce du sexe. « Nous roulons tous devant en nous demandant : "Ah bon, ceci est vraiment un salon de massothérapie accréditée, avec des néons qui clignotent, à 3 h du matin?" », ironise le professeur Benjamin Perrin, de l'Université de la Colombie-Britannique.

Tim Fliazek assure que son enquête a découvert des clients surpris par les services sexuels de certains salons. « Une personne nous est venue en nous disant qu'elle avait mal au dos et s'était rendue dans un salon, où après le massage, la dame lui a offert des services sexuels pour de l'argent », raconte-t-il.

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