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Marois inquiète de possibles irrégularités électorales

La chef péquiste Pauline Marois

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

La chef péquiste Pauline Marois s'inquiète des allégations d'irrégularités électorales selon lesquelles des personnes pourraient tenter indûment d'obtenir le droit de vote. Cette situation, dénoncée par des employés électoraux, touche des circonscriptions montréalaises, avoue le Directeur général des élections (DGE).

Un texte de Gaétan PouliotTwitterCourriel

Selon le président de la commission de révision de la liste électorale de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Mathieu Vandal, un nombre « anormal » d'anglophones et d'allophones tentent d'obtenir le droit de vote depuis une semaine. Vendredi, il a décidé de démissionner, car il ne pouvait plus assurer l'intégrité du processus de révision, a-t-il expliqué à Radio-Canada.

« Il y a des lacunes dans le système qui malheureusement pourraient être exploitées par un ou des individus, des organisations ou des partis politiques. Ce n’est pas à moi de déterminer s'il y a fraude, mais c'est très grave », a-t-il ajouté.

Ces allégations d'irrégularités ont fait réagir Pauline Marois. « Ça soulève des questions très sérieuses. Je demande au Directeur général des élections de se pencher là-dessus. Mon directeur général va entrer en contact avec lui et nous verrons qu'elle est sa réaction ou son propos. Mais c'est une situation qui m'inquiète », a-t-elle dit en marge d'un point de presse à Rivière-du-Loup, dans le Bas-Saint-Laurent, sans vouloir s'avancer davantage sur la question.

Fraude électorale potentielle

Le directeur du scrutin de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Ian Parenteau, confirme qu'il y a une affluence particulièrement importante d'étudiants anglophones et allophones qui veulent s'inscrire sur la liste électorale. « L'affluence ne correspond pas nécessairement à la démographie des électeurs », précise-t-il, indiquant qu'il s'agit d'une « anomalie ».

Je n'ai pas constaté de fraude. Simplement, il y a un potentiel de fraude.

Ian Parenteau, directeur du scrutin de Sainte-Marie-Saint-Jacques

Selon M. Parenteau, cette situation met en lumière la difficulté pour les réviseurs de juger si une personne est bel et bien « domiciliée » au Québec depuis six mois. « Les réviseurs ont un travail difficile d'interprétation des pièces qu'on leur fournit. [...] Certains ne se sentent pas aptes à faire ce travail-là, qui est particulièrement important », dit-il.

Les commissions de révision de la liste électorale sont composées de trois personnes : un président, nommé par le directeur du scrutin de la circonscription, et deux réviseurs, choisis par les partis politiques qui ont obtenu le meilleur résultat lors de la dernière élection. Dans le cas de Sainte-Marie-Saint-Jacques, le Parti québécois et Québec solidaire ont choisi les réviseurs.

Cette situation préoccupe d'autres directeurs de scrutin dans la province, ajoute M. Parenteau.

Concernant la démission de Mathieu Vandal, le directeur de scrutin de Sainte-Marie-Saint-Jacques estime qu'il a agi à titre de « bon citoyen préoccupé par le maintien d'une bonne liste électorale ».

Des circonscriptions problématiques

Interrogé à ce sujet, le porte-parole du DGE, Denis Dion, avoue que le problème touche certaines circonscriptions de Montréal. Samedi, il affirmait que le phénomène touchait aussi des circonscriptions de l'Estrie, avant de se rétracter le lendemain.

Afin de venir en aide aux commissions de révision, le DGE « a produit des documents d'information qui leur seront distribués », notamment pour éclaircir la notion de « domicile », a indiqué M. Dion dans un communiqué.

En ce qui concerne la fiabilité des commissions de révision, le DGE se veut rassurant. « Ses membres sont formés, soutenus par des directives et [ils] sont les seuls membres du personnel électoral à devoir passer un examen avant d'être nommés à leur poste par la directrice ou le directeur du scrutin », a précisé M. Dion.

Près de 68 % des électeurs de la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques, située au coeur de la métropole, ont le français comme langue maternelle, selon le dernier recensement de Statistique Canada. On compte 12 % d'anglophones et 20 % d'allophones.

La circonscription a été remportée par le péquiste Daniel Breton, devant Manon Massé de Québec solidaire.

Comment s'inscrire sur la liste électorale?

Pour voter, il faut être inscrit sur la liste électorale et remplir les conditions suivantes le 7 avril 2014 :

  • être âgé de 18 ans ou plus;
  • être de citoyenneté canadienne;
  • être domicilié au Québec depuis six mois.

Avec Julie Marceau et Lili Boisvert

Politique