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La première ministre albertaine démissionne

Alison Redford lors de l'annonce de sa démission comme première ministre de l'Alberta, mercredi, 19 mars.

Alison Redford lors de l'annonce de sa démission comme première ministre de l'Alberta, mercredi, 19 mars.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Jean-Marie Yambayamba

Alison Redford a annoncé mercredi en fin de journée qu'elle démissionnait de ses fonctions de première ministre de l'Alberta.

La démission entrera en vigueur dimanche, a-t-elle précisé lors d'un point de presse dans la rotonde du palais législatif.

La 14e première ministre albertaine a d'abord vanté la performance économique de la province et de son gouvernement, puis elle a abordé la question de la dissension au sein de son propre parti sur sa capacité à gouverner.

« Pour le dire tout simplement, je n'étais pas prête à laisser le parti et le caucus se déchirer sur la façon de bâtir un meilleur avenir pour notre province et pour tous les Albertains. C'est pour cette raison que j'annonce aujourd'hui avec un profond optimisme pour le futur de l'Alberta que je démissionne en tant que premier ministre à compter de dimanche après-midi », a déclaré Mme Redford.

Nous remercions la première ministre Redford pour ses années de service et son engagement envers la population de l'Alberta et du Canada. Nous lui souhaitons ce qu'il a de mieux dans ses projets futurs.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper

La grogne du parti

Alison Redford est dans la tourmente au sein de son propre parti depuis deux semaines. La controverse sur l'ampleur de ses frais de déplacement a incité certains élus à se délier la langue. Jeudi, le député de Calgary Foothills, Len Webber, a claqué la porte du caucus progressiste-conservateur en accusant Mme Redford de maltraiter les gens et de mal gérer l'argent des contribuables.

La première ministre de l'Alberta, Alison Redford, lors de l'annonce de sa démissionAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La première ministre de l'Alberta, Alison Redford lors de l'annonce de sa démission

Photo : Radio-Canada

Samedi, les hauts dirigeants du parti au pouvoir ont tenu une réunion qualifiée de mouvementée au terme de laquelle ils ont indiqué avoir donné un plan de travail à leur chef.

Dimanche, une dizaine de conservateurs ont tenu une réunion secrète à la suite de laquelle certains ont souligné qu'ils pourraient suivre l'exemple de Len Webber.

Lundi, la ministre déléguée à l'Électricité et aux énergies renouvelables, Donna Kennedy-Glans, a annoncé sa démission de son poste ministériel et son départ du caucus conservateur.

Signaux inhabituels

Mercredi, après son discours traditionnel au congrès annuel de l'Association albertaine des districts municipaux et des comtés, Mme Redford n'a pas eu droit à l'habituelle ovation debout. Elle a dû se contenter de quelques claquements de mains lorsqu'elle a évoqué la réaction de la province aux inondations et au problème du transport des grains.

Elle a fait rapidement référence à la grogne au sein de son parti. « Rien ne distraira notre gouvernement dans notre tâche de consolider nos relations avec vous et avec la population qui nous a élus tous », a-t-elle dit.

La première ministre n'a cependant répondu à aucune question, laissant son auditoire perplexe. 

Pour la seconde fois cette semaine, elle avait brillé par son absence pendant la période des questions à l'Assemblée législative provinciale.

Popularité en chute libre

Un sondage de la firme ThinkHQ Public Affairs Inc., dont le réseau CTV a publié les résultats mercredi, a confirmé la dégringolade de la popularité d'Alison Redford. Seulement 18 % des Albertains ont appuyé le travail de Mme Redford alors que le taux de désapprobation atteignait 75 %.

Seul l'ex-premier ministre albertain Don Getty avait atteint un tel niveau d'impopularité, avec 20 % d'opinions favorables dans un contexte économique difficile de déficits budgétaires et de bas prix du pétrole et du gaz.

La PM vante ses quelques années à la barre

Avant d'annoncer sa démission, la première ministre sortante a voulu souligner les réalisations de son gouvernement, notamment le retour à l'équilibre budgétaire, la création d'emplois et un ambitieux programme de construction et de rénovation d'écoles, d'installations médicales et de voies de circulation.

Alison Redford lors de son discours annonçant sa démission de ses fonctions de première ministre de l'AlbertaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alison Redford lors de son discours annonçant sa démission en tant que première ministre de l'Alberta

Photo : Radio-Canada

Alison Redford a également rappelé que les municipalités pouvaient maintenant compter sur un financement stable. Elle a cité Edmonton, qui a récemment obtenu les fonds nécessaires pour réaliser son projet d'extension du réseau de train sur rail vers le sud de la ville, Calgary qui pourra compléter la construction de sa route circulaire, en plus de la route 63 qui sera élargie pour améliorer les déplacements vers Fort McMurray.

La première ministre a aussi vanté sa campagne pour l'adoption d'une stratégie canadienne en matière d'énergie ainsi que ses voyages à travers le monde, principalement pour des missions commerciales.

Je ne m'excuserai pas d'avoir fait la promotion de l'Alberta à travers le monde.

Alison Redford

Dans un tweet envoyé après l'annonce de la première ministre, sa secrétaire de presse Neala Barton a confirmé qu'Alison Redford conserverait son siège de Calgary-Elbow.

Alison Redford dirige la province depuis 2011, dans la foulée de la démission d'Ed Stelmach. Elle a été élue avec une majorité confortable en 2012, malgré des sondages qui lui prédisaient un échec retentissant devant le Parti Wildrose de Danielle Smith.

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