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Fermeture de bibliothèques scientifiques : Pêches et Océans Canada aurait pu mieux consulter les communautés

Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser

Photo : PC/Adrian Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, donne en partie raison aux opposants à la fermeture de certaines bibliothèques scientifiques de Pêches et Océans Canada.

En 2012, Ottawa a annoncé qu'il fermait 7 des 11 bibliothèques scientifiques, dont celles qui desservaient les francophones dans leur langue, à Moncton, au Nouveau-Brunswick et à Mont-Joli, au Québec. Ottawa a décidé de centraliser ses bibliothèques de l'Atlantique dans des villes anglophones, soit Darmouth et Sydney, en Nouvelle-Écosse. 

Dans son rapport d'enquête sur les neuf plaintes qu'il a reçu à ce sujet, le commissaire Fraser reproche à Pêches et Océans de ne pas avoir fait d'étude d'impact pour mesurer les conséquences de la fermeture de la bibliothèque du Centre des pêches du Golfe à Moncton.

Dans le cas de la bibliothèque de Mont-Joli, il recommande même à Pêche et Océans de reconsidérer sa décision.

Le commissaire souligne toutefois que Pêches et Océans a respecté ses obligations linguistiques puisque la documentation des bibliothèques reste accessible en format numérique.

L'opposition espère un changement

Le député néo-démocrate d'Acadie Bathurst, Yvon Godin, qui est l'un des plaignants, est satisfait de la décision du commissaire, mais soutient que la loi sur les langues officielles manque de mordant. « On va au commissaire aux langues officielles. Il nous donne une décision. Il fait des recommandations, mais le gouvernement s'en fiche carrément », affirme M. Godin.

Yvon Godin espère toutefois qu'Ottawa prendra ces recommandations au sérieux. « C'est important que le gouvernement regarde la recommandation du commissaire. Le commissaire est équipé aussi avec une équipe pour faire ces études-là, et il trouve qu'il y a un impact sur les francophones et qu'il y a violation de la loi » explique-t-il.

Yvon Godin, député du NPD

Le député néo-démocrate Yvon Godin souhaite qu'Ottawa prenne la décision du commissaire aux langues officielles au sérieux

Un accueil mitigé au Québec

Jean-Claude Brethes, professeur à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, croit aussi qu'il s'agit d'une bonne nouvelle, mais que tout dépendra de ce que le ministère fera des recommandations. Il espère qu'Ottawa reviendra sur sa décision.

« C'est important parce que c'est une des rares bibliothèques scientifiques francophones au gouvernement fédéral [...] et un centre de recherche digne de ce nom doit avoir son centre de documentation, explique-t-il. La documentation en français va exister, maintenant il reste à savoir si les services en français vont continuer ». 

Jean-Claude Brêthe croit d'ailleurs qu'il y a des limites à numériser la littérature scientifique. « On a besoin d'un lieu physique pour retrouver cette documentation qui, sinon, serait éparpillée dans les bureaux de chercheurs ou quelque part dans un sous-sol », dit-il.

La bibliothèque scientifique de Mont-Joli demeure ouverte pour l'instant, mais celle de Moncton est fermée.

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