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La Russie reprend la Crimée

Le prédisent russe, Vladimkir Poutine, scelle par une poignée de main l'accord sur l'annexion de la Crimée avec les premier ministre de Crimée, Sergeï Aksyonov (gauche) et le maire de Sébastopol, Alexei Chaliy (droite).

Photo : POOL New / Reuters

Radio-Canada

La Crimée est désormais rattachée à la Fédération de Russie en vertu d'un accord officiel signé par le président Vladimir Poutine et les nouveaux dirigeants de la Crimée, annonce le Kremlin.

Dans un communiqué publié mardi, le gouvernement russe explique que la signature de cet accord s'est déroulée en présence des membres des deux chambres du Parlement.

La signature de cet accord qui scelle le sort de la péninsule ukrainienne occupée par des milliers de soldats russes depuis le début du mois de mars survient à peine 48 heures après la tenue d'un référendum en Crimée sur le rattachement de la péninsule à la Russie.

La consultation populaire s'est soldée par un verdict de près de 97 % des voix en faveur d'une annexion de la Crimée par la Russie.

Un processus « tout à fait démocratique » selon Poutine

Dans un discours qu'il a prononcé peu avant de signer l'accord, le président Vladimir Poutine a assuré que le rattachement de la Crimée à la Russie s'est fait de façon tout à fait démocratique.

« La question de Crimée est d'une importance vitale, historique, pour nous tous », a dit Vladimir Poutine lors de son discours devant les deux chambres du parlement russe.

« Les relations avec l'Ukraine et le peuple frère ukrainien ont toujours été, restent et seront toujours de la plus haute importance pour nous, sans exagération », a-t-il continué.

Vladimir Poutine s'en est ensuite pris aux « prétendues » nouvelles autorités ukrainiennes, estimant qu'elles avaient dérobé le pouvoir à la faveur d'un coup de force en février et ouvert la voie à des « extrémistes » prêts à tout.

Un cadeau repris

La péninsule de Crimée, qui est peuplée à 58% de russophones, a été offerte en cadeau à l'Ukraine par la Russie en 1954, sous l'ère soviétique, par le président Nikita Khrouchtchev. Le reste de la population de Crimée, qui se chiffre à 2,3 millions d'habitants, se compose de 24% d'Ukrainiens et de 12% de Tatars, une ethnie locale déportée sous le régime stalinien.Les Tatars de Crimée sont revenus sur leurs terres seulement après la chute de l'URSS, au début des années 1990.

« Ceux qui ont été à l'origine des récents événements préparaient un coup d'État, un autre. Ils projetaient de s'emparer du pouvoir, et rien ne les arrête. Ils ont eu recours à la terreur, aux meurtres, aux pogroms », a-t-il dit, qualifiant au passage les nouveaux dirigeants ukrainiens de « nationalistes, de néonazis, de russophobes et d'antisémites ».

Le président russe a aussi écorché au passage les États-Unis, dont la politique étrangère est à ses yeux dictée par la « loi du plus fort », et non par le droit international. Selon Vladimir Poutine, les Occidentaux ont « dépassé les bornes » en Ukraine, en agissant de manière « irresponsable ».

La CriméeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Crimée

Photo : Radio-Canada

Pas de scission de l'Ukraine

En ce qui a trait aux autres régions russophones d'Ukraine, le président russe a déclaré que son pays n'avait pas l'intention de diviser davantage l'Ukraine.

« Ne croyez pas ceux qui vous font peur au sujet de la Russie, qui vous disent qu'après la Crimée, vont suivre d'autres régions », a déclaré Vladimir Poutine aux Ukrainiens.

« Nous ne voulons pas la scission de l'Ukraine, nous n'en avons pas besoin », a ajouté le président russe.

Ce discours a été accueilli par une foule en liesse sur la place Nakhimov, à Sébastopol, en Crimée où environ 2000 personnes ont suivi l'allocution sur un écran géant.

Kiev lance un appel à la communauté internationale

Une Ukrainienne manifeste devant l'ambassade russe à Kiev. « Poutine, touche pas à l'Ukraine », peut-on lire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une Ukrainienne manifeste devant l'ambassade russe à Kiev. « Poutine, touche pas à l'Ukraine », peut-on lire.

Photo : Thomas Peter / Reuters

À Kiev, le nouveau gouvernement ukrainien a réagi en déclarant qu'il rejette la signature de cet accord scellant l'annexion d'une partie de son territoire national par une puissance étrangère.

Le gouvernement d'Ukraine a demandé à la communauté internationale de ne pas reconnaître la « République de Crimée », proclamée par les séparatistes de la péninsule ukrainienne.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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