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La CAQ pourrait privatiser la SAQ dans un second mandat

François Legault, le lundi 17 mars

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Jérôme Labbé

La Société des alcools du Québec (SAQ) pourrait être privatisée dans un deuxième mandat de la Coalition avenir Québec, a laissé entendre son chef, François Legault, à la suite d'un point de presse organisé pour dénoncer les nominations partisanes, lundi, à Montréal.

« Ça pourrait être quelque chose d'intéressant, a admis le chef caquiste, au lendemain de sa participation à l'émission Tout le monde en parle, où il a été questionné sur le sujet. Pourquoi? Parce qu'actuellement, les prix sont trop 10, 20, 30 % plus élevés à la SAQ qu'aux États-Unis, entre autres. »

M. Legault précise cependant que la privatisation de la SAQ ne fait pas partie de son programme électoral actuel et promet de ne pas toucher à la société d'État au cours des quatre prochaines années s'il est élu le 7 avril. « On ne peut pas mener toutes les batailles », explique-t-il.

Je ne vois pas ce que le gouvernement du Québec fait dans la vente de boissons alcooliques au Québec. Je ne pense pas que ça fasse partie de la mission du gouvernement.

François Legault, chef de la CAQ

M. Legault s'est également engagé lundi à mettre fin aux nominations partisanes dans la fonction publique et les sociétés d'État s'il accède au pouvoir le mois prochain, en promettant de déposer une loi-cadre qui établirait les règles à suivre pour la sélection des décideurs administratifs et le renouvellement de leur mandat.

Le chef caquiste estime qu'au moins 40 proches du PQ et du Bloc québécois ont accédé à ce genre de fonctions sous le gouvernement Marois et que « la majorité » d'entre eux n'étaient « pas compétents ». Il donne en exemple les anciens députés Nicolas Girard (Nouvelle fenêtre) et Sylvain Simard (Nouvelle fenêtre), qui ont été nommés respectivement à la tête de l'Agence métropolitaine de transport (AMT) et du conseil d'administration de la SAQ.

La CAQ considère également qu'il existe un grave problème de partisanerie dans le processus de nominations dans les tribunaux administratifs, mentionnant qu'une étude récente du professeur Pierre Noreau a démontré un manque flagrant d'indépendance et d'encadrement dans le processus de nomination des juges administratifs du Québec.

Fédéraliste... pour l'instant

Interrogé sur sa position sur l'avenir du Québec, François Legault a répété qu'il voterait non si le PQ devait tenir un troisième référendum sur la souveraineté du Québec et qu'il était revenu en politique pour aider le Québec à rattraper son retard économique sur le reste du Canada.

« Les plus jeunes, dans 10 ans, 15 ans, 20 ans, recommenceront, s'ils le veulent, à s'obstiner entre signer la Constitution canadienne ou un référendum sur la souveraineté, a-t-il affirmé. Moi, ce que je veux, c'est leur permettre ce choix-là. »

Un journaliste a demandé à François Legault...

- S'il y avait un référendum, vous voteriez non. Par définition, ça fait de vous un fédéraliste...
- Absolument, a répondu M. Legault.
- J'aimerais vous entendre dire : « Je suis fédéraliste. »
- Non (rires).

La CAQ a précisé par la suite que M. Legault ne se considère pas comme un fédéraliste, mais que sa première réponse - « absolument » - visait plutôt à assurer qu'il voterait non, advenant la tenue prochaine d'un référendum sur la souveraineté.

Questionné une autre fois sur le sujet en après-midi, M. Legault s'est exclamé : « Sacrez-moi la paix avec ça! »

Une région convoitée

François Legault demeurera dans la grande région de Montréal jusqu'au débat des chefs de jeudi. Il sera de passage dans Deux-Montagnes et dans Groulx, avant de participer à l'enregistrement de l'émission En mode Salvail en soirée sur les ondes de V.

La circonscription de Groulx était représentée par Hélène Daneault à la dernière législature. Cette dernière a toutefois annoncé au début du mois qu'elle ne se représenterait pas. C'est l'homme d'affaires Claude Surprenant qui portera donc les couleurs de la CAQ cette année. Il affrontera l'ancienne présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, qui fait le saut en politique avec le Parti québécois.

Deux-Montagnes fait aussi partie des circonscriptions où la CAQ a un espoir de gagner. L'ex-transfuge péquiste Benoît Charette, qui a déjà représenté Deux-Montagnes à l'Assemblée nationale de 2008 à 2012, tente un retour en politique active, et que le député d'arrière-ban Daniel Goyer devra se battre pour conserver son siège.

La caravane de la CAQ, surnommée « Legault-Kart » par les médias, circule dans le Grand Montréal depuis jeudi dernier.

Dimanche, le parti a réussi à réunir 700 personnes à Repentigny dans le cadre de son premier rassemblement militant de la campagne électorale. M. Legault en a notamment profité pour annoncer qu'il reverrait toutes les annonces faites par la première ministre sortante, Pauline Marois, au cours des six derniers mois et que la participation gouvernementale dans le projet de cimenterie à Port-Daniel-Gascons serait annulée.

Avec les informations de La Presse canadienne

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