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La communauté internationale rejette les résultats du référendum en Crimée

Une dame dépose son vote sur le rattachement de la Crimée à la Russie, le 16 mars 2014

Photo : Jean-François Bélanger

Radio-Canada

Le Canada et le reste de l'Occident se préparent à riposter après l'annonce de résultats préliminaires qui indiquent que les habitants de la Crimée auraient voté pour leur annexion à la Russie, dont les actions sont qualifiées de « dangereuses » et « déstabilisatrices » par les États-Unis. 

« Ce référendum n'est pas légitime, il n'a aucune valeur juridique et nous n'en reconnaissons pas les résultats », a indiqué le premier ministre Stephen Harper dans un communiqué. M. Harper doit d'ailleurs se rendre en Ukraine dans les prochains jours.

« Puisque la Russie refuse de prendre le chemin de la désescalade, nous travaillons avec nos partenaires du G7 et autres alliés pour coordonner des sanctions additionnelles contre les personnes responsables », a-t-il ajouté.

Environ 95 % des habitants de la Crimée auraient voté pour un rattachement à la Russie, dimanche. 

Des « coûts » pour la Russie

Le gouvernement américain a été le premier à réagir, quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote. 

« Comme les États-Unis et nos alliés l'ont dit clairement, l'intervention militaire et la violation du droit international se traduiront par des coûts accrus pour la Russie, non seulement en raison des mesures imposées par les États-Unis et nos alliés, mais aussi comme un résultat direct des propres actions déstabilisantes de la Russie », a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche par communiqué.

« Dans ce siècle-ci, le temps où la communauté internationale restait tranquillement sans rien faire pendant qu'un pays prenait par la force le territoire d'un autre est révolu », a-t-il ajouté.

Au cours d'une conversation téléphonique, le président russe Vladimir Poutine aurait affirmé à son homologue américain Barack Obama que le référendum avait été mené en conformité avec le droit international.

Le président russe aurait notamment souhaité le déploiement d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération européenne (OSCE) sur le territoire de l'Ukraine. 

M. Poutine et M. Obama auraient convenu de chercher ensemble des solutions pour stabiliser la situation en Ukraine.

« La Russie est le seul pays au monde capable de transformer les États-Unis en cendres radioactives », affirmait au même moment un présentateur vedette de la télévision publique russe.

Référendum « illégal »

La France a pour sa part qualifié le référendum « d'illégal » et de « contraire à la constitution ukrainienne ».

« Il est d'autant plus illégitime qu'il s'est déroulé sous la menace des forces d'occupation russe », a indiqué le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui demande à la Russie de prendre des mesures pour éviter « une escalade inutile et dangereuse en Ukraine ».

Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a qualifié le scrutin de « farce » et a demandé à l'Union européenne (UE) d'envoyer « un signal fort à la Russie ».

La Roumanie, pays voisin de l'Ukraine, a également jugé que le référendum était illégal. « Un scrutin organisé sous la menace d'une occupation militaire [...] ne peut pas être légitimé par la communauté internationale », a soutenu le président roumain Traian Basescu.

Sanctions européennes

L'Union européenne (UE) pourrait réagir dès lundi, au cours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. Elle devrait dévoiler une liste noire de responsables russes et ukrainiens prorusses qui seront visés par des sanctions.

La liste ne devrait cependant pas comprendre les noms de membres du gouvernement russe, afin de laisser une autre chance à la diplomatie. « Il y a encore de la place pour mettre fin à la crise. Tous les canaux diplomatiques restent ouverts », a soutenu la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini.

Par voie de communiqué, l'Union européenne a répété dimanche que le référendum était « illégal et illégitime » et qu'elle n'avait pas l'intention d'en reconnaître le résultat.

Sur le plan diplomatique, Moscou et Washington ont dit être toujours à la recherche d'une solution, en proposant des réformes constitutionnelles.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire d'État américain, John Kerry, ont eu dimanche une deuxième conversation téléphonique en deux jours. La première, vendredi, n'avait pas débouché sur une entente.

Les réactions occidentales ne sont pas étonnantes, puisque plusieurs grandes puissances avaient déjà dénoncé le référendum avant sa tenue, tout en se préparant à la victoire du oui et à ses conséquences sur leurs relations avec Moscou.

Certains milieux économiques, notamment en Allemagne, s'inquiètent publiquement des conséquences associées à de possibles lourdes sanctions contre la Russie.

Selon le premier ministre bulgare, les pays d'Europe de l'Est seraient « les plus grands perdants » en cas de sanctions. La Bulgarie dépend des livraisons de gaz russe pour son approvisionnement énergétique.

Manifestations au Canada

Des centaines de personnes ont manifesté à Ottawa et à Toronto contre le référendum jugé illégitime en Crimée. Au centre-ville d'Ottawa, une centaine de personnes ont simulé symboliquement un faux référendum devant l'ambassade de Russie. Des citoyens votaient sous l'oeil attentif de faux soldats pour représenter la forte présence militaire russe. 

Pendant ce temps, pliusieurs membres de la communauté ukrainienne de Winnipeg ont exprimé dimanche leurs appréhensions à la suite des résultats du référendum.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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