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Avion disparu : la piste de l'intervention humaine se précise

Les recherches se poursuivent afin de retrouver le vol 370 Malaysia Airlines.

Photo : AFP / MOHD RASFAN

Radio-Canada

Les recherches peinent toujours à fournir une explication claire à ce qui est arrivé à l'avion malaisien disparu il y a une semaine, mais de plus en plus, les enquêteurs croient à la thèse du détournement, ont indiqué plusieurs sources.

Après son dernier contact radar, l'avion du vol MH370 serait repassé par-dessus la Malaisie, alors qu'il était censé se diriger vers Pékin, a indiqué un membre du gouvernement. Le transpondeur de l'appareil se serait éteint, puis 12 minutes plus tard, un autre système de communication se serait lui aussi éteint.

Or, si l'avion s'était désintégré en plein vol ou s'il avait subi un problème catastrophique, tous les signaux se seraient interrompus simultanément.

De plus, pendant près de quatre heures après la perte de contact avec la tour de contrôle, l'avion aurait continué de transmettre des signaux à un satellite, apprenait-on jeudi. Ce genre de signal est comparable à celui qu'envoie un téléphone cellulaire même lorsqu'il est éteint et qui permet de trianguler sa position, a expliqué un expert américain. 

La BBC confirme que l'opérateur de satellites Inmarsat, qui est basé à Londres, a détecté des signaux de l'avion plusieurs heures après sa disparition des écrans radars.« Ce signal n'a pu être envoyé que si l'avion était intact et qu'il avait encore du courant, ce qui peut expliquer pourquoi les recherches se sont déplacées vers l'océan Indien », soutient la chaîne britannique.

Les autorités malaisiennes refusent toutefois de commenter cette possibilité. 

Autre indice en faveur d'un changement de trajectoire : un radar militaire aurait détecté la présence d'un avion non identifié qui traversait la péninsule malaisienne en direction du détroit de Malacca. Les enquêteurs n'ont pas encore pu confirmer qu'il s'agissait du Boeing 777 disparu.

Seul un individu habile a pu piloter un tel changement de trajectoire dans ce contexte, croit un membre du gouvernement malaisien, qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat. Aussi, si le transpondeur a été éteint volontairement pour passer inaperçu, seule une personne ayant les compétences requises a pu le faire, affirment des experts.

Selon un responsable américain, l'avion pourrait même s'être posé quelque part, loin des zones de recherches actuelles.

De nombreux messages ont été écrits en l'honneur des passagers du vol 370 de Malaysia Airlines à l'aéroport de Kuala Lumpur.

De nombreux messages ont été écrits en l'honneur des passagers du vol 370 de Malaysia Airlines à l'aéroport de Kuala Lumpur.

Photo : AFP / MANAN VATSYAYANA

Changement d'altitude

Selon des données obtenues par le New York Times, le vol MH370 a changé d'altitude et de direction à plusieurs reprises après sa disparition des écrans radars civils. C'était comme si l'avion « était toujours contrôlé par un pilote », affirme le quotidien new-yorkais, en s'appuyant sur des sources proches de l'enquête.

Des signaux captés par un radar militaire malaisien montreraient que l'avion aurait d'abord grimpé jusqu'à 45 000 pieds (13 716 mètres) et aurait effectué un virage serré vers l'ouest. L'avion serait ensuite descendu à 23 000 pieds (7010 mètres) à l'approche de l'île malaisienne de Penang, après quoi il aurait repris de l'altitude et se serait dirigé vers le nord-ouest, en direction de l'océan Indien.

Le réseau CNN affirme pour sa part qu'une analyse classée secrète produite par les États-Unis et la Malaisie révèle que le vol pourrait s'être écrasé dans le golfe du Bengale ou ailleurs dans l'océan Indien.

Selon Jean Lapointe, pilote et expert en aviation civile, un pilote automatique est programmé pour suivre exactement le plan de vol prévu. Il serait donc impossible qu'un avion change de cap tout seul. « L'autopilote ne peut pas le faire, à moins que le pilote change la route en cours de vol », a-t-il expliqué vendredi soir à l'émission 24/60.

M. Lapointe souligne que « le Boeing 777 est capable d'envoyer beaucoup d'informations, beaucoup plus que ce qu'on a vu jusqu'à maintenant » et se demande pourquoi, si l'avion a bel et bien changé de direction, aucun appareil militaire ne l'a intercepté.

Il est cependant peu probable, selon lui, que l'avion se soit simplement désintégré.

Le Boeing 777, c'est un char d'assaut du ciel de par sa structure. Il se désintégrera lorsqu'il y aura bombe à bord.

Jean Lapointe, pilote et expert en aviation civile

L'enquête devra faire des progrès bientôt, sans quoi c'est toute la crédibilité du transport aérien qui sera menacée, croit-il. « On ne peut pas se permettre, dans une industrie qui est aussi pointilleuse, rationnelle, de laisser perdurer un tel évènement. »

Le colonnel Vu Duc Long des forces aériennes vietnamiennes a rencontré les médias, le 14 mars 2014

Le colonnel Vu Duc Long des forces aériennes vietnamiennes a rencontré les médias, vendredi

Photo : La Presse canadienne / Na Son Nguyen

Passer d'un « échiquier à un terrain de football »

Depuis le début de la crise, les recherches se concentraient en mer de Chine, où se trouve la dernière position connue de l'avion. Jeudi, faute de découverte concluante, la zone de recherche a été élargie jusqu'au détroit de Malacca.

Pour les autorités malaisiennes, fortement critiquées pour leur gestion jugée chaotique de la crise, la zone à fouiller devient immense.

Dans une enquête normale, les nouvelles informations réduisent le champ des recherches avec le temps, mais il ne s'agit pas d'une enquête normale.

Hishammudin Hussein, ministre des Transports de la Malaisie

L'extension de la zone vers l'Océan indien revient à passer « d'un échiquier à un terrain football », a illustré William Marks, commandant de la 7e flotte américaine.

Les États-Unis ont d'ailleurs confirmé que le navire USS Kidd va mener des recherches dans la mer d'Andaman et le golfe du Bengale. « À la demande de la Malaisie, l'USS Kidd est au nord du détroit de Malacca, dans ce que nous appelons la zone de recherche occidentale », a précisé le colonel Steven Warren, porte-parole du Pentagone.

Les autorités américaines ont également déployé un avion de surveillance qui va mener des recherches dans la zone septentrionale du golfe du Bengale et du nord de l'océan Indien.

De son côté, l'Inde a entrepris de fouiller des centaines d'îles désertes dans la mer d'Andaman à l'aide de détecteurs thermiques. L'archipel, au sud de la Birmanie, comprend 572 îles, dont la plupart sont couvertes d'une jungle épaisse et seulement 37 sont habitées.

S'il a effectivement volé durant cinq heures, l'avion a même pu se rendre au-delà de l'Océan indien, jusqu'au Pakistan ou même jusqu'à la mer d'Arabie, si l'on se base sur sa vitesse de croisière.

Les hypothèses qui continuent de circuler pour expliquer cette déroutante disparition vont du sabotage à l'explosion, en passant par les problèmes techniques, les frappes de missile et le suicide du pilote.

Il pourrait s'agir de la catastrophe aérienne la plus meurtrière d'un avion de ligne depuis l'accident de l'Airbus d'American Airlines, qui avait fait 265 morts en 2001.

Avec les informations de Associated Press, Agence France-Presse, et Reuters

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