•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des infirmières se plaignent de donner des soins dangereux et inhumains

Manifestation d'infirmières devant l'hôpital Charles-Lemoyne à Longueuil

Photo : Thomas Gerbet

Radio-Canada

Bébés examinés par téléphone, manque de temps pour donner un calmant contre la douleur ou évaluer les signes vitaux... Une cinquantaine d'infirmières de l'hôpital Charles-LeMoyne et du CLSC Saint-Hubert sont descendues dans la rue pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et les conséquences sur les patients à la suite de compressions budgétaires.

Un reportage de Thomas GerbetTwitterCourriel

« Laissez nous soigner, arrêtez de couper », crie une infirmière dans son mégaphone. Un préposé à l'entretien ménager descend de son étage pour appuyer ses collègues. Dans la rue, une ambulance klaxonne en guise de soutien. 

« On est obligées d'aller à l'essentiel, se plaint Gabrielle, infirmière en soins palliatifs. On a moins de temps pour retourner les patients régulièrement dans leur lit (afin d'éviter les plaies), moins de temps pour les faire marcher (afin qu'ils gardent leur force physique). » Quand une collègue malade n'est pas remplacée, la situation s'aggrave : « Si on doit prendre les signes vitaux d'un patient quatre fois par jour, bah, des fois le soir, on n'a pas le temps, on les prend juste une fois. »

Examens par téléphone

Le manque de temps agace également Annie Pinard, infirmière assistante en périnatalité au CLSC de Saint-Hubert. Il y a plus de naissances qu'avant, mais pas plus d'infirmières. Résultat : des examens de mamans et de bébés se font par téléphone. « On devrait visiter toutes les mamans quelques jours après leur sortie de l'hôpital, mais on n'est plus capables de le faire avec les mères d'un deuxième ou d'un troisième enfant. »

On n'appelle pas ça des soins sécuritaires et humains. (...) Maintenant, les gestionnaires que l'on a, ce sont beaucoup des gens de comptabilité, et on n'est pas capables de leur faire comprendre ce que c'est que la qualité des soins. 

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)

La qualité des soins est au rendez-vous, répond l'hôpital

« Je peux vous assurer que la qualité des soins au CSSS ne s'est aucunement détériorée », affirme Line Marquis, directrice de la chirurgie et de la cancérologie au CSSS Champlain-Charles-Le Moyne. Les infirmières mentent-elles? « Je ne vous dis pas que ce que disent les infirmières est faux, je vous dis ce que nous, on constate avec les questionnaires de satisfaction de la clientèle. »

La direction du CSSS assure qu'il n'y a pas eu de réduction de postes d'infirmières, mais plutôt une réorganisation depuis l'automne pour éliminer des « surplus », soit des personnes qui étaient sur appel, à temps partiel. Aujourd'hui, le personnel absent pour maladie n'est pas automatiquement remplacé. « On a standardisé les structures, et les structures répondent aux besoins cliniques des unités de soins », tient à préciser Line Marquis.

Nos structures d'effectif sont dans la moyenne, voire supérieures quand on se compare à d'autres structures de santé.

Line Marquis, directrice de la chirurgie et de la cancérologie au CSSS Champlain-Charles-Le Moyne

Line Marquis tient à préciser que les compressions budgétaires ont entraîné la suppression d'une trentaine de postes d'administrateurs. Elle rappelle par ailleurs que les infirmières sont actuellement en pleine négociation de leur convention collective.

La FIQ a comptabilisé 114 000 heures supplémentaires effectuées par les professionnelles en soins du CSSS Champlain-Charles-Le Moyne depuis 3 ans.

Société