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Libre-échange avec la Corée : l’Ontario « très inquiet »

usine de Chrysler à Windsor

L'usine de Chrysler à Windsor emploie 4900 travailleurs.

Photo : AP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement ontarien presse Ottawa de renforcer l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud, afin de mieux protéger son importante industrie automobile.

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a annoncé à Séoul, en compagnie de son homologue coréen, la conclusion de l'entente, après neuf ans de négociations.

Or, l'Ontario craint que cet accord mène à une augmentation subite et marquée des importations de véhicules coréens, des constructeurs Kia et Hyundai par exemple.

La province et le secteur automobile n'ont cessé d'affirmer que, sans mesures de protection adéquates, cet accord introduit des règles du jeu inégales entre les fabricants d'automobiles sud-coréens et canadiens.

Une citation de :Eric Hoskins, ministre ontarien du Développement économique

Le ministre ontarien du Développement économique, Eric Hoskins, souligne que pour chaque voiture que le Canada exporte vers la Corée, une cinquantaine sont importées du pays asiatique.

Il appréhende que la période d'élimination des tarifs douaniers acceptée par le gouvernement fédéral « ne donne pas à notre secteur le temps dont il a besoin pour s'adapter ».

Le Canada a accepté d'éliminer d'ici trois ans le tarif douanier de 6,1 % qu'il imposait aux véhicules légers sud-coréens. L'Ontario demandait que ces tarifs soient estompés sur la plus longue période possible mais, finalement, l'élimination se fera sur une période plus courte que les cinq ans qu'ont eus les États-Unis et les sept ans qu'a eus l'Union européenne pour les abolir.

Les voitures du constructeur coréen Hyundai pourront être importées au Canada sans tarif douanier d'ici trois ans.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les voitures du constructeur coréen Hyundai pourront être importées au Canada sans tarif douanier d'ici trois ans.

Photo : AP/Lee Jin-man

En revanche, les conservateurs fédéraux soulignent que Séoul a accepté de supprimer ses tarifs douaniers pour les produits automobiles canadiens dès l'entrée en vigueur de l'accord.

Quoi qu'il en soit, le ministre Hoskins est « déçu » qu'Ottawa n'ait pas pu négocier une « disposition de rétablissement », comme celle obtenue par les États-Unis, qui lui aurait permis de rétablir des tarifs douaniers dans le cas où la Corée du Sud imposerait des barrières déguisées, telles que des normes de sécurité extraordinaires pour les véhicules assemblés au Canada.

Faute de protections supplémentaires pour l'industrie canadienne de l'auto, l'Ontario demande à Ottawa de former un groupe de travail qui présenterait des rapports mensuels, « ce qui permettrait à notre gouvernement d'instaurer rapidement des mesures de protection, le cas échéant ».

De son côté, Jerry Dias, le président national du syndicat Unifor, qui représente notamment les travailleurs de l'auto en Ontario, appréhende la perte de 30 000 emplois dans le secteur manufacturier, en particulier celui de l'automobile.

Ils [les conservateurs à Ottawa] donnent toujours la priorité à l'Alberta plutôt qu'au secteur manufacturier ontarien. Ils s'occupent toujours de leurs partisans là-bas.

Une citation de :Jerry Dias, président national d'Unifor

Des milliers d'emplois en jeu

Les constructeurs d'automobiles et leurs fournisseurs de pièces emploient 93 000 personnes en Ontario. Près de 500 000 emplois indirects dépendent par ailleurs de cette industrie. Les trois grands fabricants automobiles nord-américains, GM, Chrysler et Ford, ont déjà fait part de leurs craintes quant à un accord de libre-échange avec la Corée du Sud.

Bonnes nouvelles

Cela dit, le ministre Hoskins affirme que l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud « contient des mesures positives qui ouvriront de nouveaux marchés à divers secteurs, notamment ceux de l'agriculture et de la transformation des aliments ».

La province est présentement désavantagée de ce côté puisqu'elle fait concurrence à des producteurs américains et européens qui ont déjà une entente de libre-échange avec la Corée. 

Les producteurs de porc et de boeuf de l'Ontario espèrent ainsi faire une percée dans un nouveau marché. Même son de cloche de la part des producteurs de vin de glace.

L'industrie aérospatiale ontarienne se réjouit elle aussi de la signature de l'accord, qui lui permettra d'être plus concurrentielle face aux entreprises américaines et européennes qui faisaient déjà du libre-échange avec la Corée.

Le président de l'Association des industries aérospatiales du Canada, Jim Quick, souligne que les exportations de ses membres, que ce soit des moteurs de jet ou des pièces d'avion, ont chuté de 80 % de 2011 à 2012, après que Washington et Bruxelles eurent signé des ententes avec Séoul.

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Ontario