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La Crimée fait un pas de plus vers la Russie

Le premier ministre de Crimée, Sergei Aksyonov, à Simféropol.
Le premier ministre de Crimée, Sergei Aksyonov, à Simféropol. Photo: Vasily Fedosenko / Reuters
Radio-Canada

À quelques jours d'un référendum controversé sur le rattachement de la Crimée à la Russie, les membres du Parlement prorusse de la Crimée déclarent la péninsule indépendante de l'Ukraine.

Selon un communiqué émis par le Parlement, une déclaration d'indépendance de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol a été adoptée par 78 voix sur 81.

Dans un communiqué, le Parlement de la Crimée affirme s'être inspiré du processus de sécession du Kosovo, qui a proclamé unilatéralement son indépendance de la Serbie en 2008.

Des troupes prorusses déployées en CriméeDes troupes prorusses déployées en Crimée Photo : Baz Ratner / Reuters

La semaine dernière, les membres du Parlement de la Crimée, actuellement occupée par des dizaines de milliers de miliciens et de soldats russes, ont adopté à l'unanimité une motion réclamant l'annexion de leur territoire à la Russie.

Si les tenants d'une annexion remportent le référendum du 16 mars, la Crimée sera déclarée « État indépendant et souverain avec une forme républicaine de gouvernement », indique le communiqué.

Le Parlement s'adressera ensuite à la Fédération de Russie pour que la Crimée y soit admise.

Le gouvernement russe a déclaré pour sa part qu'il examinera un possible rattachement de la Crimée à son territoire au cours d'une assemblée qui se tiendra le 21 mars.

La loi russe permet le rattachement d'un territoire, à condition que le pays étranger auquel appartient cette région donne son accord. Dans le contexte actuel, la Crimée ne pourrait donc pas rejoindre la Russie. La Douma examinera un amendement à cette loi.

Fermeture de l'espace aérien

Déterminée à poursuivre ses démarches d'indépendance, la Crimée a annoncé mardi la fermeture de son espace aérien en prévision du référendum de dimanche.

Désormais, seuls les vols en provenance de Moscou sont autorisés à se poser en Crimée.

Kiev menace de dissoudre le Parlement de la Crimée

À Kiev, le gouvernement intérimaire a rejeté la déclaration d'indépendance proclamée par un Parlement que le pouvoir ukrainien considère comme illégal.

De surcroît, le Parlement ukrainien a répondu à cette déclaration d'indépendance en menaçant de dissoudre l'assemblée de la République autonome de Crimée si elle ne renonce pas d'ici mercredi à la tenue de ce référendum.

L'Ukraine met sur pied une garde nationale

Des militaires ukrainiens s'activent sur un véhicule blindé près de la frontière de la Crimée.Des militaires ukrainiens s'activent sur un véhicule blindé près de la frontière de la Crimée. Photo : Valentyn Ogirenko / Reuters

Le gouvernement ukrainien a aussi annoncé la création d'une garde nationale afin de défendre son territoire et de protéger la Crimée d'une possible annexion russe.

Le président intérimaire, Oleksander Tourtchinov, a déclaré que l'armée devait être « remise sur pied à partir de pratiquement rien » après des années de négligence par le gouvernement de Viktor Ianoukovitch.

Le ministère de la Défense évalue à 6000 le nombre de soldats ukrainiens aptes au combat, alors que 20 000 soldats russes sont postés sur les frontières entre les deux pays.

La garde nationale, gérée par le ministère de l'Intérieur, sera chargée de « défendre les citoyens contre des criminels et contre une agression intérieure ou extérieure ». Les réservistes, les anciens combattants et les volontaires seront mobilisés, a précisé le président.

Viktor Ianoukovitch se considère toujours comme le président légitime de l'Ukraine. En conférence de presse mardi, il a estimé que la tenue d'une nouvelle élection présidentielle, prévue le 25 mai, est « illégitime ». Il entend bientôt rentrer à Kiev pour déloger les « néofascistes ». Depuis son départ de Kiev et sa destitution par le Parlement ukrainien, le 22 février dernier, Viktor Ianoukovitch est réfugié en Russie.

La CriméeLa Crimée Photo : Radio-Canada

Menace de sanctions contre Moscou

Pendant ce temps, le bras de fer entre Moscou et l'Ukraine se poursuit.

Mardi, le premier ministre ukrainien intérimaire, Arseni Iatseniouk, a accusé la Russie de mettre en péril la sécurité mondiale avec son incursion militaire en Crimée.

Moscou affirme avoir obtenu la permission d'intervenir militairement en Ukraine afin de protéger les minorités russophones du pays, particulièrement présentes en Crimée, où se trouve également une importante base navale de l'armée russe.

M. Iatseniouk a rappelé que l'Ukraine est toujours prête à tenir des négociations « transparentes » avec la Russie pour régler leurs différends et bâtir une nouvelle relation qui reconnaît l'indépendance et l'intégrité territoriale de Kiev.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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