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L'Espagne toujours traumatisée 10 ans après les attentats du 11 mars

Bouquet de fleurs et chandelles sur un rail de la gare d'Atocha, à Madrid
Bouquet de fleurs et chandelles sur un rail de la gare d'Atocha, à Madrid Photo: AFP / JOHANNES SIMON
Radio-Canada

L'Espagne commémore dans la douleur les attentats du 11 mars 2004, au cours desquels 191 personnes ont perdu la vie à la suite de l'explosion de bombes dans des trains bondés.

Peu avant 8 h, en pleine heure de pointe en banlieue de Madrid, 10 bombes ont explosé dans 4 trains en route vers la gare achalandée d'Atocha : 191 passagers ont été tués, et près de 2000 autres, blessés.

Le lendemain, 11 millions d'Espagnols, soit le quart de la population, marchaient dans les rues du pays pour dénoncer cet acte de terrorisme.

À l'époque, le gouvernement avait été prompt à blâmer l'ETA, mouvement séparatiste basque, mais les attentats avaient finalement été revendiqués par un groupe islamiste lié à Al-Qaïda.

Cette accusation avait d'ailleurs coûté le pouvoir au gouvernement conservateur de José Maria Aznar quelques jours plus tard, à l'occasion d'élections législatives. Le socialiste José Luis Zapatero avait été porté au pouvoir, un choix qui semblait improbable quelques semaines plus tôt.

Le gouvernement avait aussitôt retiré ses troupes de l'Irak, alors que l'Espagne y était jusqu'alors très engagée, aux côtés des États-Unis.

L'enquête pour faire la lumière sur les attentats avait été parsemée d'embûches. Trois semaines après la tragédie, sept personnes soupçonnées d'être impliquées s'étaient suicidées collectivement en faisant exploser un appartement de la région madrilène.

En 2007, 21 personnes seront finalement condamnées pour les attentats et la mort de 191 individus.

Dix ans plus tard, plusieurs victimes se disent toujours traumatisées par la tragédie.

« Je vais mieux, mais ça m'a remué », a témoigné Jesus Olmo Guerrero, qui avait été plongé dans le coma pendant un mois après le drame.

« Je ne peux plus passer à pied entre deux voitures garées. J'ai peur qu'il y ait une bombe à l'intérieur », a confié Adeniria Moreira, une aide soignante brésilienne de 48 ans qui, alors enceinte de trois mois, avait perdu son bébé des suites du choc.

CHRONOLOGIE DES ÉVÉNEMENTS

11 mars 2004 : Dix bombes cachées dans des sacs à dos explosent dans quatre trains de banlieue à Madrid. Il y aura 191 morts et plus de 1800 blessés. Quelques heures après les attentats, la police découvre dans une fourgonnette des détonateurs et une cassette sur laquelle sont enregistrés des versets du Coran.

13 mars 2004 : Trois Marocains et deux Indiens sont les premiers suspects arrêtés. Près d'une mosquée de Madrid, on trouve une cassette vidéo dans laquelle un porte-parole d'Al-Qaïda en Europe revendique la responsabilité des attentats « dans le but de punir l'Espagne d'avoir déployé des troupes en Irak et en Afghanistan ».

14 mars 2004 : Le gouvernement conservateur de José Maria Aznar est critiqué pour avoir maintenu ses accusations contre les séparatistes basques de l'ETA, alors que tout conduisait à une piste islamiste. Quelques semaines plus tard, le nouveau gouvernement socialiste élu de José Luis Rodriguez Zapatero retire les troupes espagnoles de l'Irak.

26 mars 2004 : La police trouve des détonateurs, des traces de dynamite et des empreintes digitales dans une maison de campagne près de Morata de Tajuna, où les enquêteurs pensent que la cellule terroriste a pu préparer les bombes.

3 avril 2004 : Sept chefs présumés de la cellule terroriste se font exploser à Leganes, en banlieue de Madrid, alors que la police encercle leur appartement pour les arrêter dans le cadre de l'enquête sur les attentats.

11 avril 2006 : Le juge d'instruction Juan del Olmo inculpe 29 personnes, dont 15 Marocains, 9 Espagnols, 2 Syriens, 1 Égyptien, 1 Algérien et 1 Libanais.

6 novembre 2006 : Le parquet recommande des peines de plus de 38 000 ans de prison pour chacun des 7 principaux suspects dans les attentats.

15 février 2007 : Le procès s'ouvre devant l'Audience nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole. Le tribunal entend 98 experts et quelque 650 témoins.

Avec les informations de Agence France-Presse

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