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Péladeau dit qu'il se pliera aux règles d'éthique

La chef péquiste Pauline Marois accompagnée des candidats péquistes Nicolas Marceau, Élaine Zakaïb et Pierre Karl Péladeau, à Saint-Bruno-de-Montarville, le 10 mars

La chef péquiste Pauline Marois accompagnée des candidats péquistes Nicolas Marceau, Élaine Zakaïb et Pierre Karl Péladeau, à Saint-Bruno-de-Montarville, le 10 mars

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le candidat péquiste dans Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, assure qu'il se conformera aux règles de l'Assemblée nationale et suivra les directives du commissaire à l'éthique s'il est élu. Plus tôt, pourtant, le magnat des médias affirmait ne pas vouloir se départir de ses actions de Québecor même si sa chef, Pauline Marois, disait qu'il suivra les règles d'éthique.

Pierre Karl Péladeau « collabore déjà pleinement avec le commissaire à l'éthique et à la déontologie afin de définir les dispositions nécessaires pour qu'il puisse participer à la vie démocratique, et ce, dans le respect des plus hauts standards d'éthique », peut-on lire dans un communiqué du PQ diffusé lundi après-midi.

Je vais respecter la loi, le Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale, et toutes les directives qui seront énoncées par le commissaire à l'éthique et à la déontologie.

Une citation de :Pierre Karl Péladeau, dans un communiqué

Plus tôt, interrogé par des journalistes à Saint-Bruno-de-Montarville, M. Péladeau avait toutefois dit qu'il conserverait ses titres de Québecor même si le commissaire à l'éthique exigeait qu'il s'en départisse éventuellement.

« Je n'ai pas l'intention de vendre mes actions. Le mandataire qui va recevoir le mandat de gérer la fiducie va avoir des instructions claires, nettes et précises; il n'est pas question de vendre Québecor », a dit l'ancien PDG de la méga-entreprise. Il a soutenu vouloir ainsi conserver le siège social de Québecor au Québec.

La chef péquiste s'était portée à la défense de son candidat-vedette. Selon Pauline Marois, les mesures nécessaires ont été prises pour respecter les règles parlementaires. Elle a invoqué le Code d'éthique et de déontologie des députés, qui prévoit que ceux-ci doivent mettre en fiducie sans droit de regard les actions qu'ils possèdent dans une entreprise faisant affaire avec le gouvernement.

M. Péladeau a d'ailleurs dit que, s'il était élu, il placerait tous ses avoirs au sein d'une fiducie sans droit de regard. Il a également remis sa démission pour les postes qu'il occupait au sein des branches de Québecor.

De son côté, le commissaire à l'éthique affirme qu'il se penchera sur les risques de conflit d'intérêts associés aux actifs placés dans la fiducie de M. Péladeau si celui-ci est élu.

En entrevue téléphonique lundi avec les journalistes à bord de la caravane électorale péquiste, Jacques Saint-Laurent a expliqué qu'il pourrait exiger, après étude du dossier, que M. Péladeau se départisse de certains intérêts.

Si le député ignore ses suggestions, le commissaire peut instituer une enquête. Dans le cas où il conclut à un manquement, il peut imposer des sanctions allant de la réprimande à la perte du siège du député.

Qui mène au PQ?, demande Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, juge que la candidature de Pierre Karl Péladeau pose problème en raison de ses liens avec l'empire médiatique qu'il dirigeait jusqu'à très récemment.

Le chef de la CAQ a qualifié « de manque de jugement » la décision de Pauline Marois d'accepter M. Péladeau dans son équipe « sans lui demander de se départir de ses actions de [Québecor] ».

Il note aussi une contradiction flagrante entre les propos de Mme Marois et ceux de M. Péladeau.

« Qui mène au Parti québécois? C'est un test de leadership pour Mme Marois. En quelques heures, M. Péladeau a dit le contraire de Mme Marois. »

François Legault se demande si on s'achemine vers une politique de « deux poids deux mesures ».

Est-ce qu'il y a une loi pour M. Péladeau et une loi pour le reste des Québécois?

Une citation de :François Legault

La candidature de M. Péladeau pose des problèmes éthiques, selon le chef de la CAQ.

« Ça crée un vrai problème d'indépendance, et je pense que ce n'est pas souhaitable au Québec. Ça m'inquiète beaucoup de voir que le propriétaire du bloc d'actions de contrôle des plus grands médias aux Québec soit en politique en train d'être jugé par les journalistes payés par cette entreprise-là. Que ce soient eux qui choisissent les titres des journaux, qui choisissent les photos, que ce monde-là soit très proche de M. Péladeau. Je pense que ce n'est pas sain pour une démocratie », a dit François Legault.

M. Péladeau a réaffirmé que les salles de nouvelles des médias de Québecor étaient à l'abri de toute intervention.

Un documentaire controversé

La CAQ a par ailleurs déposé une plainte au Directeur général des élections (DGE) concernant le documentaire La Première, qui a été rendu disponible gratuitement sur Illico, une plate-forme de Vidéotron, filiale de Québecor.

La CAQ avance que ce film produit par Yves Desgagnés, qui dresse un portrait flatteur de Pauline Marois, constitue une forme de publicité pour le PQ. Le documentaire devrait donc faire partie des dépenses électorales du parti.

Dans un communiqué transmis lundi après-midi, la CAQ souligne également que l'article 429 de la Loi électorale interdit aux chaînes de télévision de diffuser de la publicité ayant trait aux élections dans les sept premiers jours de la campagne.

Elle demande donc au DGE de « retirer immédiatement le documentaire La Première de son programme de distribution ».

Ce film a été qualifié de « publireportage » et même de « propagande » par le chef caquiste François Legault.

Marois « irresponsable », selon Couillard

Le chef libéral, Philippe Couillard, a quant à lui accusé le PQ de ne pas avoir pris les précautions nécessaires avant de recruter M. Péladeau, qui « contrôle une grande partie des médias écrits et électroniques au Québec ». Agir ainsi est « irresponsable » de la part de Pauline Marois, juge-t-il.

« Je comprends que la fiducie est la réponse jusqu'à maintenant, mais ça ne suffit pas. Il faut demander maintenant quelle est l'influence directe de M. Péladeau dans la ligne éditoriale, dans la première page, dans le traitement de l'information des médias qu'il contrôle avant l'élection, pendant la campagne électorale et après l'élection », a dit M. Couillard en réponse à des journalistes, à Québec.

Le candidat libéral dans Mont-Royal, Pierre Arcand, soutient qu'à l'époque où il était ministre des Relations internationales, en 2009, l'opposition péquiste avait exigé qu'il se départisse de toutes ses actions de Métromédia Plus, une entreprise susceptible de transiger avec le gouvernement - ce à quoi il s'était finalement plié. Son collègue, David Whissell, avait préféré démissionner plutôt que de céder ses actifs dans sa propre entreprise d'asphaltage.

Pierre Karl Péladeau devrait-il vendre ses actions lui aussi? « Il va falloir qu'il se pose des questions, estime M. Arcand. On ne peut pas, du jour au lendemain, contrôler 50 % des médias au Québec et se lancer en politique. (...) Je pense qu'il y a une réflexion très profonde à faire là-dessus. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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