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Le Projet Saint-Laurent, au détriment des gros joueurs du multimédia

François Legault lors de son passage à Trois-Rivières, lundi

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Les entreprises oeuvrant dans le monde du multimédia et du commerce électronique risquent d'être les grands perdants du Projet Saint-Laurent de la Coalition avenir Québec, tel que présenté aux médias lundi matin à Trois-Rivières.

Un gouvernement caquiste créerait 20 « zones d'innovation » dans la vallée du Saint-Laurent afin d'attirer de nouvelles entreprises et de stimuler la création d'emplois. Quelque 2,7 milliards de dollars sur quatre ans seraient investis dans ce projet, dont la moitié environ proviendrait de l'abolition de certains crédits d'impôt à des multinationales comme Ubisoft, CGI et IBM, qui, selon le chef de la CAQ, François Legault, font de l'ombrage aux PME dans leurs secteurs respectifs.

« Il y a environ quatre compagnies qui s'arrogent la quasi-totalité des crédits d'impôts dans le multimédia », souligne le porte-parole caquiste en matière de Développement économique, Stéphane Le Bouyonnec. Ces sociétés, selon François Legault, « viennent profiter du crédit d'impôt temporairement, le temps de bâtir des produits » et ne sont pas tenues de rester au pays par la suite.

Concernant les entreprises oeuvrant dans le secteur du commerce électronique, MM. Legault et Le Bouyonnec évoquent l'exemple de CGI, arguant que 30 % des profits mondiaux de la compagnie proviendraient directement des crédits d'impôt du gouvernement québécois. 

CGI conteste les chiffres avancés par MM. Legault et LeBouyonnec. Selon l'entreprise, les crédits d'impôt représentent plutôt 7 % de ses profits et non 30 %.

Dans son cadre financier présenté la semaine dernière, la CAQ prévoit diminuer les crédits d'impôt aux entreprises de 450 millions de dollars par année. Cette enveloppe budgétaire atteint actuellement 2 milliards de dollars par année - un montant beaucoup plus élevé que dans le reste du pays, fait valoir M. Le Bouyonnec.

Dans un premier temps, la baisse des crédits d'impôt servirait surtout à permettre au gouvernement d'atteindre le déficit zéro pour 2014-2015. Les montants économisés serviraient par la suite à financer le Projet Saint-Laurent.

La CAQ souhaite également récupérer 1 milliard de dollars de la Politique économique du Parti québécois, dont 500 millions de dollars prévus pour l'électrification des transports, pour financer le Projet Saint-Laurent, dont les détails ont été largement étalés dans le livre Cap sur un Québec gagnant-Le Projet Saint-Laurent que François Legault a fait paraître l'an dernier.

Promesses d'importantes retombées

Le Projet Saint-Laurent prévoit notamment la création de 10 nouveaux parcs technologiques dans les régions de Lanaudière, des Laurentides, de la Montérégie et de Chaudière-Appalaches. La plupart de ces zones seraient construites sur des terrains contaminés, qui seraient nettoyés grâce à l'aide « des municipalités et du fédéral ».

Une coopération accrue entre le secteur manufacturier et les universités serait également promue. Les facultés des sciences de la vie et d'ingénierie sont particulièrement visées par ce projet.

À terme, cette Silicon Valley québécoise pourrait permettre de créer 103 000 nouveaux emplois, estime François Legault, qui promet un total de 200 000 emplois sur quatre ans à l'échelle du Québec.

Les retombées économiques du Projet Saint-Laurent sont évaluées par la CAQ à plus de 16 milliards de dollars.

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