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Le saut politique de PKP sème l'émoi dans les médias

La une du Journal de Montréal le 10 mars 2014

Radio-Canada

La décision du magnat de la presse Pierre Karl Péladeau de se porter candidat du Parti québécois dans Saint-Jérôme laisse perplexe une bonne partie de la classe médiatique. Alors que les quotidiens de Québecor Média défendent leur indépendance, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) évoque un « mélange explosif ».

Dans un communiqué transmis lundi matin, la FPJQ réitère sa confiance dans « l'impartialité et le professionnalisme des journalistes de Québecor et ne met nullement en doute la neutralité de sa direction de l'information ». « Mais la société québécoise ne peut pas se permettre de faire reposer sur leurs seules épaules l'indépendance que les médias doivent maintenir à l'égard du pouvoir politique », poursuit-elle.

Le mélange entre une éventuelle haute fonction politique au gouvernement et la propriété de 40 % de l'information au Québec est explosif.

Communiqué de la FPJQ

Comme plusieurs, la FPJQ considère que M. Péladeau doit non seulement céder la gestion de son patrimoine à un mandataire indépendant, mais qu'il doit aussi vendre ses actions de Québecor s'il est élu le 7 avril prochain.

« M. Péladeau a un choix de carrière à faire, écrit-elle. Comme entrepreneur, il sait qu'on ne peut pas aller dans toutes les directions à la fois. Choisir, c'est devoir renoncer à certaines choses. »

Indépendance éditoriale

Pendant ce temps, les quotidiens de Québecor Média défendent leur indépendance, faisant valoir qu'ils « n'ont jamais dit à leurs lecteurs pour qui voter, ou comment penser » et que « cela ne changera pas aujourd'hui ».

« La décision de M. Pierre Karl Péladeau de se lancer en politique ne changera rien ni à la couverture de l'actualité, ni aux opinions publiées dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec », écrit le vice-président Information de Sun Média Québec et rédacteur en chef du Journal de Montréal, Dany Doucet, dans un texte publié lundi matin.

« Nos chroniqueurs et blogueurs sont indépendants et de grande réputation, poursuit-il. Ils n'accepteraient jamais de se faire dicter une façon de penser et, si cela se faisait, ils seraient les premiers à le dénoncer. »

Si [M. Péladeau] ou le PQ connaissent des journées plus difficiles, ils auront droit au traitement qui convient.

Dany Doucet, vice-président Information de Sun Média Québec et rédacteur en chef du Journal de Montréal

La chef péquiste, Pauline Marois, a d'ailleurs rappelé au cours d'un point de presse lundi matin que Le Journal de Montréal pouvait parfois être très dur envers le Parti québécois.

« Il est assez critique sur ce que nos posons comme geste, a-t-elle constaté. Par contre, il y a aussi des gens de toutes les tendances, alors je vais laisser la population faire son choix. »

En entrevue à ICI Radio-Canada Première, Pierre Karl Péladeau a réitéré lundi qu'il ne détenait plus de poste de direction au sein de Québecor et que les responsables des journaux du groupe continueraient de faire leur travail.

« Si Le Journal de Montréal est numéro un, c'est aussi parce que c'est la tribune de tout ce qui est possible d'avoir comme opinion », a plaidé M. Péladeau en entrevue avec Marie-France Bazzo.

Plus tard, le candidat péquiste dans Saint-Jérôme a affirmé qu'il existait la même diversité d'idées au sein du Parti québécois. « C'est une merveilleuse équipe qui reflète justement tous les courants qui existent dans la société », a-t-il dit.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, est parmi ceux qui ont soulevé des questions éthiques en lien avec la candidature de Pierre Karl Péladeau. Il s'est dit très inquiet de l'indépendance du réseau TVA et de l'agence QMI durant la campagne électorale.

Politique