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Inconduites à caractère sexuel à l'Université d'Ottawa : peut-on parler de « culture du viol »?

Le pavillon Desmarais héberge l'École Telfer de l'Université d'Ottawa.

Radio-Canada

Le récent incident de clavardage sexiste à l'Université d'Ottawa et la suspension du programme de hockey interuniversitaire masculin de l'institution, à la suite du déclenchement d'une enquête sur une affaire d'agression sexuelle, ont été qualifiés par certains membres de la communauté universitaire comme étant des preuves de l'existence d'une « culture du viol » sur le campus.

Or, l'utilisation de cette expression ne fait pas l'unanimité, comme en font foi plusieurs messages véhiculés sur les médias sociaux.

L'auteure du blogue « The Belle Jar (Nouvelle fenêtre) », Anne Thériault, qui a été la première à ébruiter les propos sexistes de cinq étudiants de l'Université d'Ottawa, se dit surprise par certaines réactions.

L'auteure du blogue « The Belle Jar », Anne Thériault.

L'auteure du blogue «The Belle Jar», Anne Thériault.

« Je pensais que les autres gens comprendraient que ça c'est le terme approprié », affirme-t-elle.

D'abord utilisée dans les années 1970 par des féministes américaines, l'expression « culture du viol » décrivait une société qui croyait que les agressions sexuelles étaient rarissimes.

Certains suggèrent des nuances

Le terme mérite maintenant d'être nuancé selon d'autres, qui notent qu'il serait plus approprié de parler d'une culture de violence contre les femmes, dans une société où elle est souvent banalisée.

« Ce qui s'est passé, c'est que ça a changé de forme, c'est devenu plus acceptable, plus intégré dans la culture populaire, c'est devenu plus banal, aussi. Mais aussi, c'est devenu non problématique », explique la sociologue Diane Pacom.

C'est une société où on blâme beaucoup les victimes et on protège les agresseurs. D'écrire que la présidente, « je vais la [NDLR : explicite] », et que l'autre va lui payer une bière s'il le fait, je m'excuse, ce n'est pas de la sexualité, c'est une agression à caractère sexuel.

Josée Guindon, gestionnaire du CALACS francophone d'Ottawa

Toutefois, la gestionnaire du CALACS francophone d'Ottawa, Josée Guindon, croit que l'expression a plus que jamais sa place de nos jours.

La gestionnaire du CALACS francophone d'Ottawa, Josée Guindon.

La gestionnaire du CALACS francophone d'Ottawa, Josée Guindon.

Photo : Olivier Plante

« On voit continuellement des femmes agressées sexuellement, donc ça fait comme partie de notre quotidien et indirectement on l'accepte », affirme-t-elle.

Mme Pacom rappelle elle aussi que la violence sexuelle est si présente qu'elle fait maintenant profondément partie de nos mœurs, peu importe le nom qu'on lui attribue.

Elle ajoute qu'« il y a des jeunes garçons qui ne voient pas le problème comme étant un problème de violence et des jeunes filles qui sont moins critiques par rapport à ça ».

D'après le reportage de Mathieu Lacombe.

Grand Montréal

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