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La Crimée veut être annexée à la Russie 

Des militants pro-russes manifestent à l'extérieur de la base aérienne de Belbek, près de Sébastopol, en Crimée

Photo : AFP / FILIPPO MONTEFORTE

Radio-Canada

Le Parlement de la Crimée a adopté jeudi à l'unanimité une motion réclamant son annexion à la Russie. Un référendum sur la question doit avoir lieu le 16 mars. 

Au cours de ce plébiscite, les citoyens de la petite république autonome devront décider s'ils souhaitent que la Crimée continue à faire partie de l'Ukraine, ou s'ils préfèrent un rattachement à la Russie, a annoncé jeudi le vice-premier ministre de Crimée, Roustam Temirgaliev.

Les membres du Parlement de Crimée pourraient aussi adopter sous peu la monnaie nationale russe, le rouble, a ajouté M. Temirgaliev.

Advenant une annexion à la Russie, le gouvernement criméen compte « nationaliser tous les biens d'État » de la région.

« Toutes les entreprises nationales ukrainiennes de Crimée seront nationalisées et deviendront propriété de la Crimée autonome », a déclaré le vice-premier ministre Roustam Temirgaliev.

Il n'a cependant pas précisé si ces « biens d'État » comprennent le matériel militaire et les bases ukrainiennes de Crimée qui sont assiégées, sinon complètement sous contrôle de forces armées prorusses depuis une semaine. Quant aux forces ukrainiennes, elles devront se rendre ou quitter le territoire, a décrété le vice-premier ministre Temirgaliev.

Les forces ukrainiennes en Crimée seront considérées comme occupantes et doivent se rendre ou partir.

Roustam Temirgaliev, vice-premier ministre de Crimée

« Au bout d'un canon de fusil »

Réagissant à cette manoeuvre politique du Parlement de Crimée, le président ukrainien par intérim, Olexandre Tourtchinov, a déclaré que les autorités qui dirigent actuellement sont illégitimes, car ils agissent « au bout d'un canon de fusil ».

Pour sa part, l'ancienne opposante ukrainienne Ioulia Timochenko demande à l'Europe d'empêcher la Crimée de rejoindre la Russie.

« Si vous autorisez la Russie à organiser, sous la menace, le 16 mars, un référendum sur l'annexion de la Crimée, vous perdrez l'Ukraine et la stabilité dans l'ensemble du monde », a-t-elle déclaré.

Selon elle, l'Ukraine est trop faible pour affronter Moscou et le recours à la force ne doit pas être exclu. « Stopper l'agression russe n'est pas seulement une question d'instaurer la liberté en Ukraine. Nous parlons de la liberté dans l'ensemble de la région. Nous parlons de guerre ou de paix en Europe », a-t-elle affirmé.

Majoritairement russophone

La péninsule de Crimée, qui est peuplée à 58% de russophones, a été offerte en cadeau à l'Ukraine par la Russie en 1954, sous l'ère soviétique. Le reste de la population de Crimée, qui se chiffre à 2,3 millions d'habitants, se compose de 24% d'Ukrainiens et de 12% de Tatars, une ethnie locale déportée sous le régime stalinien.Les Tatars de Crimée sontrevenus sur leurs terres seulement après la chute de l'URSS, au début des années 1990.

SelonLe Monde.fr, le gouvernement de Crimée a promis à la minorité tatare le droit de parler sa langue dans les écoles. Une promesse assortie d'une enveloppe de 18 millions d'euros (27 millions $ CAN) de la part de Moscou.

De leur côté, les États-Unis et le Canada ont réagi en qualifiant le futur référendum de « violation du droit international ». 

Interpol enquête sur Ianoukovitch

Par ailleurs, Interpol examine la demande du gouvernement ukrainien par intérim qui veut faire arrêter le président déchu Viktor Ianoukovitch pour abus de pouvoir et meurtres.

L'organisation de police internationale doit étudier la conformité de la demande, qui lui est parvenue mercredi.

Viktor Ianoukovitch s'est réfugié en Russie après avoir quitté l'Ukraine le 22 février dernier.

L'Union européenne a annoncé jeudi l'adoption de nouvelles sanctions contre les membres du gouvernement du président déchu.

Les avoirs de l'ex-chef d'État ukrainien et de 17 autres personnes, dont l'ancien premier ministre Mikola Azarov, sont maintenant gelés sur tout le territoire de l'Union européenne.

Viktor Ianoukovitch et son gouvernement sont jugés responsables par l'UE du « détournement de fonds publics ukrainiens et de leur transfert illicite en dehors d'Ukraine. »

Le nouveau premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, estime que le gouvernement du président Viktor Ianoukovitch a subtilisé près de 40 milliards de dollars de fonds publics en trois ans.

Mercredi, l'UE a par ailleurs annoncé le versement d'une aide de 11 milliards d'euros sur deux ans à l'Ukraine sous forme de dons et de prêts.

Avec les informations de Reuters

International