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Oui à Enbridge pour l'inversion du flux de pétrole vers Montréal

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'Office national de l'énergie autorise Enbridge à inverser le sens de l'écoulement du pétrole dans la canalisation 9B, qui relie North Westover, en Ontario, à Montréal, estimant « qu'il est dans l'intérêt public d'approuver le projet ».

Le tribunal de réglementation fédéral a cependant imposé un certain nombre de conditions et exigences que l'entreprise devra satisfaire.

Il lui impose par exemple de s'assurer de l'intégrité du pipeline, notamment en corrigeant toutes les anomalies du tronçon Sarnia-Montréal, comme les fissures ou les parties abimées par la corrosion. Enbridge devra aussi déposer un plan d'urgence en cas de déversement.

L'Office, qui affirme avoir entendu tous les opposants au projet, conclut qu'il sera « sécuritaire et écologique ».

Depuis 1999, la canalisation 9 transporte du pétrole de Montréal jusqu'à Sarnia. Enbridge voulait en inverser le flux pour approvisionner des raffineries de l'Ontario et du Québec avec du pétrole albertain, moins cher que le brut en provenance d'outre-mer. Il s'agit en fait d'un retour au sens de l'écoulement approuvé à l'origine, en 1975.

La pétrolière avait déjà reçu ce feu vert pour la section d'oléoduc 9A reliant Sarnia à North Westover, près de Hamilton.

Hausse du flux journalier

Le tribunal de réglementation fédéral s'est aussi prononcé en faveur de la demande d'Enbridge sur l'accroissement de la capacité sur l'ensemble de la canalisation 9.

Enbridge pourra ainsi, comme souhaité, faire passer de 240 000 à 300 000 le nombre de barils de pétrole brut acheminés par jour vers l'est du pays.

Selon l'Office, c'est cet aspect qui a suscité le plus de d'inquiétudes, mais ajoute que les conditions imposées répondent aux préoccupations de l'ensemble du projet. 

Le tribunal s'est aussi prononcé en faveur des méthodes de tarification proposées par Enbridge.  

La compagnie devra toutefois refaire une demande d'autorisation auprès de l'Office lorsqu'elle voudra mettre en oeuvre l'inversion du pipeline. Enbridge a tenté de se soustraire à cette deuxième demande d'autorisation, ce qui lui a été refusé.  

Écrivez votre code postal dans la carte pour savoir à quelle distance de votre résidence passe l'oléoduc :

Un projet soutenu...

Une commission parlementaire tenue cet automne à l'Assemblée nationale avait recommandé au gouvernement du Québec d'aller de l'avant avec ce projet, mais en fixant 18 conditions.

Parmi elles : avoir des garanties quant à l'étanchéité de l'oléoduc, obtenir plus d'information sur la quantité et le type de pétrole transporté, et surtout, s'assurer que la compagnie prévoira des fonds en cas de catastrophe. Enbridge s'était engagée à analyser le rapport de la commission, sans faire de promesses.

L'appui du gouvernement Marois était déjà manifeste. La ministre déléguée à la Politique industrielle, Élaine Zakaïb, avait déjà déclaré lors de la commission parlementaire que l'oléoduc « contribuerait à améliorer l'ensemble de l'activité économique du Québec ». Son collègue au Développement durable et à l'Environnement, Yves-François Blanchet, avait plaidé que le Québec « ne peut pas demain s'imposer le choc économique de renoncer au pétrole ».

Le maire de la Ville de Montréal, Denis Coderre, avait appuyé le projet sous conditions. Il estimait qu'il faut faire toutes les études environnementales nécessaires pour s'assurer qu'il n'y aura pas de risque d'accident.

et dénoncé

Le projet d'Enbridge a cependant ses opposants, dont les environnementalistes (Nouvelle fenêtre), qui s'inquiètent de l'état de l'oléoduc, et qui ne manquent pas de critiquer le bilan de la compagnie en matière de sécurité. « La question du pipeline d'Enbridge n'est pas de savoir s'il va y avoir un déversement. La question est : où et quand? », s'était notamment alarmé Nicolas Mainville de Greenpeace lors de la commission parlementaire.

Les Premières Nations Chippewas et Aamjiwnaang craignent aussi une catastrophe environnementale susceptible de contaminer leurs territoires de chasse et de pêche.

En septembre dernier, l'émission Enquête a révélé qu'Enbridge allait devoir procéder à environ 600 excavations le long de la canalisation 9B afin d'assurer l'intégrité de cette conduite vieille de presque 40 ans, ce qui équivaut pratiquement à une excavation par kilomètre. La compagnie disait alors en faire plus que nécessaire pour examiner - et réparer au besoin - les anomalies qu'elle y a détectées.

Conduite à risque
Avec les informations de La Presse canadienne

Grand Montréal

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