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La CAQ propose moins de taxes et un gel du nombre de fonctionnaires

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François Legault

François Legault

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Coalition avenir Québec veut remettre 1000 $ aux familles en abolissant progressivement la taxe santé et la taxe scolaire. La formation compte aussi geler le nombre total d'employés de l'État québécois.

C'est ce qu'a annoncé jeudi matin le chef de la CAQ, François Legault, à Québec, où il présentait les grandes lignes de son cadre financier. M. Legault était accompagné pour l'occasion du porte-parole de sa formation en matière de finances, Christian Dubé.

Un gouvernement de la CAQ abolirait la taxe santé – une mesure que le parti prône depuis plusieurs mois – dès le 1er janvier pour les gens gagnant moins de 45 000 $ par année. L'année suivante, la mesure serait étendue à tous les contribuables.

Dans les deux années suivantes, la CAQ abolirait aussi la taxe scolaire (Nouvelle fenêtre). En combinant ces mesures, François Legault estime que le gouvernement pourrait remettre 1000 $ à chaque famille, en moyenne.

Y a des limites à taxer les familles du Québec. Ce qu'on dit aux familles étouffées par le fardeau fiscal, c'est : "On vous a entendues."

Le chef de la CAQ, François Legault

L'abolition de ces taxes coûterait quelque 2 milliards de dollars à l'État. Pour compenser cette perte de revenus, la CAQ veut geler pendant quatre ans le nombre total d'employés de l'État, que le parti chiffre à 570 000. La CAQ craint qu'avec un gouvernement péquiste ce nombre monte à 600 000 dans les prochaines années.

Pour atteindre cet objectif, M. Legault propose de réduire le nombre de postes dans les secteurs administratifs, en comptant sur les départs à la retraite et la révision de structures comme les commissions scolaires et les agences de santé. La formation politique souhaite parallèlement augmenter le nombre de fonctionnaires dans les « services de première ligne », notamment en santé et en éducation.

« Il n'y aura pas de mises à pied. On va utiliser les départs à la retraite des baby-boomers, assure François Legault. On aura une meilleure efficacité des services, moins de rapports, et une diminution de taxes pour les Québécois. »

La CAQ vise le retour à l'équilibre budgétaire dès l'an prochain.

comparatif

Crédits d'impôt, TI, lutte contre la corruption

D'autres mesures de réduction des dépenses touchent la réorganisation des crédits d'impôt, pour générer des économies de 450 millions de dollars, ainsi que la refonte de la gestion et de l'informatique au sein des ministères, qui ferait épargner 300 millions à l'État, selon la CAQ.

Le parti estime par ailleurs que la lutte à la corruption et à la collusion dans l'attribution des contrats publics ferait économiser un autre 300 millions de dollars.

« Beaucoup de Québécois pensent que ce n'est pas possible de baisser les taxes. On s'est fait promettre ça souvent par les libéraux et les péquistes. Ces deux vieux partis n'ont jamais livré la marchandise. Le message que je veux lancer aux Québécois, c'est : "Ne soyez pas résignés." Ce n'est pas une fatalité de toujours augmenter les taxes et les tarifs, on peut les diminuer », a dit François Legault en conférence de presse.

Mercredi, le chef de la CAQ a donné le coup d'envoi de sa campagne électorale en s'engageant à combattre le fatalisme des électeurs au cours des 33 prochains jours.

Un cadre irréaliste, selon le PQ

Le Parti québécois juge que le cadre financier de la CAQ ne tient pas la route, et que « François Legault est désespéré » et est « prêt à promettre n'importe quoi ».

En point de presse jeudi après-midi, le candidat péquiste dans Rousseau et ministre des Finances sortant, Nicolas Marceau, a dit que la CAQ comptait abolir quelque 35 000 postes « imaginaires », alors que le nombre de fonctionnaires a peu ou pas augmenté ces dernières années – 700 emplois en 3 ans – et que le PQ ne prévoit pas d'accroissement substantiel de ce nombre.

M. Marceau s'en prend donc aux « coupes magiques » que veut effectuer la CAQ. Il estime que la Coalition devra nécessairement faire des compressions qui réduiront les services publics pour atteindre ses cibles de dépenses.

« Le vérificateur général nous trouve ambitieux de limiter la croissance des dépenses en santé et en éducation à 3 %, ce qui correspond à une hausse des dépenses consolidées de 2,5 %. Or, Legault compte contenir ça à 0,9 %. Que penserait le vérificateur général du rapport de la CAQ? Il est évident que ça prendrait des coupes massives en santé et en éducation », affirme Nicolas Marceau.

M. Marceau croit aussi que les abolitions de subventions ou de crédits d'impôt prévues par la CAQ nuiraient à l'économie.

La réplique de François Legault n'a pas tardé. « Notre cadre tient la route, et je trouve que M. Marceau est très mal placé pour faire des commentaires sur notre cadre financier, lui qui a avoué s'être trompé beaucoup », a rétorqué le chef caquiste, faisant référence au déficit de 2,5 millards de dollars enregistré par le gouvernement du Québec pour l'année financière 2013-2014.

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