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La Russie est « du mauvais côté de l'histoire », prévient Obama

Décryptage de la situation en Crimée avec le politologue Dominique Arel et Daniel Caron, ex-ambassadeur canadien en Ukraine
Radio-Canada

Les dirigeants occidentaux cherchent toujours une solution diplomatique à la crise en Ukraine, mais multiplient tout de même les menaces de sanctions contre la Russie.

Un peu plus tôt lundi, le président américain Barack Obama a indiqué que toute la communauté internationale rejetait l'intervention de Moscou en Ukraine et que la Russie était « du mauvais côté de l'histoire ».

Je pense que le monde est largement uni pour reconnaître que les mesures prises par la Russie représentent une violation de la souveraineté ukrainienne [...] et une violation du droit international.

Barack Obama

Le président a également mis en garde Moscou contre d'éventuelles représailles, à la fois économiques et diplomatiques.

En fin de journée lundi, les États-Unis ont suspendu leur coopération militaire avec la Russie, notamment les manœuvres militaires et les déplacements de bâtiments de guerre dans les ports des deux pays.

De son côté, le Canada a durci le ton, lundi, et a brandi la menace de sanctions économiques envers l'Ukraine. Le ministre John Baird a même comparé la présence des troupes russes en Crimée à l'invasion par Hitler des Sudètes.

Exercices de diplomatie

Plusieurs autres tentatives diplomatiques pour faire baisser la tension en Ukraine ont eu lieu lundi.

À Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont mis en garde la Russie contre de possibles sanctions si elle refuse de désamorcer la crise ukrainienne. L'Europe propose également une médiation entre Kiev et Moscou.

« Il faut que ces soldats [russes] retournent dans leurs casernes. Nous sommes très inquiets à propos des mouvements aériens, à propos des informations sur des mouvements de troupes », a déclaré la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Aucune date butoir n'a cependant été fixée. Des décisions pourraient être prises jeudi lors d'un Conseil européen extraordinaire.

De son côté, l'OTAN doit tenir mardi une nouvelle réunion de crise sur la situation en Ukraine, à la demande de la Pologne, qui estime que sa sécurité est menacée.

Après une première réunion dimanche, le secrétaire général de l'OTAN avait accusé la Russie de « menacer la paix et la sécurité en Europe ».

La Grande-Bretagne a été plus alarmiste. La situation en Ukraine est la crise la plus inquiétante à laquelle l'Europe a fait face depuis le début de 21e siècle, a estimé lundi le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

« Personne en Russie ne veut la guerre »

De son côté, le vice-ministre aux Affaires étrangères a assuré que la Russie n'avait aucune intention d'entrer en guerre avec l'Ukraine.

« Nous soutiendrons toutes les forces favorables au renforcement de nos relations bilatérales, d'autant plus que la stabilité en Europe dépend de ces relations », a déclaré Grigori Karassine. « Les hommes politiques occidentaux, qui nous traitent maintenant de tous les noms, de moins que rien, doivent comprendre cela. »

Il a ajouté que le président Vladimir Poutine avait demandé à la Douma, et obtenu, le droit d'utiliser l'armée en Ukraine pour démontrer « le sérieux des intentions de la Fédération de Russie. »

La Russie a demandé un retour à l'entente qui avait été signée le 21 février dernier par le président déchu Viktor Ianoukovitch et les leaders de l'opposition.

Cette entente, qui avait été signée après un bain de sang dans les rues de Kiev, prévoyait la formation d'un gouvernement d'unité nationale pour diriger le pays jusqu'à la tenue d'une élection anticipée d'ici la fin de l'année.

Par ailleurs, l'administration russe a annoncé avoir discuté de la situation en Ukraine avec la Chine. Les deux pays sont sur la même longueur d'onde, a dit le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. La Chine et la Russie disposent d'un veto au Conseil de sécurité de l'ONU.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, Associated Press, et La Presse canadienne

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