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Éducation francophone au N.-B. : un système public qui déçoit des parents

Élèves en classe

Élèves en classe

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le système d'éducation publique francophone au Nouveau-Brunswick déçoit des parents, qui choisissent de se tourner vers les écoles privées anglophones, répondant mieux aux besoins de leurs enfants, selon eux. 

Julie Arsenault a fait ce choix pour son fils Axel. Même si elle n'était pas pratiquante, elle a préféré envoyer son fils dans une école chrétienne anglophone. Elle estime que le système public manque de ressources, que les élèves sont trop nombreux par classe et que les enseignants sont débordés.  De plus, Axel étant bilingue, la langue ne posait pas problème. 

« C'est bien qu'on ait un beau projet de société, qu'on veut inclure tout le monde, mais quand on veut que nos enfants s'épanouissent et qu'on a les sous pour le faire, et bien, c'est triste à dire, mais on se tourne souvent vers l'école privée. »

— Une citation de  Julie Arsenault, mère d'un élève fréquentant l'école privée

La famille de Julie Arsenault est arrivée à Moncton, il y a un an et demi. Selon Julie, son fils avait des aptitudes scolaires avancées, et étant né en janvier, il était un des plus âgé de sa classe. L'école refusait toutefois de lui faire sauter un niveau.

La directrice générale du District francophone sud, Monique Boudreau, explique qu'il s'agit effectivement de cas d'exceptions. 

« Ça arrive rarement, mais ça arrive. C'est sûr qu'au niveau du développement intellectuel du jeune, on va regarder cet aspect-là, mais il y a aussi son développement global, ses aptitudes sociales » explique-t-elle.  

Julie Arsenault et son conjoint ont donc décidé d'inscrire Axel dans une école anglophone privée religieuse, au coût annuel de 4 500 dollars. Elle tient à préciser qu'elle ne dénigre pas le système francophone. 

« C'était vraiment juste le fait qu'ils n'étaient pas prêts à le mettre dans un niveau qui lui convenait. Si ça avait été le cas, sûrement qu'il serait allé dans une école francophone parce que c'est important pour nous qu'il parle français. C'était ça l'idée au départ [...] qu'il ait des acquis qui soient, des compétences,des acquis scolaires qui soient plus avancés, qu'on lui donne des défis à relever et pas seulement qu'il attende que la journée passe ». 

Un concept d'école communautaire entrepreunariale pour personnaliser l'apprentissage

Il n'existe pas d'école privée francophone au Nouveau-Brunswick, mais depuis quelques années, l'école publique tente de répondre à ce besoin d'apprentissage personnalisé par le biais d'écoles communautaires entrepreunariales. 

Ce concept sera d'ailleurs implanté partout à travers le réseau francophone de la province.

Monique Boudreau, d.-g. du District francophone Sud, explique le concept d'école entrepreunariale

Il y a quelques années, des parents de Dieppe ont tenté de mettre sur pied une école privée francophone, l'Académie Maris Stella. Le projet est toutefois mort dans l'oeuf. 

« Les gens n'ont pas accueilli à bras ouverts une école privée qui pouvait avoir sa place. Je vois aucun inconvénient qu'il y ait une école privée, ça va pas détruire le système public » estime Valentin Todoroff, qui espère toujours qu'une école privée francophone voit le jour dans la province.

Le professeur de fondement de l'éducation de l'Université de Moncton, Mathieu Lang, ne croit pas que cela soit une bonne idée. 

« Est-ce que c'est sain qu'il y ait une compétition commerciale entre des écoles? Après tout, ce sont des enfants. Il s'agit de l'avenir de la société, c'est la société. Est-ce qu'on veut en faire une marchandisation et parler de clientèle d'élèves, là on commence à tomber dans un jeu dangereux. »

— Une citation de  Mathieu Lang, professeur de fondement de l'éducation, Université de Moncton


Contrairement à ce qui se fait dans d'autres provinces, les écoles privées du Nouveau-Brunswick ne sont pas reconnues par le ministère de l'Éducation et ne reçoivent pas un denier public.

De plus, les élèves terminent leur parcours sans diplôme d'études secondaires.

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