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Réforme de l'assurance-emploi : difficiles conséquences

Le reportage d'Hervé Gaudreault
Radio-Canada

Une femme d'affaires de Baie-Comeau constate que la réforme de l'assurance-emploi provoque des conséquences désastreuses pour son entreprise, le Centre Jardin Trudel.

Non seulement Manon Côté est confrontée à des problèmes financiers et à un manque de relève, mais ses employés sont aussi harcelés par les enquêteurs fédéraux. Ce contexte difficile pourrait forcer Mme Côté à mettre un terme à ses activités à court ou moyen terme.

Le Centre Jardin Trudel emploie 45 personnes dans les secteurs de l'horticulture, de l'aménagement paysager et du déneigement. Les travailleurs sont presque tous engagés sur une base saisonnière,

La réforme de l'assurance-emploi met l'entreprise en péril, selon la gérante du centre jardinier, Mme Côté. « L'effet concret, explique-t-elle, est sur le plan budgétaire parce que, présentement, je suis obligée d'ouvrir mon entreprise 12 mois par année, beaucoup plus longtemps, pour garder mes employés parce qu'ils ont très peur. »

Pour garder ses employés clés, Manon Côté fait davantage de commerce au détail et empiète ainsi dans les plates-bandes d'autres entreprises.

« En allant chercher d'autres revenus, bien c'est la communauté qui écope à côté, affirme Mme Côté. Si je vends des articles de Noël, il y en a moins qui vont en vendre. Si je vends des fleurs, il y a moins de fleuristes qui vont en vendre. Quelque part, y a des commerces qui vont écoper parce que le marché est pas assez grand ici pour supporter tout ça là. »

De toute façon, l'entreprise mine sa santé financière en payant trop de salaires en saison morte.

Il va y avoir une fin un jour parce que je ne pourrai pas, continuellement, puiser dans les profits pour pouvoir payer les employés. C'est impossible !

Manon Côté, gérante du Centre Jardin Trudel

Contrairement aux hivers précédents, elle a eu du mal à trouver du personnel de déneigement. Elle croit que cette situation n'est pas étrangère au nouveau système de calcul qui retranche 50 % des revenus gagnés sur les prestations des chômeurs qui travaillent à temps partiel.

« Les gens que j'engageais qui descendaient du chantier de La Romaine étaient sur le chômage. C'était des hommes d'un certain âge qui voulaient gagner un peu plus leur vie. Maintenant, je n'en trouve plus parce qu'ils sont trop coupés. »

Manon Côté affirme qu'une économie souterraine, basée sur le travail au noir, est en train de se développer.

« Je n'ai jamais embarqué dans ce roulement-là, assure Mme Côté, mais je sais qu'il y a des entreprises qui n'ont pas le choix de le faire, sinon, ils n'ont pas de personnel. »

« Ils incitent vraiment les gens à frauder carrément le système, poursuit-elle. C'est ça qui va arriver. Et ça, ils n'auront pas d'impact là-dessus. »

En ce sens, elle estime que le gouvernement fédéral lui-même va faire les frais de sa réforme.

D'après le reportage d'Hervé Gaudreault

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