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Itinérance : les solutions de Vancouver

abris urgence vancouver

Les abris d'urgence de Vancouver ont été ouverts pour les itinérants. Les 160 places des quatre centres étaient occupées au cours de la nuit de mardi à mercredi.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Comme toutes les grandes villes, Vancouver est aux prises avec le problème de l'itinérance. La Ville et la province travaillent main dans la main pour essayer d'enrayer le fléau. Ainsi, des millions de dollars sont dépensés chaque année pour faire reculer le nombre de sans-abri.

Un texte de Frédéric ArnouldTwitterCourriel

Alain Goulet a 55 ans. Il n'a jamais vécu entre quatre murs, passant le plus clair de son temps à habiter dans un véhicule récréatif qui est devenu son refuge. Jusqu'à il y a un peu plus d'un an et demi lorsqu'on lui a volé. Depuis, il vit dans sa voiture une petite Pontiac Sunbird 1991. On y trouve des couvertures, un peu de vaisselle et quelques habits. « C'est pas facile, mais je ne me décourage pas », nous dit-il, d'un air désinvolte.

Des progrès à coup de millions de dollars

Il fait partie des 273 sans-abri de la ville, un chiffre très précis, et pour cause, Vancouver est la seule ville au Canada qui, chaque année, recense ses itinérants. Ce chiffre grimpe à 1600 lorsqu'on y ajoute ceux qui habitent dans les refuges, qui ont été ouverts en grand nombre depuis 2008 par la Ville de Vancouver. Une stratégie qui aurait permis de réduire le nombre de sans-abri de 60 % en cinq ans.

Un progrès qui a son prix, puisque Vancouver dépense chaque année un peu plus de 10 millions de dollars en programmes sociaux, dont le quart juste pour le logement social.

L'objectif, selon la métropole, est qu'il n'y ait plus personne qui vive dans la rue d'ici 2015. Un but audacieux, mais nécessaire, selon Kerry Jang, conseiller municipal de Vancouver, qui estime que sans ce genre d'objectif à atteindre, rien ne se ferait.

Une police communautaire

En plus du logement social, Vancouver a aussi innové avec la présence d'une police plus communautaire au centre-ville. Elle a été la première ville canadienne à se doter d'une structure spécifique en 2009.

Une seule personne à temps plein est assignée à ce département, mais elle reçoit le coup de main de 200 patrouilleurs qui sillonnent les rues de la ville, 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Jodyne Keller de la police de Vancouver a constaté des progrès en cinq ans, car même si le centre-ville de Vancouver continue d'attirer les plus démunis qui viennent aussi des autres provinces ou encore d'anciens détenus, des toxicomanes et des personnes qui souffrent de troubles mentaux, le nombre de sans-abri semble rester stable.

La police de Vancouver met cela sur le compte de l'efficacité de la relation de confiance bâtie année après année avec la population itinérante. La police a réussi, selon Jodyne Keller, à sortir de la rue bien des sans-logis pour les reloger dans les refuges.

Manque de vision?

Mais la situation est loin d'être parfaite, car ce qui fait défaut, selon Érik Desbois, intervenant social de la Boussole, c'est une stratégie bien coordonnée à long terme. Il parle d'« initiatives pansements » depuis 15 ans qu'on utilise soit pour le logement, la toxicomanie ou la santé mentale. Chaque année a sa priorité au gré des problèmes qui se présentent.

Quoi qu'il en soit, Alain Goulet, lui, dormira pour la première fois entre les quatre murs d'un logement social dès vendredi soir. Il a finalement accès à un logement qu'il paiera 350 $ par mois. « Je suis heureux, j'ai hâte de rentrer dans mon appartement », nous a-t-il dit.

Quant à sa fière Sunbird 1991, il la mettra en vente très bientôt. Histoire de se faire un peu d'argent de poche pour rendre son quotidien plus agréable.

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