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Autoriser ou non la manipulation génétique lors de la fécondation

Fécondation in vitro
Radio-Canada

L'Agence américaine responsable des produits alimentaires et médicamenteux (la Food and Drug Administration, la FDA) se penche sur une nouvelle technique controversée de fécondation in vitro jusqu'ici expérimentée seulement sur des singes.

Cette technique combine l'ADN de trois personnes pour créer un embryon exempt de certains défauts génétiques responsables de maladies héréditaires incurables.

Après avoir entendu les recommandations d'un comité consultatif d'experts sur la sûreté de l'utilisation de cette procédure dans des essais cliniques, la FDA devra décider si elle permet d'y recourir.

La technologie consiste à retirer de l'ovule de la mère sa mitochondrie, soit le générateur d'énergie de la cellule, si elle est défectueuse, pour la remplacer par une mitochondrie saine provenant d'une autre femme. L'ovule est ensuite fécondé par le sperme du père en laboratoire, puis implanté dans l'utérus de la mère.

En utilisant cette technique, son inventeur, Shoukhrat Mitalipov, un chercheur à l'Université des sciences et de la santé de l'Oregon, a réussi à faire naître cinq singes en parfaite santé.

Chaque année, de 1000 à 4000 enfants qui naissent aux États-Unis développent une maladie mitochondriale, pour la plupart avant l'âge de 10 ans. Ce type de maladie empêche certaines cellules de convertir les nutriments alimentaires en énergie et entraîne des pathologies variées qui peuvent toucher le système nerveux central, provoquer la cécité ou causer des problèmes cardiaques.

Questions éthiques en vue

Malgré son énorme potentiel médical, la nouvelle technique de fécondation a déjà ses détracteurs.

Le Center for Genetics and Society, un organisme de Washington, a organisé une pétition contre son autorisation, estimant que la procédure « soulève de sérieuses questions de sûreté et d'éthique pour la société ».

« Il s'agit d'une procédure biologiquement extrême qui pose un risque pour tout enfant conçu de cette manière et qui remet en question un consensus international de longue date contre la conception d'humains fabriqués génétiquement », a indiqué à ce sujet dans un communiqué Marcy Darnovsky, directrice de l'organisme.

« Cette technique comporte un nombre étendu de risques prévisibles et imprévisibles pour tout enfant né de cette manière, ainsi que pour les générations futures. Elle pourrait ouvrir la voie à d'autres manipulations génétiques des cellules germinales », poursuit-elle.

À la poursuite de l'ovule parfait

Des scientifiques américains ont déjà fait sur des humains des expériences réussies de fécondation in vitro combinant des matériaux génétiques provenant de trois personnes, mais selon une technique différente visant à traiter l'infertilité.

Près de 20 enfants ont été conçus de cette manière aux États-Unis.

Cette procédure a toutefois soulevé de nombreuses questions et a conduit la FDA à demander aux scientifiques de cesser d'y recourir chez les humains sans une autorisation spéciale préalable.

Avec les informations de Agence France-Presse

Science