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Le Nouveau-Brunswick est sur le point de perdre une génération d'infirmières praticiennes

La recette du chef Jean Avril remonte aux années soixante.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une quinzaine d'infirmières praticiennes au Nouveau-Brunswick ne trouvent pas d'emploi, et elles risquent maintenant de perdre leur accréditation.

Un reportage de Michel Nogue TwitterCourriel

Linda Arseneault est une pionnière de la profession dans la province. « C'est qu'on fait l'évaluation physique. On fait la collecte de données. On va chercher les antécédents du patient. Mais là, on finit à faire un diagnostic qu'on ne fait pas comme infirmière. Une fois qu'on a notre diagnostic, il faut décider le choix du traitement », explique Mme Arseneault.

Linda Arseneault explique le rôle de l'infirmière praticienne

Aujourd'hui, 13 ans après leur apparition au Nouveau-Brunswick, les infirmières praticiennes tardent à prendre leur place. La province en compte une centaine. Une quinzaine d'infirmières praticiennes sont sur le point de perdre leur accréditation parce qu'elles n'exercent pas leur métier.

« Où il y avait un problème, c'est qu'il n'y avait rien en place pour évaluer où étaient les besoins, où on avait besoin des infirmières praticiennes. Ça fait que comme étudiante, il fallait que tu développes ton propre poste. Ça, c'était difficile », raconte Mme Arseneault.

Jolène Pelletier est sur le point de terminer ses études, et elle n'a toujours pas d'emploi en vue comme infirmière praticienne. « Quand j'ai commencé mon cours, ce n'était pas beaucoup reconnu. Mais j'ai pensé que dans cinq ans, ce sera plus développé et il y aura plus de demandes. Mais, je suis surprise que ce ne soit pas là », dit-elle.

La médecin Mireille Charest-LeBlanc a intégré deux infirmières praticiennes à sa clinique.

Ce n'est pas une menace. Oui, elles ont leur place, les médecins ont leur place, et la population peut bénéficier des deux.

Une citation de :Mireille Charest-LeBlanc, médecin

D'autres médecins sont toutefois réfractaires à l'arrivée d'infirmières praticiennes, ce que déplore Linda Arseneault. « Il aurait peut-être dit au patient : "tu devrais peut-être trouver un vrai docteur, un vrai médecin". Je l'ai entendu. Je trouve qu'éthiquement, ce n'est pas correct. Je me dis que si j'ai des lacunes dans ma pratique, je pense que je devrais être adressée directement. Je ne pense pas que c'est au patient de se faire dire de choisir un médecin ou une infirmière praticienne », affirme Mme Arseneault.

L'étudiante Jolène Pelletier espère trouver un emploi d'infirmière praticienne

« On a une hiérarchie qui existe chez les professionnels, et en même temps, on parle d'équipe. Puis là, ça ne marche pas », affirme Marie-Pascale Pomey, professeure en administration de la santé à l'Université de Montréal. Elle constate que les médecins tardent à céder du pouvoir.

« Donc, c'est vraiment une révolution complète, là, de la manière de concevoir les soins, et on n'est pas encore à l'aise là-dedans parce qu'on a peur. On ne sait pas ce qu'on va perdre et on ne sait pas ce qu'on va gagner. Donc, tout le monde est un peu sur ses gardes », explique Marie-Pascale Pomey

« Je pense que le rôle n'était pas connu, non plus. Je pense que les gens, des fois, qui prennent des décisions, ne connaissent pas le rôle de l'infirmière praticienne », ajoute Linda Arseneault.

Dennis Furlong, ancien ministre de la Santé, conclut que le Nouveau-Brunswick gagnerait à embaucher davantage d'infirmières praticiennes. « Vous pouvez embaucher une infirmière praticienne pour environ 80 000 $ par année. Un médecin généraliste qui fait sensiblement le même travail gagne 300 000 $. Vous comprenez pourquoi les gouvernements regardent ceci de près », dit-il.

Je ne veux pas qu'on soit une solution pour le problème de santé à cause des finances, mais le fait qu'on peut fournir des soins et qu'on peut améliorer l'accès, c'est sûr que c'est positif.

Une citation de :Linda Arseneault, infirmière praticienne

Chaque nom qui s'ajoute à la liste de patients de Mme Arseneault renforce la place de cette infirmière praticienne dans un système de santé qui tarde parfois à reconnaître pleinement sa profession.

Lora LeBlanc est la patiente d'une infirmière praticienne

Ce troisième reportage d'une série intitulée Remèdes pour la santé, préparée par le journaliste Michel Nogue, sera diffusé mercredi au Téléjournal Acadie (Nouvelle fenêtre).

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Acadie