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Manoeuvres militaires en Ukraine : Kerry met la Russie en garde

Le président russe Vladimir Poutine avec son ministre de la Défense Sergei Shoigu lors de précédentes manoeuvres militaires.

Le président russe Vladimir Poutine avec son ministre de la Défense Sergei Shoigu lors de précédentes manoeuvres militaires.

Photo : Alexei Nikolsky

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Sur fond de tension diplomatique entre l'Ukraine et la Russie, le président russe Vladimir Poutine a ordonné la tenue d'un exercice d'urgence, mercredi, dans l'ouest du pays. Le secrétaire d'État américain John Kerry a prévenu qu'une intervention militaire des troupes russes en sol ukrainien serait « une grave erreur ».

Le président Poutine soutient vouloir s'assurer que ses troupes sont prêtes au combat.

« Le commandant en chef a été chargé de vérifier l'aptitude des troupes à agir pour faire face à des situations de crise menaçant la sécurité militaire du pays », a dit le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, à l'agence Interfax.

La Russie a mis les troupes du district militaire de l'Ouest et la deuxième armée du district militaire du Centre en état d'alerte. Le district militaire occidental couvre un vaste territoire qui s'étend des frontières de l'Ukraine, du Bélarus, des États baltes, de la Finlande, et jusqu'à l'Arctique.

Le ministre Choïgou a précisé que l'exercice militaire durerait jusqu'au 3 mars prochain. « Nous sommes très attentifs à ce qui se passe en Crimée, à ce qui se passe autour de la flotte de la mer Noire », a-t-il souligné. « Nous prenons des mesures pour garantir la sécurité des installations, des infrastructures et des arsenaux de la flotte », a-t-il ajouté, référant à la base navale que détient la Russie à Sébastopol, en Crimée, une province ukrainienne.

Ce n'est toutefois pas la première fois que le président russe ordonne des exercices militaires surprises depuis son retour au Kremlin en 2012. Il a ordonné de telles inspections à plusieurs reprises, notamment en Extrême-Orient en juillet dernier.

Sur la scène diplomatique, Moscou a mis en garde contre les tendances « néofascistes » apparues en Ukraine au cours du processus qui a mené à la destitution de l'ancien président Ianoukovitch que la Russie considère comme un coup de force contre le pouvoir légitime.

Éviter la « Guerre froide »

Le chef de la diplomatie américaine a enjoint la Russie à se montrer « très prudente », déclarant « qu'une forme d'intervention militaire de nature à violer l'intégrité territoriale souveraine de l'Ukraine constituerait une énorme, une grave erreur. »

« Nous ne devons pas nous engager dans une confrontation comme au temps de la Guerre froide », a dit John Kerry devant les médias, mercredi.

« Pour un pays qui s'est si fréquemment exprimé contre une intervention étrangère en Libye, en Syrie et ailleurs, il est important pour lui de tenir compte de ces mises en garde [...] »

— Une citation de  John Kerry, secrétaire d'État américain

M. Kerry a par ailleurs annoncé que Washington envisageait de prêter un milliard de dollars à l'Ukraine pour qu'elle puisse se sortir de sa situation financière difficile. À l'inverse, deux grandes banques russes ont annoncé qu'elles n'allaient plus accorder de nouveaux crédits à l'Ukraine.

Nouveau gouvernement

Cet échange de mises en garde survient alors que le parlementaire Arseni Iatseniouk a été nommé comme premier ministre à la tête du nouveau gouvernement ukrainien jusqu'à l'élection présidentielle anticipée qui se tiendra le 25 mai prochain.

Les tensions entre l'Ukraine et la Russie, qui partagent une frontière de plus de 1200 km, sont alimentées par la destitution du président ukrainien Victor Ianoukovitch. L'ancien président avait refusé de signer un accord d'associations avec l'Union européenne (UE), en novembre dernier, pour se tourner vers la Russie, qui lui avait consenti des rabais sur le gaz naturel et une aide financière.

La volte-face de M. Ianoukovitch a toutefois entraîné des manifestations constantes depuis près de quatre mois. Les manifestations ont dégénéré en bain de sang la semaine dernière lorsque quelque 80 personnes ont péri dans des affrontements avec les forces de l'ordre à Kiev. Le bain de sang a toutefois provoqué la destitution du président Ianoukovitch par le Parlement, samedi dernier.

Viktor Ianoukovitch est désormais recherché pour « meurtres de masse ». Introuvable depuis sa destitution, l'ancien président Ianoukovicth fait maintenant l'objet d'un mandat d'arrêt international, a révélé le procureur général ukrainien par intérim, Oleh Makhnytsky.

Tout juste arrivé en poste, le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourchinov, a fait de l'intégration avec l'Europe sa priorité. S'adressant à la nation, il s'est dit prêt à « développer des relations d'égalité, de respect et de bon voisinage avec la Russie », tout en appelant Moscou à « respecter le choix pro-européen de l'Ukraine ».

L'OTAN prête à soutenir l'Ukraine

Le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh RasmussenAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen

Photo : La Presse canadienne / Virginia Mayo

Dans la foulée des exercices militaires russes aux abords de l'Ukraine, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) a indiqué qu'elle était prête à soutenir l'Ukraine dans la poursuite de ses réformes démocratiques.

« L'Ukraine est un allié proche et de longue date de l'OTAN », a déclaré le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen. « Et l'OTAN est un ami sincère de l'Ukraine », a-t-il poursuivi à son arrivée à une réunion des ministres de la Défense des 28 États membres de l'alliance, à Bruxelles.

M. Rasmussen a indiqué que la question de l'Ukraine serait discutée au cours de la réunion ministérielle de deux jours de l'OTAN.

Ancienne république soviétique, l'Ukraine a tissé des liens avec l'Europe et l'OTAN au cours des dernières années. Elle s'est notamment liée à l'OTAN dans le cadre d'une commission commune OTAN-Ukraine en 1997. L'alliance militaire avait aussi reconnu l'État comme une candidate à l'adhésion à son organisation. Cette situation n'est pas sans chatouiller Moscou puisque la Crimée, une province ukrainienne, est considérée comme stratégique par la Russie en raison de la présence d'une base navale russe sur son territoire.

« Nous considérons comme acquis que tous les pays respectent la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, a indiqué M. Rasmussen. C'est un message que nous avons également transmis à toutes les parties qui pourraient être concernées. »

Le Royaume-Uni et l'Allemagne ont également réagi aux manœuvres militaires d'urgence dans l'ouest de la Russie. « Nous exhortons toutes les parties à laisser le peuple ukrainien régler ses divergences internes et décider de son avenir sans ingérence étrangère », a déclaré Philip Hammond, secrétaire britannique à la Défense. 

Menace de partition en Crimée

La tension est particulièrement palpable en Crimée, une région russophone de l'Ukraine. Quelque 2000 manifestants ont exprimé leur appui aux manifestants anti-Ianoukovicth devant le parlement de Crimée, où se déroulait une session d'urgence à la demande des élus favorables à la Russie.

Quelques centaines de manifestants favorables à un rapprochement avec la Russie ont rejoint leurs opposants devant le parlement, où les deux camps n'étaient séparés que par un cordon de policiers.

La Crimée a été cédée à l'Ukraine en 1954 par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev. Moscou y dispose toujours d'une flotte dans le port de Sébastopol.

La Crimée est également la seule région ukrainienne où l'ethnie russe est majoritaire. « La Crimée est russe », ont d'ailleurs crié des manifestants du camp prorusse. De l'autre côté, les manifestants scandaient : « Ukraine! Ukraine! ».

Le président par intérim Oleksander Tourchinov a d'ailleurs évoqué des « signes dangereux de séparatisme », notamment en Crimée. Un risque également constaté par Moscou et l'Occident, qui mettent en garde contre une partition du pays entre l'Est russophone et l'Ouest nationaliste et pro-européen.

Avec les informations de Associated Press, Reuters, et Agence France-Presse

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