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Mine Arnaud : une ville partagée

Le projet de Mine Arnaud

Le projet de Mine Arnaud

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une centaine de citoyens divisés entre pour et contre le projet Mine Arnaud ont assisté, lundi, à la réunion du conseil municipal de Sept-Îles.

Il s'agissait de la première rencontre publique des élus depuis la remise du rapport défavorable du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet d'exploiter un gisement d'apatite dans la baie de Sept-Îles.

Ce rapport arrive au moment où Cliffs ressources naturelles vient de cesser ses activités à la mine Scully au Labrador. Une centaine de travailleurs perdent leur emploi au site de chargement et d'expédition du minerai, à Sept-Îles.

C'est dans ce contexte qu'une majorité de conseillers, lundi, se sont prononcés pour le projet de Mine Arnaud. Toutefois, préviennent-ils, cela ne devra pas se faire à n'importe quel prix.

Le conseiller Jean Masse précise que l'entreprise devra tout d'abord se soumettre aux recommandations du BAPE. Le conseiller Denis Miousse abonde dans le même sens : « Je demande à Mine Arnaud de faire ses devoirs pour présenter au ministre de l'Environnement et au conseil des ministres, un projet qui sera acceptable et qui se fera. »

De son côté la conseillère Charlotte Audet a fait valoir que la santé de la ville passait aussi par sa santé économique. « Actuellement, je pense qu'un projet comme Mine Arnaud ferait bien du bien à notre ville », a-t-elle conclu.

Le maire Réjean Porlier se montre plus nuancé. Le promoteur, croit M. Porlier, doit répondre aux questions soulevées par le BAPE et convaincre les spécialistes et les élus de la faisabilité de son projet. Il n'est pas question pour le maire de Sept-Îles de donner son accord à un projet pour combler les besoins en création d'emplois.

Réjean Porlier insiste par ailleurs pour que la population soit bien informée sur les impacts du projet. « Je serais curieux de savoir combien de gens, honnêtement, l'ont regardé le rapport du BAPE », a-t-il souligné lors de la réunion des élus. Réjean Porlier souhaite toujours tenir un référendum sur le projet. Une telle consultation coûterait 175 000 $.

Les opposants au projet de Mine Arnaud, présents dans la salle, lundi soir, ont prévenu d'ailleurs les élus de Sept-Îles de ne pas se contenter d'un projet minier rafistolé. Les dangers sont là, ont-ils fait valoir.

Louise Gagnon relève que selon le rapport du BAPE, le manganèse en suspension dans l'air excèdera parfois les normes en vigueur au Québec. La production d'apatite devra alors être carrément stoppée. Ce n'est pas rien, a souligné la citoyenne : « Le manganèse, c'est un contaminant qui peut être très dangereux pour le système nerveux. »

Nouveau membre du comité consultatif d'urbanisme, Mario Dufour, s'indigne, pour sa part que le promoteur soutient que la mine d'apatite sera invisible pour les citoyens. « J'appelle ça un mensonge! », a-t-il lancé.

D'après le militant Marc Fafard, l'absence de recommandations de la part du BAPE démontre que le concept ne tient pas la route tant sur le plan de l'ingénierie que de la rentabilité.

Les élus ont autorisé la tenue d'une marche le 14 mars prochain organisée par le comité de citoyens pour le projet de Mine Arnaud. La marche de solidarité, qui se mettra en branle au début de l'après-midi sera accompagné d'une escorte policière.

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