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Le Nouveau-Brunswick cherche à rapprocher les soins des patients

En 1964, lors de leur tournée canadienne, les Beatles donnent beaucoup d'émotion.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'idée de sortir les soins des hôpitaux fait son chemin au Nouveau-Brunswick tandis que les autorités médicales cherchent des moyens d'économiser. À Saint-Isidore, dans la Péninsule acadienne, les gens se sont donné un centre de santé communautaire qui les aide et qui réduit le coût des soins.

Un reportage de Michel Nogue TwitterCourriel

Adrien Beaulieu, 74 ans, tente de maîtriser sa tension artérielle. Il reçoit un coup de main dans cette clinique, près de chez lui. Une infirmière praticienne, Nicole Brideau, le reçoit. M. Beaulieu n'a plus de médecin de famille.

« Je ne suis pas fort sur les hôpitaux et les médecins. J'avais un médecin à Bathurst, mais c'est loin, aller là. C'est une journée d'ouvrage pour monter là et revenir », explique Adrien Beaulieu.

Les résidents de Saint-Isidore ont formé une coopérative pour améliorer leurs soins de santé. Il y a quatre ans, ils ont ouvert ce centre de santé communautaire avec l'aide du Réseau de santé Vitalité. C'était une première au Nouveau-Brunswick.

C'est tellement différent de pouvoir travailler de proche avec les personnes. C'est tellement motivant.

Une citation de :Nicole Brideau, infirmière praticienne

Nicole Brideau compte 33 ans d'expérience comme infirmière, dont 6 comme infirmière praticienne. Elle travaille de façon autonome, sans être surveillée par un médecin. « Il y a à peu près 5 % ou 7 % de nos clients qu'on va être obligé de référer à l'urgence ou à un médecin parce qu'on ne réussit pas. Ce sont des cas trop complexes des fois », précise-t-elle.

Au moment de déterminer le traitement pour un patient, les employés du centre de santé communautaire se réunissent. Une médecin se rend à cette clinique une journée par semaine, quand elle peut.

« On est capables de s'asseoir ensemble et faire un plan pour répondre à ces besoins-là qui sont particuliers à la communauté. Et c'est ça la différence souvent dans un grand système. Pour arriver à ça, des fois, ça prend du temps », explique Mme Brideau.

En marche vers un virage ambulatoire

« On a un système qui est planifié, qui est organisé selon les besoins des pourvoyeurs de soins de santé, et non selon les besoins des patients », rappelle Rino Volpé, président-directeur général du Réseau de santé Vitalité.

Rino Volpé veut rapprocher les soins des patients. Il parle de commencer à ajuster le tir dans le prochain plan d'affaires du Réseau.

Il faut faire le virage ambulatoire, qu'on appelle. C'est-à-dire qu'il faut faire un effort pour déhospitaliser nos patients. Pas sortir les patients qui ont besoin d'être dans un hôpital, les sortir de l'hôpital. Il faut que notre système nous permette d'avoir un plus grand montant ou un plus grand pourcentage de services que l'on offre à l'extérieur des murs d'un hôpital.

Une citation de :Rino Volpé, PDG du Réseau de santé Vitalité

Le Nouveau-Brunswick fait de premiers pas vers un virage ambulatoire. Les dépenses en santé dans les hôpitaux ont diminué de 2 % de 2008 à 2011. « Ça change. À mesure qu'on voit qu'on est capables d'en faire plus en dehors des murs de l'hôpital, ça se fait », souligne Mme Brideau.

Nicole Brideau conseille d'ailleurs aux patrons des hôpitaux d'écouter le personnel de première ligne. « Je pense que les dirigeants ont beaucoup d'avantages à aller voir ce qui se fait dans les différents milieux qu'ils gèrent. Puis, voir comment les employés de la régie sont capables d'apporter de l'eau au moulin. Puis, ouvrir les services de santé sur les communautés », dit-elle.

Nicole Brideau, infirmière praticienne, croit que le personnel du centre de santé communautaire à Saint-Isidore répond aux besoins de sa clientèle.

Un expert exprime des doutes

Damien Contandriopoulos, professeur de sciences infirmières à l'Université de Montréal, doute que le système de santé réussisse à prendre ce virage.

« Ça fait 30 ans qu'on parle globalement de mettre en place la même réforme : plus de premières lignes, l'interprofessionnalisme, moins d'hospitalisations. Ce sont des choses qui sont sûres et qui font partie des recommandations depuis au moins 30 ans au Canada. Et on a fait peu de chemin dans cette direction-là », fait valoir M. Contandriopoulos.

« Il faut que ça fasse son chemin, cette idée-là, mais c'est sûr que maintenant, avec les défis au niveau de l'argent nécessaire pour le système de soins de santé, bien là, on est à la recherche de solutions », ajoute Nicole Boudreau.

L'expérience de Saint-Isidore démontre qu'une petite clinique améliore l'état de santé des patients, en plus de réduire le coût des soins.

Ce deuxième reportage d'une série intitulée Remèdes pour la santé, préparée par le journaliste Michel Nogue, sera diffusé mardi au Téléjournal Acadie (Nouvelle fenêtre).

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Acadie