•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Diagnostic inquiétant pour les soins de santé au Nouveau-Brunswick

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Travail des téléphonistes de différentes entreprises devant des standards téléphoniques.(1930 à 1976)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

De grands changements se préparent sur plusieurs fronts dans les soins de santé au Nouveau-Brunswick en raison d'importants défis financiers.

Un reportage de Michel Nogue TwitterCourriel

L'Hôpital régional Chaleur, à Bathurst, a récemment inauguré sa toute nouvelle unité de soins intensifs, qui a coûté un peu plus de 13 millions de dollars. « J'ai commencé 30 ans passés. C'est certain qu'on n'avait pas tout ça. On n'avait pas la technologie, les ordinateurs. On a dû s'adapter à beaucoup, une période de changement », a indiqué Martine Brideau, infirmière-ressource à l'Hôpital régional Chaleur.

Cette technologie coûte cher. Le Nouveau-Brunswick s'est doté d'une infrastructure qui dépasse à plusieurs égards celle dans le reste du pays. Comparativement à la moyenne nationale, la province compte 80 % plus de lits d'hôpitaux, 27 % plus d'employés, 2 % plus de médecins et 39 % plus d'infirmières. Les Néo-Brunswickois subissent 66 % plus de tests par imagerie médicale que les autres Canadiens.

Malgré tout, les Néo-Brunswickois ne sont pas en meilleure santé pour autant. Le taux d'obésité chez les 18 ans et plus est de 22 % comparativement à 17 % pour l'ensemble du Canada.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Selon Rino Volpé, PDG du Réseau de santé Vitalité, l'accent doit être mis sur l'amélioration de la performance

Le système se dirige vers un mur

Rino Volpé, président-directeur général du Réseau de santé Vitalité, estime que si l'augmentation des dépenses continue à ce rythme, le système va heurter un mur.

Rino Volpé a reçu la mission de rendre les hôpitaux francophones au Nouveau-Brunswick plus efficaces, car la santé requiert 40 % du budget de la province. Si rien n'est fait pour changer cela, les dépenses pourraient augmenter de moitié d'ici dix ans à mesure que la population vieillit.

La situation financière pour le moins inquiétante de la province s'aggravera davantage avec la fin de l'entente fédérale-provinciale sur la santé. Selon le Conseil économique des provinces de l'Atlantique, le Nouveau-Brunswick perdra un peu moins de 700 millions de dollars en paiements de transfert au cours des dix prochaines années.

« C'est en période de vaches grasses, l'entente fédérale-provinciale sur la santé garantissait une augmentation de 6 % annuellement dans la partie, la contribution du fédéral. Alors, on a fait en sorte que... et ç'a été partout, pas seulement au Nouveau-Brunswick, là. Je ne blâme pas les employés pour ça. Ce sont les gouvernements qui ont décidé à ce moment-là d'engager tout ce personnel-là », affirme Rino Volpé.

Faire réfléchir les Canadiens

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Selon Dennis Furlong, ancien ministre de la Santé et des Services communautaires, le Nouveau-Brunswick doit faire un choix entre le suicide fiscal et le suicide politique

Le médecin Dennis Furlong a été ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick de 1999 à 2001. Selon lui, les Canadiens abusent du système médical. Il estime qu'au moins 20 % des procédures médicales sont tout à fait inutiles.

Pour éviter les abus, l'ancien ministre suggère aux gouvernements de faire réfléchir les Canadiens qui utilisent le système de santé. La seule option qui fonctionnerait, selon lui, serait d'imposer une franchise, comme le font les compagnies d'assurance. Cette franchise varierait selon le revenu.

Le président-directeur général du Réseau de santé Vitalité croit qu'il y a moyen de réduire les dépenses sans éliminer des services.

« Je pense que l'augmentation de la performance de façon continue... J'ai passé ma vie dans le secteur privé. Puis, d'être plus performant dans ce que l'on fait et de faire des choix, disons, qui sont quand même rationnels, planifiés, etc. Ce n'est pas vrai que ç'a besoin de faire mal », explique Rino Volpé.

Dennis Furlong répond qu'il ne suffit pas de réduire les dépenses en santé. Selon lui, ne rien faire mènerait le Nouveau-Brunswick vers la faillite.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Rino Volpé, PDG du Réseau de santé Vitalité, rappelle que les soins de santé ne sont pas gratuits

Les changements ne font que commencer

Les infirmières de la nouvelle unité de soins intensifs de l'Hôpital régional Chaleur savent qu'elles n'ont pas fini de connaître des changements.

« Vu qu'on ne garde pas les patients cinq, sept, dix jours comme avant. C'est que tu as toujours des patients malades, vraiment malades. Avant ça, des fois, on avait des petites pauses, on dirait », souligne l'infirmière Joanne Roy.

« C'est certain que ça fait un peu peur parce qu'ils coupent. Ils ont déjà commencé un grand processus pour couper au niveau du personnel. C'est certain que les charges de travail augmentent. Puis, va-t-on arriver ? », ajoute l'infirmière Martine Brideau.

Pour les employées de première ligne, les célébrations qui ont entouré l'ouverture de cette unité étaient teintées d'inquiétude.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Martine Brideau et Joanne Roy, infirmières à l'Hôpital régional Chaleur, craignent les changements à venir

Ce premier reportage d'une série intitulée « Remèdes pour la santé » et préparée par le journaliste Michel Nogue sera diffusé lundi au Téléjournal Acadie (Nouvelle fenêtre).

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Acadie