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Nouveau bain de sang en Ukraine

Un décor d'après-guerre au centre-ville de Kiev

Photo : AFP / LOUISA GOULIAMAKI

Radio-Canada

Kiev est de nouveau le théâtre de violents affrontements entre les manifestants antigouvernementaux et les policiers. Des dizaines de personnes sont mortes jeudi. Le bilan officiel fait état de 75 morts et de plusieurs dizaines de blessés depuis mardi. Les policiers répliquent qu'ils ont agi en « légitime défense ».

Un peu plus tôt jeudi, des journalistes de l'AFP ont compté au moins 25 corps entreposés dans des morgues provisoires.

« Ils ont été touchés à la tête ou au coeur, par balles réelles, pas par des munitions en caoutchouc », a expliqué une secouriste, Natalia, en montrant du doigt un gilet pare-balles ensanglanté, abandonné à terre, portant la marque d'un impact de balle qui l'a traversé.

Dès le lever du jour, des opposants ont escaladé leurs propres barricades et se sont lancés à l'assaut des policiers, qui ont reculé en ouvrant le feu. L'opposition a dénoncé « une provocation » du pouvoir.

Le siège du gouvernement ukrainien a également été évacué, selon ce qu'a confié une responsable à l'AFP.

Le maire de Kiev a pour sa part annoncé jeudi qu'il quittait le parti du président Viktor Ianoukovitch pour protester contre « le bain de sang et la lutte fratricide » dans sa ville.

L'envoyée spéciale de Radio-Canada Alexandra Szacka est arrivée dans la soirée à Kiev. Elle rapporte un calme précaire au centre-ville.

Lubov, une ingénieure de Kiev, est venue apporter des médicaments aux manifestants de Maïdan à Kiev, en Ukraine.

Lubov, une ingénieure de Kiev, est venue apporter des médicaments aux manifestants de Maïdan à Kiev, en Ukraine.

Photo : Alexandra Szacka

Les manifestants tentent de réoccuper la place Maïdan, plusieurs personnes s'y rendent malgré ce qui s'y est passé jeudi. Ils y vont avec des vivres, des médicaments, de l'eau, mais aussi avec de l'essence pour les cocktails Molotov et des pneus pour éventuellement les brûler et les utiliser comme protection contre les forces de l'ordre.

Ils sont déterminés. Une jeune femme, ingénieure civile, rencontrée sur les lieux, a confié à Alexandra Szacka : « Oui, j'ai peur, mais c'est mon devoir de citoyenne ».

Deux autres étudiants affirment croire à la victoire.

Le gouvernement ukrainien sanctionné à l'international

À Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont adopté des sanctions contre le régime ukrainien, tout comme le Canada.

Washington pourrait également adopter des mesures similaires envers le gouvernement de Viktor Ianoukovitch. Le vice-président Joe Biden s'est entretenu par téléphone avec le président ukrainien et « a clairement dit que les États-Unis étaient disposés à prendre des sanctions à l'encontre des gouvernants responsables des violences », a indiqué la Maison-Blanche dans un communiqué.

Il a également demandé au président ukrainien de retirer sans attendre toutes les forces de sécurité, policiers, tireurs, militaires et auxiliaires de l'armée, et forces irrégulières.

Affrontements en pleine nuit à Kiev.

Affrontements en pleine nuit à Kiev.

Photo : AFP / LOUISA GOULIAMAKI

« Légitime défense »

Le ministère de l'Intérieur soutient de son côté que les policiers ont utilisé leurs armes en « légitime défense », après que des inconnus eurent tiré sur les forces de l'ordre.

Le gouvernement ajoute que 67 policiers ont été pris en otage par les manifestants et qu'il a livré des armes de combat à la police ukrainienne, afin qu'elle puisse se défendre.

Pendant ce temps, des députés de l'opposition se sont rendus au parlement pour participer à une possible session extraordinaire visant à mettre fin aux violences meurtrières, qui surviennent quelques heures après l'annonce d'une trêve par le président.

Mardi, de violents affrontements avaient fait 28 morts. Un décret présidentiel faisait d'ailleurs de jeudi un jour de deuil national en Ukraine.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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