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La détresse psychologique pendant le « trou noir »

Trou noir et problèmes psychologiques
Radio-Canada

De nombreux chômeurs n'ont jamais traversé le « trou noir » de l'assurance-emploi, au cours duquel ils ne toucheront pas de revenus jusqu'à leur retour au travail. Il s'agit d'une période stressante pour plusieurs travailleurs saisonniers, qui peut parfois dégénérer en détresse psychologique.

La situation peut s'envenimer pour certains d'entre eux, en raison de la pression supplémentaire exercée par les enquêteurs de l'assurance-emploi.

Aide sociale

Maryse Laurencelle, une pépiniériste, aura épuisé ses prestations d'assurance-emploi dans un mois. Elle devra avoir recours à l'aide sociale pour traverser cette épreuve jusqu'au mois de mai.

« Avant la réforme, ça ne m'est jamais arrivé, explique-t-elle. J'ai toujours fait le tour. »

« Les semaines s'en vont là, bien c'est l'insomnie [...] On devient tellement stressés que c'est les pilules d'Ativan et c'est des pilules pour dormir. Il faut que tu reprennes ton énergie quelque part et là on se réveille et c'est encore un trou », raconte-t-elle.

Dans un contexte économique difficile, Mme Laurencelle n'entrevoit aucune amélioration de sa situation.

Faire l'objet d'une enquête

Préposée aux chambres dans un hôtel de Tadoussac, Nicole Émond fait l'objet d'une enquête par l'assurance-emploi.

« Des fois, je prends deux semaines de maladie durant l'hiver parce que j'ai beaucoup mal aux jambes, dit-elle. Il faut que je me fasse opérer et ils me demandent des papiers de médecin. »

À défaut de fournir des preuves médicales écrites décrivant ses problèmes de santé, Mme Émond devra rembourser des prestations et payer des pénalités de 5 000 $.

« J'ai dit au monsieur: ''Depuis 2009, monsieur, je ne m'en rappelle pas moi, en 2009, dans l'hiver, si j'ai fait une phlébite ou si je n'en ai pas fait'' [...] Il m'a dit qu'il allait me rafraîchir la mémoire [...] Tu n'as pas le temps de placer un mot [...] Tu te sens comme une voleuse », confie-t-elle.

Répercussions collectives

Selon Hélène Brochu, du Centre d'action bénévole Le Nordest, les répercussions de la réforme sont évidentes.

« Je reçois des gens que je n'ai jamais vus dans mon bureau. Des pères de famille qui ont des métiers spécialisés qui tombent en chômage et qui se ramassent avec un trou noir parce qu'il n'y en a pas d'emplois. Ils laissent l'orgueil de côté et ils viennent parce qu'ils ne savent plus quoi faire », dit-elle.

Mme Brochu s'inquiète des problèmes qu'elle perçoit chez les gens qui viennent au Centre.

« En plus d'être démunis, il y a de la détresse, il y a de la violence conjugale, il y a des problèmes de consommation parce qu'ils se noient. Ils vont chercher d'autre chose pour essayer de passer au travers ce problème-là », estime-t-elle.

Cette période du « trou noir » crée un manque de ressources pour des organismes de cette nature.

« La règle est claire, on vous aide une fois. Mais, ils m'appellent quand même deux, trois, quatre fois. On est rendus au bout là. Même moi, mes budgets sont déjà explosés », soutient Mme Brochu.

D'après un reportage d'Hervé Gaudreault.

Est du Québec

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