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Pensionnats autochtones : Ottawa poursuit des groupes catholiques

Un drapeau du Canada flotte au vent, sur la colline du Parlement, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement fédéral lance une poursuite contre les organisations catholiques qui s'étaient engagées à fournir des millions de dollars en argent et en services à des fonds d'aide aux survivants des pensionnats. Une partie de la somme n'a toujours pas été versée, selon Ottawa.

L'Église catholique faisait partie d'une entente réparatrice signée en mai 2006. Le gouvernement fédéral a fourni la part du lion du milliard prévu, mais les églises devaient elles aussi contribuer.

L'Église presbytérienne, l'Église unie, et l'Église anglicane se sont acquittées de leurs obligations.

Or, près de huit ans plus tard, le fédéral allègue que les organismes catholiques doivent encore des millions.

L'Église catholique est campée sur une position défensive, alors que le climat devrait être à la réconciliation, dénote Mike De Gagne, l'ancien dirigeant de la Fondation autochtone de guérison. Son organisme devait recevoir 29 millions de dollars de l'Église catholique, dit-il, « mais les catholiques ont pu soustraire des dépenses déjà encourues. La montant a baissé à 18 millions, dont 1,6 million qu'ils doivent toujours. »

Ottawa estime que l'argent de ces dépenses aurait dû être versé à la fondation. Elle critique l'Église de justifier en tant que dépenses administratives ses frais de services juridiques. 

Le fédéral indique aussi que les groupes catholiques visés s'étaient engagés, en vertu de l'entente, à faire des campagnes de financement pour amasser 25 millions de dollars et que seulement une fraction de cette somme a été récoltée.

Les entités catholiques ont l'intention de se défendre. « Dans ce cas-ci, le gouvernement fédéral refuse, non seulement de trouver une solution, il a même refusé la médiation. Nous avons informé les procureurs du gouvernement fédéral que nous contestons avec vigueur », soutient l'administrateur de la Corporation des entités catholiques, Pierre Baribeau

À l'aide du financement d'Ottawa, l'Église catholique a été responsable d'environ 70 % des écoles résidentielles qui ont existé entre les années 1880 et 1990. 

« La situation est décourageante, surtout que l'Église catholique est riche », souligne Denise Guimond, qui a connu l'enfer des pensionnats autochtones. Aujourd'hui, elle aide d'autres victimes à se sortir de cette terreur.

« Le gouvernement [fédéral] s'est engagé à réaliser l'entente qui a été conclue entre toutes les parties. Étant donné que l'affaire est devant les tribunaux, je n'ai pas de commentaires à faire à ce moment-ci », a affirmé le ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien, Bernard Valcourt.

Nathalie Kermoal, doyenne par intérim de la Faculté des études autochtones à l'Université de l'AlbertaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nathalie Kermoal, doyenne par intérim de la Faculté des études autochtones à l'Université de l'Alberta

Une promesse est une promesse
« Si on a fait des promesses, il faut tenir ses promesses », soutient Nathalie Kermoal, la doyenne par intérim de la Faculté des études autochtones de l'Université de l'Alberta.

Mme Kermoal croit que l'obstination de l'Église catholique envoie le mauvais message aux victimes.

« Finalement, ça dit qu'ils [les survivants] sont importants, mais pas si importants que ça jusqu'à un certain point », fait-elle valoir.

Tenter de récupérer 2 des 24 millions de dollars manquants est tout ce que le gouvernement fédéral peut faire. Les 22 autres millions dépendent entièrement des organismes catholiques qui, selon l'entente, doivent faire « leur possible » pour les amasser.

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