•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • Exclusif
  • Les étudiants et le personnel de l'UQO sous surveillance?

    La journaliste Laurie Trudel a recueilli les réactions que suscite le règlement d'utilisation des ressources informatiques de l'UQO.

    Des professeurs et des étudiants de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) s'inquiètent du règlement d'utilisation des ressources informatiques de l'institution, qu'ils jugent excessif et intrusif.

    Chaque jour, des centaines d'entre eux se connectent au réseau de l'Université pour rédiger des travaux, naviguer sur Internet et échanger de façon professionnelle ainsi que personnelle.

    Bien peu savent toutefois que les données qui se trouvent sur leur téléphone intelligent ou leur ordinateur peuvent être vérifiées si la direction de l'Université le juge nécessaire.

    C'est ce que permet la réglementation de l'établissement en vigueur depuis trois ans.

    Celui-ci spécifie que « l'utilisateur doit présumer que toute communication, personnelle ou non, qu'il crée, envoie, reçoit ou mémorise par l'intermédiaire des ressources informatiques [...] peut être lue ou entendue par quelqu'un d'autre que le destinataire. »

    Il n'y a donc aucune garantie de confidentialité lorsqu'un étudiant ou un professeur communique par le biais des ressources informatiques de l'UQO.

    De nombreuses réactions

    L'Association générale des étudiants (AGE-UQO) croit que ce règlement est une atteinte à la vie privée de ses membres.

    « Dans le règlement relatif, ils disent : "Si c'est jugé nécessaire" et "Si ça va à l'encontre des règles de respect de toutes les normes de l'UQO". Nous, on n'a aucune manière de savoir ce que c'est », souligne Valérie Lavallée, présidente de l'AGE-UQO.

    On sait ce qu'est le règlement, sauf qu'on ne sait pas à quel point l'UQO peut juger si c'est respecté ou pas.

    Valérie Lavallée, présidente de l'AGE-UQO

    L'Association étudiante a discuté de cet enjeu avec la direction, sans toutefois parvenir à une entente. Les étudiants ont par la suite mandaté l'AGE pour étudier un possible recours légal.

    De son côté, Guy Bellemare, membre de l'exécutif du syndicat des professeurs de l'UQO, s'est opposé dès le départ à cette réglementation.

    Il craint que des recherches universitaires soient compromises par cette politique, qui ne peut assurer la confidentialité des données.

    « On s'engage à protéger cette confidentialité-là. Si on ne la protège pas, l'organisme subventionnaire pourrait refuser à l'avenir d'octroyer des subventions à l'Université, parce qu'elle ne respecte pas la confidentialité. Notre prétention, c'est que le règlement est une menace à l'ensemble de ces protections nécessaires à la confidentialité des données », soutient-il.

    Ce qui nous préoccupe, c'est essentiellement une atteinte abusive aux libertés et à la confidentialité des données, que ce soit des données personnelles, de recherche, des communications syndicales.

    Guy Bellemare, membre de l'exécutif du syndicat des professeurs de l'UQO

    Le syndicat des professeurs a proposé sa propre ébauche de règlement à la direction. Il a également déposé un grief.

    « Après sept mois de travail là-dessus, l'Université nous a répondu en deux lignes par courriel voulant que ça ne les intéressait pas et qu'on continuait l'arbitrage de grief. On trouve ça déplorable », souligne M. Bellemare.

    Réplique de la direction

    La direction de l'UQO quant à elle affirme n'avoir aucun problème avec son règlement relatif aux ressources informatiques.

    « Ce règlement a été adopté par le conseil d'administration de l'UQO. Donc, ce n'est pas d'hier. Et ce règlement-là est comparable à celui des autres universités québécoises », soutient le directeur des communications et du recrutement, Gilles Mailloux.

    D'autres universités québécoises comme l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et l'Université de Sherbrooke ont des règlements semblables.

    Le syndicat des professeurs et l'AGE-UQO demeurent néanmoins préoccupés et entendent poursuivre leurs pressions pour faire modifier le règlement.

    D'après le reportage de Laurie Trudel.

    Ottawa-Gatineau

    Éducation