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L'UE pourrait bouder une Écosse indépendante

Il sera quasiment impossible pour l'Union européenne d'accepter en son sein un nouvel Etat membre ayant proclamé son indépendance vis-à-vis d'un pays déjà membre de l'UE, a déclaré dimanche José Manuel Barroso.
Il sera quasiment impossible pour l'Union européenne d'accepter en son sein un nouvel Etat membre ayant proclamé son indépendance vis-à-vis d'un pays déjà membre de l'UE, a déclaré dimanche José Manuel Barroso. Photo: BBC
Radio-Canada

L'intégration à l'Union Européene (UE) de l'Écosse en cas d'indépendance sera « extrêmement difficile », « voire impossible », a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Des propos qui ont fait bondir le gouvernement écossais qui prépare un référendum sur la souveraineté.

Dimanche, M. Barroso a expliqué en entrevue avec la BBC qu'une Écosse indépendante ne deviendrait pas automatiquement membre de l'Union européenne, même si le Royaume-Uni en fait déjà partie. Elle devra faire une demande d'adhésion.

M. Barroso a donné le cas du Kosovo en exemple. Le pays est devenu indépendant en 2008 après s'être séparé de la Serbie. Depuis, il tente d'intégrer l'UE.

Le parallèle a déclenché l'ire du ministre des Finances écossais, John Swinney. Aussi en entrevue avec la BBC, le M. Swinney a expliqué que l'Écosse était un membre de l'UE depuis 40 ans, étant donné que la nation en fait déjà partie par l'intermédiaire du Royaume-Uni.

Je pense que les remarques du président Barroso sont vraiment absurdes.

John Swinney, ministre des Finances de l'Écosse

« Toutes nos lois, tous les arrangements que nous avons, sont toutes compatibles avec le fonctionnement de l'UE, car nous en faisons partie depuis 40 ans », a-t-il dit.

En cas d'indépendance, l'Écosse négociera avec l'UE afin de préserver « la continuité » de son adhésion, a expliqué le ministre indépendantiste, membre du Parti national écossais.

Un processus « extrêmement difficile »

Le président de la Commission européenne a toutefois une vision différente. M. Barroso estime que l'Écosse devra poser sa candidature comme n'importe quel autre État qui souhaiterait intégrer l'UE. Et ce ne sera pas une tâche facile, estime-t-il.

L'Espagne, dont la scène politique est elle-même secouée par les poussées indépendantistes de la Catalogne, refuse par exemple de reconnaître le Kosovo, a-t-il expliqué.

« L'accession à l'Union européenne devra être approuvée par tous les autres membres », a-t-il ajouté, sans donner de détails sur le processus d'adhésion d'une Écosse indépendante.

Ce serait extrêmement difficile d'obtenir l'aval de tous les autres États à l'intégration d'un nouveau membre issu d'un pays membre.

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne

L'Écosse, dirigée par un gouvernement indépendantiste, tiendra un referendum sur la souveraineté le 18 septembre prochain.

Les enquêtes d'opinion indiquent que seulement 29 % des Écossais voteraient aujourd'hui en faveur de l'indépendance, contre 42 % pour le maintien dans le Royaume-Uni. 29 % demeurent indécis, selon l'agence de presse Reuters.

L'Écosse sans la livre sterling?

Plus tôt cette semaine, le ministre britannique des Finances, George Osborne, a par ailleurs prévenu que l'Écosse ne pourrait plus utiliser la livre sterling comme devise si elle décide d'accéder à l'indépendance.

Avec les informations de Reuters

International