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Des profils de Canadiens dans des sites de rencontres non sollicités

Le reportage de Kim Roy-Grenier
Radio-Canada

Des Canadiens ont eu la surprise de retrouver leur profil dans des sites de rencontres auxquels ils ne s'étaient pas inscrits, révèle une enquête de CBC.

Le Montréalais Martin Dumas s'était inscrit au site de rencontres love2meet.com. Plus tard, CBC lui a appris que son profil et sa photo étaient dans quatre autres sites web, dont Senior Dating Canada. « Je pense que cela vient de l'autre site que j'ai contacté », explique-t-il.

En fait, les cinq sites appartiennent tous à la compagnie Global Personals qui est basée en Angleterre et qui compte plus de 13 000 sites de rencontres totalisant 30 millions de clients à travers le monde.

D'autres cas

Une Canadienne, surnommée Karen pour protéger son identité, s'était inscrite l'été passé à un site de rencontres. La femme devenue récemment veuve a décidé de retirer son profil après seulement quelques jours. Elle croyait s'être désabonnée, mais elle n'en est plus sûre. Ce dont elle est sûre, c'est qu'elle ne s'est jamais inscrite aux sites loveandadore.com, cupids.net et toyboy.com, ce dernier se vantant d'être « le site de rencontre essentiel pour jeunes hommes et dames à succès ».

La montée en popularité des sites de rencontre en ligne fait en sorte que le nombre de fraudeurs augmente.La montée en popularité des sites de rencontre en ligne fait en sorte que le nombre de fraudeurs augmente. Photo : Patrick Pilon

« Ce n'est pas plaisant. Vous avez le sentiment d'être exploité », explique Karen qui a découvert son profil dans tous ces sites sans l'avoir demandé. « C'est injurieux qu'ils fassent ça », s'indigne-t-elle.

Une autre Canadienne, surnommée Bonnie pour ne pas l'identifier, a connu une mésaventure similaire, se retrouvant notamment sur toyboy.com sans s'y être inscrite.

Choix mal informé

L'avocat de Winnipeg, Brian Bowman, un spécialiste des questions de vie privée, se demande : « Si les gens sont surpris d'apprendre que leur information a été partagée, il faut se demander s'ils ont pu faire un choix éclairé. »

En s'inscrivant à un site de Global Personnals, il faut accepter les conditions du service en cliquant « join ».

Il n'est pas nécessaire de lire ces conditions, mais elles disent, en anglais : « En s'inscrivant au site, vous reconnaissez et acceptez que le contenu que vous y affichez peut être retrouvé par recherche et rendu disponible pour les utilisateurs du service qui y accèdent par le biais d'autres sites web. »

Aucune des personnes interrogées par CBC n'a reconnu savoir qu'en s'inscrivant à un site, elles pouvaient exposer leurs profils à d'autres sites.

Plus de transparence demandée

Global Personals souligne qu'il gère une « base de données partagée » qui « accroît les chances des membres de se trouver un partenaire qui leur convient ».

Le Commissaire à la vie privée du Canada a refusé de commenter ces cas spécifiques de Global Personnals que son bureau n'avait pas enquêté de façon indépendante.

Il rapporte cependant avoir enquêté sur deux sites de rencontres. Le commissaire a reproché à l'un d'eux de manquer de transparence à l'égard des clients. « C'est troublant, compte tenu du caractère extrêmement sensible de l'information collectée par le site », explique le commissaire, dans un courriel envoyé à CBC.

« Dans le second cas, poursuit-il, le site de rencontre n'a pas complètement effacé les informations d'une femme qui avait demandé à être retirée de ce site. J'ai demandé au site de permettre à ses clients d'effacer facilement leurs données et leur compte », ajoute le commissaire.

Société