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Exploration pétrolière sur Anticosti : entre satisfaction et déception

Des maisons de pêcheur

Des maisons de pêcheur

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'annonce, jeudi, de programmes d'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti est bien reçue par le patronat et dénoncée par Québec solidaire et Équiterre.

Pour le directeur principal d'Équiterre, Steven Guilbeault, « c’est clair, on s’en va dans la mauvaise direction ».

Réagissant sur les ondes d'ICI RDI, le directeur d’Équiterre a rappelé que les leaders à l’échelle planétaire en matière de lutte contre les changements climatiques « ne vont pas investir plus dans l’exploration et l’exploitation pétrolière, mais au contraire s’éloignent de ça ». « Le Québec va dans la direction opposée », poursuit-il.

Il estime que le fait que le gouvernement prenne une part financière active dans ce dossier « va nuire énormément à nos efforts de réduction de consommation » de pétrole.

Si on investit dans le pétrole, « ce n’est pas de l’argent qui ira à l’électrification » ni pour réduire notre facture dans le programme d’efficacité énergétique, poursuit M. Guilbeault.

Il s’interroge sur l’empressement du gouvernement québécois à enclencher l’exploration pétrolière, contrairement au dossier des gaz de schiste, pour lequel Québec veut prolonger le moratoire sur l'exploration et l'exploitation de la ressource.

Investissement spéculatif et dangers réels

Le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, relève une « contradiction énorme ».

« On ne peut pas aller à la fois dans le développement de l'industrie pétrolière, dans le transport électrique, et aller aussi dans le pétrole », soulève-t-il.

Sur le plan économique, M. Simard pense que c'est « un marché de dupes, et les actionnaires québécois se font avoir à payer deux et trois fois pour l'exploration ».

On paye le risque pour les entreprises, poursuit Christian Simard. « C'est un investissement totalement spéculatif alors que les dangers sont réels » dans un parc national qui compte 20 rivières à saumon. Ces rivières sont extrêmement fragiles, dit-il.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Entrevue avec Christian Simard

Québec solidaire dénonce également la précipitation avec laquelle le gouvernement Marois fait cette annonce, alors que se profilent de possibles élections générales.

Pour le député de Mercier, Amir Khadir, le gouvernement de Pauline Marois montre ses vraies couleurs. « Nous avons maintenant la preuve, s'il en fallait, que le Parti québécois est au service des pétrolières », affirme M. Khadir.

Option nationale s'interroge sur les retombées économiques de cet investissement dans l'exploration pétrolière. « Il est gravement incohérent qu'un gouvernement s'étant fait élire avec la promesse d'imposer un moratoire au gaz de schiste permette tout de même la fracturation hydraulique pour le pétrole de schiste », déplore le chef du parti, Sol Zanetti.

Patronat et syndicat saluent l'annonce

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) a vite réagi à l'annonce, qualifiant la création d'une coentreprise pour l'exploration et l'exploitation éventuelle du pétrole et du gaz de l'île d'Anticosti d'« avancée majeure pour la mise en valeur de nos ressources en hydrocarbures ».

« Voilà réunies des équipes chevronnées qui vont certainement donner un formidable élan au secteur pétrolier au Québec », poursuit le communiqué de la FCCQ.

Le Conseil du patronat du Québec accueille lui aussi positivement cette annonce, « qui pave la voie à de futurs investissements stratégiques dont les Québécois ont grandement besoin pour accroître leur richesse collective ».

Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) abonde dans le même sens et souligne que cette annonce « marque la naissance d'un segment industriel hautement stratégique pour le Québec ».

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain s'en réjouit en rappelant que le Québec aura besoin du pétrole pour de nombreuses années. « Nos importations en pétrole étranger coûtent environ 14 milliards de dollars par année, ce qui affecte grandement notre balance commerciale ».

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) applaudit également l'entente entre le gouvernement et les pétrolières.

« Il s'agit d'un geste important posé par le gouvernement », il faut que ce développement pétrolier se fasse, s'il se concrétise, dans le respect de tous, souligne la FTQ.

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