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Les médecins défendent la mammographie, remise en question dans une étude

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Téléjournal, 17 décembre 1990

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La mammographie annuelle ne serait pas plus efficace qu'un examen médical traditionnel selon une étude ontarienne, mais les médecins ne devraient pas changer leurs pratiques pour autant, affirme une spécialiste du Centre universitaire Dr-Georges-L-Dumont de Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Des médecins de l'Université de Toronto sont parvenus à la conclusion que les femmes ayant passé des mammographies annuelles pendant cinq ans ont autant de risque de mourir du cancer du sein que celles ayant seulement fait des examens médicaux traditionnels. (Nouvelle fenêtre)

L'équipe de recherche en est venu à cette conclusion après avoir analysé les données recueillies auprès de 89 835 femmes âgées de 40 à 59 ans pendant 25 ans au cours de l'Étude nationale canadienne sur le dépistage du cancer du sein. Durant cette période, 500 décès par cancer du sein sont survenus chez les 44 925 femmes suivies par mammographies contre 505 décès chez les 44 910 femmes du groupe témoin.

Ces résultats n'ont pas surpris la chirurgienne Jocelyne Hébert. « Ce n'est pas une nouvelle controverse [...] Ce n'est pas nouveau. On sait très bien qu'on a moins d'impacts avec les mammographies de dépistage chez les jeunes patientes ». 

La docteure Hébert rappelle toutefois que de nombreuses études ont démontré une plus grande chance de survie. Elle n'a d'ailleurs pas l'intention de changer le programme de dépistage, à l'instar des autres provinces du pays, puisque selon elle, la mammographie est pertinente et peut sauver des vies. 

Lorsque des programmes de dépistage sont développés, ils ne sont pas développés sur une seule étude, et en se basant sur un seul résultat. C'est l'ensemble des études qui sont étudiées, et on arrive à une conclusion pour émettre une recommandation.

Dre Jocelyne Hébert, chirurgienne

Elle croit toutefois que l'étude apporte matière à réfléchir, et que cette étude devrait être prise en compte lorsque les programmes de dépistage seront révisés. L'étude a également mis en lumière le problème du surdiagnostic. « Plus on fait du dépistage, plus on va trouver des maladies, et on sait très bien qu'on va trouver des lésions qui sont de très faible stade, et peut-être que ces patientes-là, on n'aurait pas eu à les traiter [...] Notre défi, c'est de cibler les patientes qui n'ont pas besoin de ces traitements ». 

La docteure Hébert ne croit pas que cela va mener à une négligence de la part des patientes. « Les patientes sont très bien informées ». 

Le cancer du sein est le plus fréquent, et le deuxième plus meurtrier chez les femmes. Selon la Société canadienne du cancer, quelque 23 800 Canadiennes, dont 6000 Québécoises, recevront un diagnostic de cancer du sein cette année. Environ 5000 Canadiennes, dont 1350 Québécoises, mourront des suites de la maladie.

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