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  • Exclusif
  • Transports Canada a laissé la MMA sans plan de gestion de sécurité pendant 7 ans

    La MMA perd son permis

    La MMA perd son permis

    Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

    Radio-Canada

    Transports Canada a attendu sept ans avant d’exiger de la Montreal Maine et Atlantic (MMA) qu’elle soumette un plan de gestion de sécurité répondant à ses exigences, a appris Radio-Canada.

    Un texte de Sylvie Fournier, de l'émission EnquêteCourriel

    MMA avait soumis un plan initial en 2003 qui n’avait pas obtenu l’approbation des autorités. C’est au cours d’une vérification interne, effectuée sept ans plus tard, que l'organisme fédéral s’est rendu compte que la compagnie n’avait toujours pas implanté de plan de gestion de la sécurité. C'est ce que montre l'extrait de l'audit de Transports Canada que nous avons obtenu grâce à notre enquête :

    null

    Un plan de gestion de la sécurité est exigé aux entreprises depuis la déréglementation qui les rend responsables de la sécurité de leurs opérations. Il comprend l’identification des dangers et des risques, des consignes aux employés, du matériel didactique sur la conformité aux règles afin de prévenir les accidents.

    MMA a finalement fourni un plan de gestion de la sécurité deux ans plus tard.

    De plus, une deuxième vérification de Transports Canada effectuée en 2012 révèle que MMA n’aurait peut-être pas rapporté au Bureau de la sécurité des transports au moins trois accidents survenus au cours de ses opérations.

    Ce soir à 21 h, Enquête se penche sur ce que Transports Canada savait et n'a pas fait par rapport à la MMA à ICI Radio-Canada Télé.

    À lire aussi, le premier volet de notre enquête : MMA et la règle 112 : des infractions à répétition, aucune sanction

    Le BST veut en tirer des conclusions

    De son côté, le Bureau de la sécurité des transports (BST) se retrouve plongé au coeur de la tragédie de Lac-Mégantic. Sa présidente, Wendy Tadros, esquisse les leçons qui seront tirées de cet accident. Elle dit souhaiter l’implantation de meilleurs plans de gestion de la sécurité, au sein des entreprises ferroviaires.

    L’industrie doit faire un pas de plus. Je suis persuadée qu’il faut instaurer un meilleur système de gestion de la sécurité.

    Wendy Tadros, présidente du Bureau de la sécurité des transports

    La catastrophe est l'un des plus graves accidents ferroviaires à survenir au Canada. Elle a déclenché une enquête ferroviaire d’une envergure jamais vue à ce jour au BST.

    L’équipe d’enquêteurs dépêchée sur les lieux a été profondément bouleversée, a confié la présidente de l'organisme, Wendy Tadros, dans une entrevue accordée à l’équipe d’Enquête.

    Je crois que notre équipe souhaite ardemment aller au fond des choses, pour les gens de Lac-Mégantic. 

    Wendy Tadros, présidente du Bureau de la sécurité des transports

    Écoutez l'entrevue avec Wendy Tadros (2 minutes 30) : 

    Cliquez ici pour regarder l'entrevue sur votre appareil mobile.  (Nouvelle fenêtre)

    Des critiques émergent sur l'état de la voie ferrée

    Lors de notre enquête, un autre acteur de la région a dénoncé l'état des voies ferrées de MMA. Donald Thompson, président du Orford Express, explique que quelques semaines après la tragédie, il a demandé la permission de se rendre jusqu’à Lac-Mégantic, afin d’aider à relancer l’économie de la région, durement touchée par les événements.

    Grâce à une entente à l'amiable, il obtient l'autorisation de le faire, mais pas avant qu'une inspection des rails soit faite par Transports Canada. Il apprend alors que la voie n'est pas « potable ». 

    Durant toute l'année présente sont passés des convois de très haute teneur sur ce chemin. Combien il y avait de failles, je n'en ai aucune idée. Mais nous, on a appris, deux jours après être allés en cour, que la voie n'était pas potable.

    Donald Thompson, président du Orford Express

    Le train touristique de l’Estrie roule sur la voie qui appartenait à MMA depuis 2006. Il dépend donc de la compagnie propriétaire de la voie ferrée pour ses inspections. Le président du Orford Express estime qu’il s’agit d’une anomalie et réclame des changements à la règlementation. La compagnie a d'ailleurs embauché du personnel qualifié pour s'assurer que ces inspections soient adéquates.

    Ce qu'on souhaite, [...] c'est qu'on devienne des grands garçons, c'est-à-dire des compagnies qui exploitent au fédéral avec un statut qui fait qu'on peut répondre d'une manière sécuritaire de notre exploitation directement auprès des autorités.

    Donald Thompson, président du Orford Express

    Écoutez l'entrevue avec Donald Thompson (1 minute 30) :

    Cliquez ici pour regarder l'entrevue sur votre appareil mobile (Nouvelle fenêtre)

    https://ici.radio-canada.ca/sujet/lac-megantic Consultez notre section spéciale

    Société